Virtus - Le sang des gladiateurs - Actualité manga

Virtus - Le sang des gladiateurs

Critique de la série manga

Publiée le Lundi, 22 April 2013

Avant d’arriver dans nos contrés Virtus avait fait parler de lui, le titre était attendu mais a t-il tenu ses promesses ? Après les shonens à tendance shojo, l’éditeur fait une cure d’hormone avec ce titre burné qui sent la sueur et le sang, un titre violent qui risque d’en choquer plus d’un ! Mais cela vaut-il seulement le coup ?

En pleine Rome antique, la cité est sous le joug du sanglant empereur Commode, connu pour privilégier les jeux du cirque à son peuple qui meurt de faim. Des prophétesses tentent de s’opposer à lui mais en vain ! Elles ont besoin d’une aide extérieure, celle d’un guerrier d’un autre temps possédant la « virtus », à savoir un sens de l’honneur et un esprit droit ! La belle Marcia va donc chercher Takeru Narumiya, un judoka de notre époque, emprisonné pour avoir tué son père ; elle le ramène à son époque avec d’autres prisonniers qui vont se retrouver dans l’arène face à de redoutables gladiateurs ! Et l’horreur commence !

Après les vikings, les samouraïs et autres guerriers en tout genre, c’est au tour des gladiateurs d’avoir un titre consacré, une série mettant en avant leurs vies et la violence qui les accompagne ! Du moins c’est ce qu’on aurait pu penser en lisant le début du titre, mais très vite on s’aperçoit que le titre ne plonge pas réellement dans l‘univers des gladiateurs, ou alors pas de manière documentée et sérieuse. Tout ce qu’on nous présente tient du cliché et du fantasme lié au genre. Les auteurs ne semblent pas plus documenté que le lecteur lambda.
A coté de ça le titre semble baigné d’influences diverses, et pas des moindres. De par son graphisme ou plutôt le design des personnages ainsi que sa violence on peut penser à Ken, pour les mêmes raisons on pense également à Baki ou encore à Coq de combat, dont on sent déjà que la terrible violence et la personnalité de certains personnages vont nous rapprocher.
Que Virtus fasse penser à tous ces titres n’est pas forcément un gage de qualité (copier est une chose, égaler en est une autre), mais au moins on est sur de savoir à quel genre de public s’adresse le titre, Virtus n’est pas pour les chochottes ! Par contre ceux qui aiment le sang, les combats acharnés et les amitiés viriles ont de grandes chances d’y trouver leur compte !

Si Virtus se présente comme un titre sur le monde des gladiateurs l’auteur par une pirouette scénaristique nous permet de voir les choses d’un œil contemporain avec nos jugements de valeurs actuels. C’est un des plus gros défauts sur les titres historiques, souvent les choses sont jugées avec notre vision contemporaine, notre propre échelle de valeur, un biais très ethnocentriste. Avec cette idée (étrange malgré tout, il faut l’avouer), ce sera des hommes du Japon du 21e siècle qui vont être confronté à la Rome antique ! On peut toujours discuter ce choix qui vient apporter une touche de fantastique dans un titre qui ne se prêtait pas à ça, mais cela permet de jouer avec l’Histoire, de la réécrire sans être obligé d’y rester fidèle.
En effet on retrouve des personnages historiques, Commode en premier lieu qui est ici présenté comme un tyran sanguinaire, qui n’est pas sans rappeler Raoh de Hokuto no Ken.
Outre ce choc des cultures et des civilisations, l’auteur nous propose également un choc des styles de combats ! En intégrant un champion de judo dans un monde occidental aussi daté qui ignore encore tout des arts martiaux, l’auteur se fait plaisir en glorifiant le judo et surtout va permettre des affrontements originaux.

Sur le papier le titre s’avère assez vendeur, on se retrouve avec une série intéressante, captivante mais avec de lourds défauts qui plombent pas mal le titre.
Dans un premier temps il faut noter la grande violence du titre qui pourrait choquer. Il est évident qu’on s’attendait à un titre violent, et on aurait été déçu qu’il ne le soit pas, mais on a souvent l’impression que les auteurs en font trop, c’est souvent excessif et gratuit. Quand il s’agit de gladiateurs qui s’entretuent ce n’est en rien dérangeant, mais quand cela touche de simples victimes femmes et enfants compris c’est parfois très dur. Mais le plus insoutenable reste la violence psychologique qu’impose le titre, en particulier dans son dernier tome à la limite du soutenable.
La seconde grande limite du titre c’est sa longueur. Seulement cinq tomes alors qu’une histoire pareille aurait s’étendre sur des dizaine de volumes. On a l’impression que la série se termine alors qu’elle commence à peine

Le dessin est assez particulier, ni beau ni raté, le trait apparaît un peu grossier mais il colle parfaitement au style viril du titre. Il n’est pas sans rappeler celui de Ken (qui lui est beaucoup plus fin) ; et la morphologie des personnages, en particulier la musculature, rappelle également grandement Baki.
En terme de narration c’est assez classique mais cela s’avère très efficace.

Un titre vraiment intriguant, saisissant même mais qui sur le long terme pourrait s’apparenter à un pétard mouillé tant le final manque de panache


erkael



Note de la rédaction
Note des lecteurs
14.7/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

16.00,15.00,16.00,17.00,15.00

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