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Ki-oon - Actualité manga

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Ki-oon

L'éditeur Ki-oon est présent sur le marché depuis mars 2004 avec la sortie de son premier manga, le premier tome d'Element Line. Cet éditeur se consacre essentiellement au seinen.

Interview n°2

Japan Expo 2009 a été pour nous l'occasion d'interviewer un grand nombre d'éditeurs. Aujourd'hui, nous vous proposons le compte-rendu de notre entretien avec Cécile Pournin et Ahmed Agne, co-fondateurs des éditions Ki-oon.
   
 
Manga-news: Avec les affiches de Bamboo Blade et Doubt aux abords de la Japan Expo, les éditions Ki-oon frappent très fort pour cette dixième édition. Avez-vous eu un retour positif de la part de vos lecteurs?
Ahmed Agne : En fait, quand Cécile et moi, on allait au Tokyo Game Show ou au Comiket, au Japon, il y avait toujours des affiches à proximité du salon, ça faisait partie intégrante de l’événement en question.
Cécile Pournin : Jusqu’à il y a deux ans, en allant à Japan Expo, on passait tous les matins devant les emplacements vides disponibles aux abords du festival et dans la gare, et on se disait que c’était dommage de ne pas faire ça « à la japonaise ». Ce que nous avons tenté l’an dernier, et à nouveau cette année avec notamment Doubt et Bamboo Blade. D’ailleurs dès le samedi soir, la plupart des exemplaires de ces deux titres disponibles sur notre stand étaient déjà épuisés.
    

                        
                 
Qu'est-ce qui vous a plu dans Bamboo Blade et Doubt ?
Cécile Pournin : On a toujours été fans de thrillers à suspense relativement courts (Doubt est une série terminée en 4 volumes, ndlr), maîtrisés du début à la fin, avec rebondissements et retournements de situation à la clé, un peu comme ce que Tetsuya Tsutsui a réussi avec Duds Hunt, Reset ou Manhole. L’ambiance « huis clos » pesante de Doubt nous a tout de suite séduits.
Ahmed Agne : Quant à Bamboo Blade, si ce manga a retenu notre attention, c’est que tout en ayant pour thème le kendo, qui est un sport fascinant et un aspect passionnant de la culture japonaise, la série est avant tout drôle et rafraichissante, et présente une galerie de personnages réellement attachants – du professeur sans le sou aux élèves toutes différentes les unes des autres.
       

       
   
Question sur Jackals. Lors de son acquisition, saviez-vous que cette série allait faire sept tomes au total ? Au vu du succès du titre aujourd'hui, la brièveté de ce récit est-elle une déception pour vous?
Cécile Pournin : Au moment où on a acquis les droits de Jackals, on savait déjà que la série touchait à sa fin et qu’elle ferait au final 7 ou 8 tomes. Mais ce n’est pas la longueur d’une série qui nous motive dans le choix de l’acquérir ou dans le choix de lui faire beaucoup ou peu de promotion. Cette année par exemple, nous avons mis l’accent sur Doubt, entre autres, à Japan Expo, et pourtant la série ne fait que 4 tomes!
Ahmed Agne : Dans la structure même de Jackals, on voit bien que l'auteur ne souhaitait pas faire durer son récit bien longtemps. Il y a en effet beaucoup de personnages très charismatiques dans chacun des clans, qui vont pourtant mourir très vite... À ce rythme, c'est sûr que la série ne pouvait pas tenir 20 tomes! (rires)
   

         
                         
Un nouveau titre de Tetsuya Tsutsui est-il prochainement prévu chez Ki-oon?
Ahmed Agne : On nous pose souvent cette question ! (rires) Tout ce qu’on peut dire, c’est que nous sommes aussi impatients que nos lecteurs de découvrir sa nouvelle série, mais Tetsuya Tsutsui (l'auteur de Manhole, Duds Hunt et Reset, ndlr) est un perfectionniste et il n’hésite pas à repartir de zéro même quand il a beaucoup avancé dans un projet s’il estime que celui-ci n’en vaut finalement pas la peine.
     

            
                               
Quelle est votre opinion sur l'arrivée des éditeurs japonais en France ?
Ahmed Agne : L’arrivée des éditeurs japonais en France nous paraît logique et inévitable, d’autant qu’ils se sont déjà installés aux Etats-Unis. Ça ne se fera probablement pas sans peine parce que le marché français est assez spécifique.
Cécile Pournin : Il est donc fort probable que les éditeurs japonais s'allient avec un éditeur français pour mieux s’implanter en France et faciliter le processus. (Ki-oon a vu juste, car quelques temps plus tard le groupe Shueisha Shogakukan a acheté le groupe Kaze, ndlr).
          
