Conductor - Actualité manga

Conductor

Critique de la série manga

Publiée le Lundi, 25 June 2012

Il semble que Ki-oon affectionne les thrillers psychologique aux ambiances sombres et malsaines. Après Doubt et Judge, l’éditeur remet le couvert avec Conductor, une nouvelle série courte en seulement quatre tomes qui vient rejoindre leur catalogue.
A la différence des titres pré-cités, Conductor se veut plus recherché et sans doute plus complexe…cette série, l’éditeur nous le promet, va nous faire plonger dans les méandres de l’âme humaine.

Naomi est une jeune flûtiste de talent, mais depuis quelque temps un rêve récurrent vient la hanter, elle va alors consulter un psychiatre (et non pas un psychanalyste comme on peut lire sur le résumé de la couverture, ces derniers ne pouvant prescrire de médicaments) qui va la perturber au plus haut point. Parallèlement à ces évènements un corps sans tête est retrouvé dans un appartement voisin du sien, et un ancien ami à elle va venir diriger la comédie musicale dans laquelle elle va jouer…retrouvailles d’anciens amis qui arrivent à un moment délicat, pour Naomi mais également pour un autre couple de musiciens les connaissant…

L’histoire se veut riche et pleine de rebondissements. Les personnages sont peu nombreux mais leurs interactions et leurs souvenirs sont les clés de ce récit complexe qui plonge dans les tréfonds de l’âme humaine et dans la noirceur de chacun.
Dans un premier temps ils sont présentés par binômes, chacun à leur tour dans des chapitres consacrés et à chaque fois le même schéma se répète : un personnage principal semblant être au centre de sa propre histoire mais qui est secondé par un personnage en retrait mais qui semble dominer la relation : Naomi et son psychiatre ; l’inspecteur et son adjoint ; Yuki le chef d’orchestre et le producteur et enfin Kazuo le pianiste et sa future femme Akiho, également ancienne petite amie de Yuki… Une fois ces huit personnages présentés, ils vont se croiser et leurs histoires vont s’entremêler, le passé vient faire écho dans le présent, on devine de nombreux non dits, des secrets plus ou moins lourds à porter, des rivalités apparaissent ou réapparaissent sur d’anciens évènements que tous croyaient loin… Puis les choses vont évoluer, les binômes vont se séparer, les personnages vont se lier à d’autres, les choses ne seront pas aussi simples qu’elles paraissaient l’être au tout début, et les relations encore moins.

Très vite , il se dégage de chacun des personnages quelque chose d’inquiétant qui fait de cette série une expérience saisissante qui séduira les amateurs d’ambiance sombres, de thriller psychologique et de manipulation vengeresse.

En lisant ce récit un parallèle s’impose presque naturellement ; on pense à Black Swan, l’excellent film de Darren Aronovsky. De jeunes gens ambitieux rivalisant entre eux dans un univers artistique très fermé, ici il ne s’agit pas de danse mais de musique classique, mais l’univers reste à peu prés le même. A l’instar de Black Swan dont l’histoire tourne autour du « Lac des cygnes », un autre grand classique semble être au centre de Conductor : Hamlet. Et enfin, autre parallèle, ce sont ces deux œuvres classiques qui perturbent dans les deux cas les protagonistes et qui vont hanter leur psyché.

Nous avons donc là la plus grande force de Conductor, il ne s’agit pas simplement d’un slasher mais bel et bien d’un thriller psychologique où les tréfonds de l’âme humaine vont être explorés…entre refoulement, culpabilité, schizophrénie, manipulation mentale on touche là à un large éventail de la psychologie qui va rendre ce titre encore plus passionnant.

La narration colle parfaitement à cette ambiance, un rythme faussement lent s’installe, on jongle d’un personnage à l’autre, pour faire des liens mais aussi pour brouiller les pistes jusqu’à une conclusion remarquable où tout sera enfin dévoilé.
Le trait fin est diablement efficace, de même que cette quasi absence de décor qui vient ici renforcer cette impression de vide, comme si les personnages n’avait plus rien à quoi se raccrocher…

Une série réellement captivante et séduisante. Ce format court convient parfaitement, quatre tomes permettent d’aller directement à l’essentiel sans partir dans des palabres inutiles !


erkael



Note de la rédaction
Note des lecteurs
18.5/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

18.00,17.00,17.00,17.00

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