Sous un rayon de soleil

Critique de la série manga

Publiée le Mercredi, 08 January 2014

On ne présente plus Tsukasa Hojo, génie s’il en est, conteur hors pair, un des meilleurs auteurs de sa génération et certainement l’un des plus populaires autant au Japon qu’en France notamment grâce à des séries emblématiques tels que Cat’s Eyes ou bien entendu City Hunter que les plus vieux d’entre nous regardaient via le fameux Club Dorothée ! Surtout connu pour ces deux séries chez nous mais aussi plus récemment pour Family compo et Angel Heart, on aurait presque tendance à oublier, et ce serait un tort, qu’il est également l’auteur d’œuvres plus courtes et plus personnelles qui ont quelque chose de féerique…c’est notamment le cas de « Sous un rayon de soleil » !

Après une première édition publiée chez Tonkam, datant tout de même de 1997, Ki-oon nous propose de redécouvrir cette œuvre au travers de sa collection très justement nommée « Les trésors de Tsukasa Hojo ».

Sarah, jeune fille enjouée et souriante débarque dans une petite ville avec son père, un colosse au cœur tendr. Ce dernier est fleuriste et Sarah l’aide dans son travail quand elle ne vas pas à l’école. Elle va rencontrer le jeune Tatsuya avec qui elle va sympathiser. Mais Sarah n’est pas une simple petite fille, elle communique avec les végétaux et peut ressentir leurs émotions. De plus elle semble cacher un secret bien plus lourd…et si Sarah n’était pas la jeune fille qu’elle prétend être ?

Paru après les titres l’ayant rendu célèbre, cette série voyant le jour en 1994 apparaît plus personnelle, ici on ne trouve aucune violence, l’humour est beaucoup plus léger, moins gras, et surtout les histoires se veulent plus touchantes ! On sait tous à quel point l’auteur affectionne ce type d’histoires quelque peu larmoyantes. Et on commence à connaître l’amour de l’auteur pour la nature, thème qu’il a développé à plusieurs reprises dans différentes histoires de ses différentes séries. Et bien ici cela sera le thème central.
Quoi qu’il en soit ici on se retrouve avec une série vraiment rafraîchissante où l’on suit la vie quotidienne d’une jeune fille étrange mais terriblement attachante possédant un pouvoir original mais plutôt poétique. Des tranches de vie simples, parfois amusantes, souvent émouvantes. Ici l’héroïne est la pureté même et la gentillesse incarnée mais le personnage n’est pas lisse pour autant, elle cache quelques chose, un lourd secret qu’on découvrira au fil de l’histoire… Ce secret sera dévoilée assez tôt dans le récit (le titre ne se compose que trois volumes), une révélation surprenante mais qui n’aura pas d’explication. L’auteur nous laisse avec ce fait accompli, c’est ainsi et il faudra l’accepter. Cette note de mystère vient ajouter un peu de magie à ce titre possédant un ton mélancolique habilement dosé.

On trouve toute une galerie de personnages plus ou moins attachants, à commencer par le père de Sarah qui se trouve être un clone de Umibozu de City Hunter. Sa personnalité est également très proche de son modèle, le coté tueur aveugle en moins. Il est drôle et à l’origine de situations assez cocasses, bien qu’il ne soit pas développé outre mesure, à notre grand regret. Mais après Sarah le rôle le plus important revient à Tatsuya, jeune garçon se trouvant dans la même classe que notre héroïne, un peu râleur mais qui va très vite s’éprendre de la belle Sarah. C’est ce personnage qui évoluera le plus au fil de la série et ce au contact de Sarah qui fera évoluer sa vision des choses. Aigri et colérique au début, il se laissera attendrir par la douceur de Sarah pour devenir un garçon prêt à tout pour les autres. On trouve également un instituteur assez particulier qui raffole des jeunes filles et collectionne les photos qu’il prend d’elles. Et c’est là que le bas blesse, en effet ce personnage est clairement limite, il est présenté comme un élément comique de la série mais si ce type d’humour passe au Japon, en Europe c’est déjà moins le cas. De ce fait il est difficile de s’intéresser à un tel personnage décrit comme un pédophile en puissance, et les notes d’humour le concernant tombe immédiatement à l’eau et laisse même parfois un certain malaise. Clairement le défaut de ce titre et un énorme point d’interrogation en ce qui concerne l’auteur et ce qui a pu lui passer par la tête en ce qui concerne ce personnage ambigu !

Tout le long des trois tomes composant la série l’auteur fait évoluer ses personnages à travers des histoires courtes, dépassant rarement le simple chapitre…elles sont ainsi plus nombreuses mais par conséquent moins développées. Le thème commun restant la nature et l’approche des gens et de la société en général à son encontre. Ainsi l’auteur nous distille tout au long de cette série un message écologique simple, voir un peu simpliste. Et là on trouve un autre défaut de ce titre : il est parfois un peu naïf. Si les histoires sont touchantes pour la plupart, l’auteur frôle parfois un coté cucul qui lui est également propre (et la suite de sa carrière démontrera qu’il a du mal à s’en défaire). Il a tendance à en faire trop pour nous émouvoir ; et si nombres de ses histoires sont effectivement touchantes, certaines sont un peu trop poussives. Mais au final ce ne sont pas celles que l’on retiendra, en fermant chaque tome, on reste sur cette impression de légèreté que nous procure ce titre, et ce jusqu’à son dernier chapitre qui lui, est réellement émouvant. Au final on n’apprendra pas grand chose sur l’histoire de Sarah, mais la fin ouverte, conclusion intelligente que nous propose l’auteur, nous permet de continuer le voyage encore un petit moment, laissant notre esprit vagabonder…

Si toutes les histoires sont d’une simplicité étonnante, ce qui ne les empêche pas d’être touchantes, ou tout simplement belles il est évident qu’il faut être en condition pour lire ce titre, il faut avoir l’esprit apaisé, bien que le titre en lui même possède une force apaisante.

Il est à noter que l’on trouve déjà dans « Le temps des cerisiers », second recueille d’histoires courtes de l’auteur, le premier chapitre de « Sous un rayon de soleil » avec quelques détails qui diffèrent, paru un an avant, on peut supposer que ce qui n’était qu’un histoire courte à la base a inspiré l’auteur pour une série un peu plus longue !

L’édition de Ki-oon est tout simplement superbe, proposant de nouvelles illustrations pour les couvertures d’une qualité remarquable. Des pages couleurs aux superbes rendus sont ajoutées à cette édition sans fausse note.

Un chef d’œuvre de simplicité et de poésie, tout simplement.


Chroniqueur: Erkael


Note de la rédaction
Note des lecteurs
18/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

16.50,16.00,18.00,16.00,16.00

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