                        
Mais la présence des éditeurs japonais en France n'est-elle pas un sujet d'inquiétude pour vous ?
Cécile Pournin : Pour commencer, il faut relativiser, tous les éditeurs japonais ne vont pas venir s'installer en France. Pour l'instant, seul le groupe Shueisha-Shogakukan est susceptible de le faire. Étant donné que nous ne travaillons pas avec ces éditeurs, ça ne changerait pas grand-chose pour nous.
Ahmed Agne : Ensuite, il est indéniable que les éditeurs français qui travaillaient principalement avec la Shueisha jusqu’alors risquent de taper « un peu plus fort » à la porte des autres éditeurs japonais, et notamment de ceux avec qui nous travaillons. Bref, la concurrence risque d'être plus rude, mais nous avons des relations solides avec nos partenaires japonais, qui sont contents de notre travail, et nous sommes relativement confiants pour l’avenir...
  
    
Hitoshi Ichimura est la grande invitée des éditions Ki-oon pour cette Japan Expo. Comment avez-vous découvert cette mangaka ?
Ahmed Agne : En fait, j’avais déjà joué au jeu Tales of Symphonia lorsque je vivais au Japon. À l’époque, j’avais adoré ce RPG. Plus tard, nous avons découvert l’adaptation en manga du jeu, que nous avons lue et appréciée.
Cécile Pournin : On s’est fixé une règle simple : quand on sort une adaptation de jeu vidéo, il faut non seulement qu’elle plaise au fan du jeu d’origine, mais aussi à celui de nous deux qui découvre cet univers. Bref il faut que ce soit aussi un manga qui tienne la route tout seul. Dans ce cas précis, moi qui n’avais pas fait le jeu, j’ai beaucoup aimé le manga Tales of Symphonia.
   

                   
      
D'autres séries dérivées de jeux vidéos sont-elles prévues chez Ki-oon ?
Cécile Pournin : Oui, mais il est encore un peu tôt pour en dire plus !
  
  
Quel est le titre de votre catalogue que vous appréciez le plus?
Ahmed Agne : Question difficile...
Cécile Pournin : On ne peut pas donner plusieurs réponses? (rires)
   
Après quelques secondes de réflexion, Cécile Pournin et Ahmed Agne se lancent.
   
Ahmed Agne : Si je ne devais en choisir qu'un seul, ça serait probablement Duds Hunt. C'est le titre dont je suis le plus fier parce que nous avons trouvé son auteur sur Internet, alors qu’il n'était pas encore publié au Japon. C’est aussi celui qui nous a ouvert les portes de Square Enix. Et puis j’adore ce manga et son auteur!
Cécile Pournin : Je vais me limiter aux titres sortis cette année, sinon je n'arriverai pas à faire un choix... Parmi ceux-là, c’est Vampire Chronicles que j’aime le plus. Je suis une grande fan d’œuvres à rebondissements, avec plusieurs couches de lecture, qui prennent le lecteur au dépourvu sans arrêt.
    

                 
                             
Il y a peu de shojo dans votre catalogue. Comptez-vous vous pencher sur ce genre qui devient de plus en plus à la mode en France?
Ahmed Agne : Là encore, notre politique éditoriale est très simple: nous publions un titre uniquement parce que nous l’avons lu et qu’il nous a plu, pas parce qu’il fait partie d’une catégorie éditoriale définie.
Cécile Pournin : On ne fera pas du shojo juste pour faire du shojo ou du yaoi juste pour faire du yaoi, mais si un titre nous plaît, on le publiera, que ce soit un shonen, un seinen ou un shojo. Reste que naturellement, nous lisons plus de seinen, donc on aura tendance à en publier plus souvent.
Ahmed Agne : Chaque titre choisi est avant tout un coup de cœur, c'est d'ailleurs pour ça que notre catalogue n'est pas structuré par genre...
  
     
Quel bilan faites-vous du premier semestre 2009 et de la Japan Expo?
Cécile Pournin : Le premier semestre 2009 s'est très bien passé pour nous. Jusqu’ici, Vampire Chronicles et Tales of Symphonia par exemple ont su trouver leur public. Le bilan de Japan Expo est également très positif !
Ahmed Agne : À quelques heures de la fin du festival, nous n'avons plus beaucoup de livres à vendre sur notre stand, et n'avons plus que quelques cartons dans nos camions... C'est bon signe! (rires)
Cécile Pournin : Et puis c’est surtout toujours un plaisir de sortir du bureau pour rencontrer nos lecteurs. Ça nous change du quotidien !
   
  
Interview réalisée par shinob et Koiwai.

