Prophecy - The Copycat - Actualité manga

Prophecy - The Copycat

Critique de la série manga

Publiée le Lundi, 03 April 2017

En juin 2012 nous découvrions Prophecy, une nouvelle page de l'histoire entre Ki-oon et l'auteur de talent Tetsuya Tsutsui, une série en trois tomes où l'auteur s'interrogeait sur le pouvoir des réseaux sociaux, sur la légitimité de la vengeance, sur le fait d'ériger un meurtrier en justicier...trois tomes prenants et passionnants!
Plus de trois plus tard, en septembre 2016 nous découvrons Prophecy - The Copycat qui se présente donc comme une suite où cette fois Tsutsui, bien que crédité pour le scénario original, cède sa place à deux autres auteurs: Hitomi Houjo au scénario (crédité comme coscénariste) et Fumio Obata aux dessins!
S'étendant également sur trois tomes, ce titre s'intègre donc dans l'univers de la série originale, mais on y suit des imitateurs de Paperboy, le "justicier" de Prophecy premier du nom...


Paperboy fait de plus en plus parler de lui, ses "vengeances" exposées aux yeux du grand public font de lui un héros pour certains et un simple meurtrier pour d'autres, mais bien qu'il divise il fascine tout le monde!
De son côté Sota, un lycéen sans histoire ne supporte plus sa vie de misère dans son quartier laissé à l'abandon où la pauvreté se voit partout. Il en est de même pour Kyoko son amie d'enfance qui rêve de s'échapper de cette vie, même s'il lui faut se prostituer pour gagner de l'argent et pouvoir quitter cet univers. Le seul de leur ami qui semble s'en sortir est Takeru qui lui travaille dans un bar gay...il a pleinement conscience que pour aspirer à une meilleure vie des sacrifices sont d'abord nécessaires.
Un jour Kyoko est violée et battue par un groupe de lycéens, ce qui fait enrager Sota qui désire venger son amie. Takeru lui propose alors d'imiter Paperboy et de faire comme lui, de punir les coupables en les filmant afin d'exposer leurs crimes sur la place publique... Ils entrent alors dans une spirale violente, dans laquelle ils vont entraîner Kyoko...mais ils y voient également un moyen de gagner de l'argent et peut-être la solution pour sortir de leur misère!



Alors qu'on pensait retrouver une suite légitime du remarquable Prophecy,  malgré des qualités évidentes, le titre se montre bien moins profond et travaillé que ne pouvait l'être l’œuvre de Tsutsui. De là à dire que les auteurs de Copycat sont eux aussi des imitateurs qui tentent de reproduire l'original sans le talent nécessaire, il n'y a qu'un pas...mais ce serait condamné un peu vite cette série...et pourtant!

La première chose qui étonne (et qui déçoit par la même occasion) c'est de se retrouver dans un univers de lycéens! Comme si on ne pouvait pas faire une histoire intéressante sans la placer dans un univers de lycéens! La série d'origine se montrait particulièrement mature, posait de vraies questions de société...à partir de là on comprend de suite qu'on ne sera pas dans le même registre voire même que le public visé n'est pas le même... Il y a de quoi saturer à retrouver des lycéens partout. Il y a bien assez de shonens qui s'intéressent à eux et à leurs problématiques pour qu'on en trouve également dans tous les seinens!
Ensuite, alors que dans le titre de Tsutsui, la figure de Paperboy était enveloppée de mystère, au moins durant une longue période, que celui-ci dégageait quelque chose, se montrait aussi charismatique qu'inquiétant, ici point de suspens, point de questionnement et surtout point de charisme...forcément nous avons affaire à des lycéens!

