Dead Company - Actualité manga

Dead Company

Critique de la série manga

Publiée le Mardi, 25 May 2021

Yoshiki Tonogai est un nom bien connu pour les amateurs de thriller dans le monde du manga, et c'est donc sans surprise que le titre qui nous intéresse ici, Dead Company, dernière série en date de l'auteur, est également un thriller respectant les codes du genre et plus particulièrement les codes de l'auteur, une histoire courte glauque et violente, genre qu'il affectionne particulièrement!
L'auteur, ancien assistant de Atsushi Ohkubo (Soul Eater et Fire Force), est donc connu pour ses thrillers où les personnages sont affublés de masques représentant des animaux...on le retrouve dans toutes ses séries, et ce sera encore le cas ici...à ceci près qu'ici cela ne se justifie en rien et n'est nullement expliqué, disons qu'il s'agit d'un clin d’œil à lui même !
Après l'assez bon Doubt (4 volumes), le plutôt réussi Judge (6 volumes) et le décevant Secret (3 volumes), le tout chez Ki-oon, l'auteur récidive donc avec un nouveau titre, Dead Company qui lui aussi ne comptabilisera que trois tomes!
Si une bonne histoire peut être racontée en peu de chapitres, force est de constater qu'ici ce ne sera as le cas, mais rallonger la série n'aurait pas changé grand chose...ces trois tomes vont s'avérer bien longs!



Si ce genre de titres commence à pulluler depuis quelques années, rien qu'à la vue de la couverture du premier opus on devine immédiatement à qui on a affaire : les masques sont clairement la patte de Tonogai... A partir de là on peut déduire qu'on va suivre un slasher où des jeunes gens vont être forcé de s’entre-tuer pour survivre, à base de pièges, de paranoïa, de suspicion et de trahisons...mais ici la donne va quelque peu changer, l'approche sera bien différente et c'est ce qui va permettre à ce titre de tirer son épingle du jeu! Mais on va vite s'apercevoir qu'une bonne idée ne suffit pas toujours!

Ryosuke est le seul survivant d'un jeu macabre auquel il a été forcé de participer! Après plusieurs années de traumatismes, il tente de se rouvrir au monde et se prépare pour un entretien d'embauche, chose improbable jusque là! Mais la société qui apparaît particulièrement motivé pour l'embaucher, EDC, est une société de jeux vidéos spécialisée dans les jeux de survival horror où les joueurs doivent survivre face aux autres! Ce qu'ils recherchent chez Ryosuke c'est justement cette expérience particulière qui lui permettra, en tant que consultant, de rendre les jeux le plus réaliste possible en apportant des conseils sur les réactions que devraient avoir les participants, et l'intelligence artificielle du jeu!
Après un moment de doute, Ryosuke accepte cette étrange offre et va vivre ses meilleurs mois au sein d'un cadre de travail convivial et sans pression...le bonheur!
Mais rapidement il va faire le lien entre les phases tests de certains jeux et la disparition et la mort de plusieurs individus IRL...il va alors comprendre que la société qui l'a engagé met des gens en situation en les obligeant à s’entre-tuer pour améliorer les concepts de leurs jeux...



On peut clairement comparer les titres de Yoshiki Tonogai à la série de films Saw: le premier est excellent et les suivants s’essoufflent en partant dans la surenchère... C'est un peu ce qui s'est passé avec les premiers titres de l'auteur; mais comme avec les films, vient un épisode qui apporte du renouveau et permet d'apporter un nouveau regard sur la saga où l'ancienne victime devient le bourreau...c'est exactement ce qui se passe dans ce titre, où du moins c'est ce qui nous est vendu! Mais cela peut aussi être l'épisode (ou la série en l’occurrence) de trop...ce qui apparaît être le cas ici!

Dans un premier temps, on est tenté de faire le lien avec les précédentes séries de l'auteur, est ce que Ryosuke est un survivant d'une des trois séries précédentes? A priori non! Alors que Tonogai aurait pu partir sur "Tonogai Universe" en mêlant tous ses récits, cela ne semble pas être le cas...et c'est plutôt dommage, car là cela aurait réellement apporté de la pluvalu à ce titre!

Bien entendu, il n'y a aucun suspens sur le fait que les choses sont loin d'être aussi idylliques qu'elles le paraissent....le lecteur sait pertinemment que cela va partir en vrille...aucune subtilité à ce niveau là!
Mais peu importe car l'approche demeure intéressante, et le point de vue l'est tout autant...jusqu'à ce que l'auteur tombe dans des facilités bien trop navrantes! Et à ce niveau, en terme de facilités, c'est la foire au n'importe quoi!
Du jour au lendemain la responsable de Ryosuke va tout lui dévoiler, en lui présentant les têtes des victimes posées sur une table...c'est glauque certes mais c'est surtout stupide! Tout comme la réaction de Ryosuke qui va s'enfermer dans sa chambre pendant trois jours avant de retourner travailler en essayant de faire abstraction de tout ça! Je grossis un peu le trait mais globalement, les situations apparaissent bien peu crédibles! Et ce qui l'est encore moins c'est que comme par hasard, à ce moment précis, Ryosuke va tomber sur la sœur de la petite amie qu'il a été obligé de tuer pendant son jeu macabre (il n'avait d'ailleurs pas l'air au courant qu'elle avait une sœur...on se questionne alors sur la profondeur de son traumatisme vu comme il avait l'air de s'intéresser à elle...ça non plus ce n'est pas crédible)...et le lendemain il découvre que cette fille qui sort de nulle part aide la compagnie en tant que complice durant les parties mortelles...beaucoup trop de coïncidences en peu de temps pour que cela reste crédible! Et le pire reste encore à venir; tel cette incroyable scène où Ryosuke va aider une participante à un jeu en lui parlant via une oreillette et que celle ci va lui répondre au calme, en face des autres participants sans que ceux ci ne s'interrogent...ridicule!



Le traitement de la série est assez paradoxale: d'un coté on a le sentiment que l'auteur va trop vite, qu'il ne développe rien et qu'il use de bien trop de facilités pour ne pas avoir à s’embêter à développer son récit, et de l'autre on a également le sentiment qu'il nous propose bien trop d'éléments ne servant à rien, qu'il s'attarde sur bien trop de choses sans importance et surtout...que la lecture est longue...mais ceci vient sans nulle doute de l'absence de plaisir sur cette dernière.

On ne peut pas ne pas évoquer les masques d'animaux...ils sont bien présents ici, mais utilisés n'importe comment, ils sont là pour être là! Si dans les précédentes séries ils servaient à conserver pour un temps l'anonymat des personnages, contribuaient à ancrer le lecteur dans un jeu macabre où encore servaient de symboles...ici on ne comprend pas vraiment leur utilité à part nous rappeler que "vous avez vu, c'est une série de Tonogai"!
Voir un des cadres de la société regarder ses écrans avec un masque tout seul dans une pièce, ne contribue pas à renforcer l'ambiance, mais juste à le faire passer pour un abruti...

Si le premier opus se montre intrigant et qu'il laisse espérer un certain potentiel (sans passionner non plus), on se retrouve face à un deuxième volume absolument catastrophique qui nous fait comprendre que Tonogai n'a plus le talent, n'a plus d'idée, et même s'il y a une légère amélioration, le troisième et dernier opus ne sauve rien!
Une série à oublier, qui bien loin de redorer le blason de Tonogai face à ses détracteurs ne fait que l'enfoncer davantage!


Chroniqueur: Erkael


Note de la rédaction
Note des lecteurs
10.17/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

13.25,6.50,9.00

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