Interview n°1

Difficile de s'entretenir avec Cécile Pournin et Ahmed Agne lors du 9e impact de Japan Expo, tellement ils furent occupés durant cette neuvième édition de la Japan Expo! Mais avec un stand idéalement placé et très joli, et des auteurs talentueux en dédicace, c'est un peu normal!




Manga-news: Pouvez-vous m'en dire plus sur votre parcours ?


Ki-oon a été créé en octobre 2003. Le temps de trouver nos premiers titres et de nous initier aux secrets de la fabrication entre autres, et notre premier bébé, Element Line 1, est sorti en mars 2004. Ki-oon compte deux associés, Cécile Pournin et Ahmed Agne. On était fans de manga et d'animation, ce qui nous a conduits à étudier le japonais à la fac.

Après ça, on a travaillé et étudié plusieurs années au Japon pour approfondir notre connaissance de la culture nippone. À notre retour en France, on a travaillé (dans la pub pour l’un, et la traduction pour l’autre), mais on avait tous les deux envie de travailler dans l’édition et d’être nos propres patrons, et c’est là que la décision de lancer Ki-oon a été prise.



MN: Votre politique éditoriale, basée au départ sur la publication de titres "fantasy" se diversifie de plus en plus...

On s’est rencontrés sur les bancs de la fac entre autres parce qu’on aimait lire de l’héroic fantasy, et donc logiquement on a voulu privilégier ce genre dans notre catalogue. Mais comme on publie avant tout ce qui nous «tape dans l’œil», on ne se limite pas du tout à un genre: la preuve, on aime beaucoup lire du seinen, et ça se voit dans notre line-up!

MN: Vous êtes des précurseurs en matière de communication via internet, notamment en créant une section "mangas en ligne". Cette politique porte-t-elle ses fruits aujourd'hui ?

Plus que jamais! On a la chance de faire partie de la première génération pour qui Internet fait partie intégrante du quotidien, et ça nous a paru tout naturel de monter le site le plus complet possible, avec des illustrations issues de nos séries, des présentations des auteurs, etc., et surtout de proposer le plus de lecture en ligne possible (jusqu’à 68 pages pour Element Line).

Aujourd’hui, les internautes peuvent se balader sur notre site, choisir ce qui les attire et lire au minimum 20 pages de la majorité de nos mangas (plus de 65% des titres de notre catalogue à ce jour). Ça faisait longtemps que ça nous trottait dans la tête, et c’est fait depuis mai 2007!

MN: De nos jours, est-il facile de s'imposer auprès des éditeurs japonais lorsque l'on est une structure indépendante comme Ki-oon?

C’est vrai qu’on est une des dernières structures indépendantes du marché (enfin il y a aussi IMHO, Cornélius, …). C’était déjà difficile il y a quatre ans quand on s’est lancés, mais de nos jours ce serait sans doute quasi impossible, parce que le nombre d’éditeurs français est considérable et que beaucoup sont adossés à des structures éditoriales aux moyens importants.

Toujours est-il qu’avec le temps, les éditeurs japonais nous font de plus en plus confiance, parce qu’ils ont remarqué qu’on soignait particulièrement la fabrication de nos mangas, et qu’on mettait un point d’honneur à faire de la promotion pour tous nos titres. Aujourd’hui, on collabore avec des éditeurs japonais de premier plan comme Square Enix (Jackals, Übel Blatt, Jusqu’à ce que la mort nous sépare, Kurokami, Reset, Manhole), Kadokawa (nos premières licences chez eux seront annoncées prochainement) ou Mediaworks… Notre capacité à négocier directement en japonais nous aide aussi beaucoup à nouer des relations étroites avec nos partenaires nippons.

MN: Après une hausse constante des sorties et des ventes de manga en France, on parle aujourd'hui de stagnation du marché. Quelles sont selon vous les forces d'un éditeur indépendant comme Ki-oon et comment lutter contre cette crise annoncée par certains médias?

Quand un secteur qui n’existait tout simplement pas dans le paysage culturel français s’impose en 15 ans (pour tout un tas de raisons mais sans doute en particulier parce que le public français a un rapport privilégié avec le Japon, un rapport où le rêve et l’admiration jouent un grand rôle) – autrement dit quand on part de zéro -, ça donne forcément des taux de croissance impressionnants, qui attirent beaucoup de nouveaux acteurs. Une fois le secteur installé – ce qui est le cas maintenant – la croissance ralentit mais ça ne retire rien au phénomène: il y a maintenant des centaines de milliers de Français pour qui lire un manga c’est un mode de divertissement usuel et normal, ce qui, quoi qu’on en dise, reste un sacré bouleversement.