D'emblée la série tient donc assez mal la comparaison avec son illustre aînée...mais malgré les doutes qui nous envahissent dès les premières minutes de lecture, on décide de laisser une chance à ce titre...il ne faut pas juger de manière trop hâtive une série qui a besoin de poser ses bases... Mais la suite ne s'améliore guère!
A commencer par la motivation des protagonistes qui est totalement différente: si dans la première série Paperboy souhaitait réellement se venger et voulait faire prendre conscience de crimes impunis, ici, bien que cela soit le cas pour le premier "jugement" (les violeurs de Kyoko), ensuite Paperboy ne devient qu'un prétexte pour gagner de l'argent en se faisant financer par les internautes à la manière de "my major company", sauf qu'au lieu de se faire financer un album, ils se font financer des "vengeances"...un peu douteux tout ça!
Ensuite on va plonger peu à peu dans le ridicule, malgré quelques bonnes idées qui auraient pu sauver la série (mais on y reviendra plus tard, afin de rester sur  une note un tant soit peu positive)!


Par la suite le petit groupe d'imitateurs va s'agrandir pour accueillir parmi eux... le violeur de Kyoko!!! Visiblement cela n'a posé aucun problème aux auteurs, personne ne s'est dit que ça ne collait pas! Outre le fait que cela remette totalement en question le principe même de la série, les personnages l’accueillent sans trop de difficultés...Kyoko fait bien la difficile un moment, mais ça passe! Et le pire c'est que les auteurs vont tenter de le rendre sympathique en le présentant comme un comique...
Ensuite on a des ados bien plus efficaces que toutes les forces de l'ordre du pays quand il s'agit de retrouver ou d'identifier des criminels et tout ça pour finir sur un twist ridicule, avec un semblant de questions existentielles sur la portée des réseaux sociaux et la culpabilité des spectateurs...des questions sans surprises, déjà mieux traitées si souvent ailleurs (notamment par Tsutsui)...sans parler du traitement des personnages n’étant pas cohérent avec eux même d'un volume à l'autre...

A cela il faut rajouter le côté putassier de la série qui propose régulièrement des scènes de sexes n'apportant rien de plus que de la gratuité. Une fois ou deux pourquoi pas, si le titre a besoin de ça pour apporter un peu de maturité au milieu de ces lycéens, mais systématiquement, et ce au détriment d'un développement plus important de l'intrigue et des personnages, cela ne passe pas!

Il y a pourtant des choses à sauver dans cette série, ce qui rend l'ensemble d'autant plus rageant, car cela accentue le sentiment de gâchis.
A commencer par l'aspect vénal qui se cache derrière chaque vengeance qui se montre très intéressant. Cela apporte premièrement une nouvelle approche avec l'idée que les copycat ne possèdent pas les mêmes motivations et cela pose la question de jusqu'où certains sont prêts à aller pour sortir de la misère. Et puisque dans ce cas il ne s'agit plus de vengeance à proprement parler, qu'en est-il de la légitimité de la chose?
Le fait de placer cela dans un contexte de misère social soulève également de vraies questions: la misère peut elle tout justifier? Une fois la ligne franchie peut on revenir en arrière?

Ce titre se montre plus violent que la série d'origine, mais on l'a vu cela n'apporte pas davantage de profondeur et de maturité pour autant...la violence et le sexe sont mal exploités et l'ensemble se montre souvent putassier. Les tortures nous sont dévoilées, elles sont plus crues, et non plus uniquement suggérées. Il faut reconnaître que cela fait son effet...dans un premier temps!

Il est clair que ce qui n'aide pas cette série c'est qu'elle souffre de la comparaison avec la première série de Tsutsui une comparaison inévitable, car il apparaît improbable de lire Copycat sans avoir lu Prophecy, la série faisant l'impasse sur trop de détails et prenant les événements présentés dans Prophecy comme acquis...
Mais même sans cela, sans cette comparaison, le titre possède trop de défauts et d'incohérences pour ne pas prendre le pas sur les qualités (pourtant présentes), et au final on reste sur une bien mauvaise impression grandement accentuée par une conclusion ridicule, trop vite bâclée!


Chroniqueur: Erkael


Note de la rédaction
Note des lecteurs
12.83/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

11.75,12.50,11.00

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