Certes, les nombreux acteurs dont on parlait plus haut ont aussi publié de nombreux mangas… Trop, malheureusement. Pas dans le sens où ces titres ne sont pas intéressants car le manga est un médium aux ressources encore insoupçonnées, qui permet d’explorer des myriades de genres et d’univers, mais simplement parce que le lecteur ne peut plus suivre le rythme intense des nouveautés qui paraissent. Le lectorat est important, certes, mais la production est tout de même trop abondante pour lui.
Toutefois, comme pour le marché de la bande dessinée franco-belge il y a quelques années, on ne serait pas étonnés que les choses se régulent progressivement d’elles-mêmes…
Reste à savoir quand!

Nos forces?
Le fait d’être une petite structure nous contraint à être plus réactifs et plus inventifs que les autres si on veut aller quelque part… Notre maîtrise du japonais nous permet de lire plus tôt et plus vite les nouveautés, de choisir nos titres en totale connaissance de cause et vraiment en fonction de nos goûts.

Pour finir, dans un contexte de surproduction où les lecteurs sont noyés sous l’abondance des sorties, on essaie de sélectionner des titres qui sortent du lot, et de s’impliquer pour qu’ils se fassent remarquer. Quand on a un titre au scénario et aux graphismes solides, c’est logique d’en faire lire le plus possible en mettant des extraits à disposition des lecteurs sur Internet, en librairie et dans la presse.
Quand les visuels sont beaux, c’est une évidence et un plaisir de faire des habillages sur Internet pour mettre les qualités du manga en valeur.

MN: Ce premier semestre de l'année 2008  fut-il positif pour Ki-oon ?

Ce semestre s'est extrêmement bien passé pour nous, notamment avec le très grand succès d’Übel Blatt, qui est notre premier véritable hit. On est d’autant plus contents que ce titre ne bénéficiait d’aucune notoriété avant sa sortie, qu’il n’avait pas d’anime pour le soutenir, et que c’était donc loin d’être un succès programmé.

MN: Pensez-vous que le manga est encore sous-représenté dans la presse  généraliste?

Comme on le disait tout à l’heure, le manga s’est imposé en 15 ans, en partant de rien. Pour l’instant, c’est encore une «contre-culture», un truc un peu subversif, comme la BD ou le rock en leur temps, mais à mesure que les lecteurs prendront de l’âge, ils contribueront à l’imposer partout et dans toutes les couches de la société!

MN: Quels sont vos projets pour fin 2008 ?

On en a plein! Mais évidemment, on ne peut pas encore tout vous dire. Dans un premier temps, on a décidé de marquer le coup cette année à Japan Expo, en particulier pour le lancement de notre grosse nouveauté de la rentrée 2008, Jackals, qui y est présenté en avant-première.
Pour le reste, il faudra encore attendre un peu pour savoir ce qu’on vous prépare!

MN: Un petit mot pour les membres de manganews qui vont lire cette interview ?
Euh… Salut les gars? (rires) Plus sérieusement, on espère que les titres qu’on aime trouveront grâce à vos yeux!

Available in FR

Title Author(s)
HOSHINO Soumei - QUINROSE
YEN Hioka
UGAWA Hiroki
IGARASHI Aguri - TOTSUKA Masahiro
MUN Sung-Ho - YU Gyung-Won
KUSUNOKI Kei
TAKANO Masayuki
SAWADA Hajime
TAKANO Masayuki - KADONO Kouhei
ICHIMURA Hitoshi
SUGISAKI Yukiru
TONOGAI Yoshiki
TSUTSUI Tetsuya
TAKIZAKI Mamiya
FUKAKI Shouko - SHIRAKAWA Akira
SANBE Kei
KIM Byung Jin - MURATA Shin'ya
Double S - TAKASHIGE Hiroshi
NARUKO Hanaharu
KOTOBUKI Keisuke
YUKIMARU Katsura
MIYAO Gaku
PARK Sung Woo - LIM Dal Young
KANG Hyung Kyu
KIMURA Akihiro
NATSUMOTO Masato - MIZUNO Ryo
DITAMA Bow - NAKAYAMA Bunjuro
TSUTSUI Tetsuya
OCHI Yoshihiko
ROSERO Jennyson Allan - DEANGELIS Jason
MUKAI Natsumi
MOCHIZUKI Jun
TSUTSUI Tetsuya
AKITA Kome
YANAGISAWA Kazuaki
KANZAKA Hajime
MINEKURA Kazuya
MORI Kotaro
ICHTYS
KITSUTSUKI Shinki
ICHIMURA Hitoshi
TOMOYUKI Maru
SASAKISHONEN
IWASA Yuko
SHIONO Etorouji
KIMURA Yuri - SHIRODAIRA Kyo
CHO Jung-man
KAMISHIRO Akira - HIGA Yukari

Enigma

D'où vient cette réplique ?
"juste se battre ne sert à rien, juste survivre n'a pas de sens, je veux gagner!"
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