Green Blood - Actualité manga

Green Blood

Critique de la série manga

Publiée le Lundi, 03 November 2014

 


Sortie en grande pompe à ses débuts, Green Blood a fait partie des séries hautement attendues, et Ki-oon avait tout fait pour que cela soit le cas.
Ainsi on retrouve Masasumi Kakizaki auteur des déjà très bons « Rainbow » et « Hideout », un auteur de talent, au style très reconnaissable qui a sa propre patte…et quelle patte ! Ici il change totalement de style et explore le grand Ouest à travers l'épopée vengeresse de deux frères prêts à tout pour retrouver leur père. Sergio Leone n'est pas très loin !
A la fin du 19e siècle, après la guerre de Sécession, les États-Unis n’ont rien du merveilleux pays que les immigrants espèrent trouver, en particulier les Irlandais qui sont mis au ban de la société.
Dans le quartier de « Five Points », les gangs règnent en maître, et le plus redouté d’entre eux, les Grave Diggers, est en train de perdre sa suprématie.
Alors que le jeune Luke tente de s’en sortir avec un travail honnête, son frère aîné, Brad, est connu sous le nom de « Grim Reaper », le plus craint et meurtrier des assassins du gang Grave Digger. Voulant préserver son jeune frère, Brad lui cache ses activités macabres… Mais il ne pourra en être ainsi indéfiniment, et c'est avec un but commun que les deux frères vont quitter les Five Points pour traverser les États Unis : traquer le plus grand criminel du pays, recherché dans tous les états : leur père.


 

Le titre s'ouvre sur un meurtre sordide afin de nous plonger directement dans l'ambiance sombre et macabre qui va nous attendre sur l'ensemble des cinq tomes qui composent cette courte série. Une ambiance que l'auteur affectionne et maîtrise particulièrement. Ainsi les choses sont claires dès le début, pas de surprises : le titre sera violent
La première partie de la série nous fait fortement penser à une référence évidente : Gangs of New York, chef-d’œuvre traitant du même sujet et également très violent. Masasumi Kakizaki reprend donc ici l'univers de Scorcese, on retrouve cette guerre des gangs sanglante, cette lutte de territoires, ces policiers corrompus fermant les yeux sur les agissements de criminels, mais comme dans le film la violence n’est pas gratuite, elle n’est pas contemplative, elle est froide, injuste et rageante, il s’en dégage un profond sentiment d’injustice, mais elle a un sens, elle symbolise la dureté de la vie à cette époque, elle est terrible à l’image de cette jeune fille à peine arrivée par bateau qui va se faire détrousser et violer avant d’être tuée, uniquement pour le plaisir de quelques hommes égoïstes, et ce dans l’indifférence générale.

  

Une scène dure, difficile à supporter, mais symbolique d’un lieu et d’une époque.
Dans un premier temps l’auteur nous expose son antithèse du rêve américain, celui-ci n’existe plus, il n’est plus qu’un fantasme perdu et oublié qui désormais se noie dans le sang et la boue. Et pourtant nos deux héros semblent se raccrocher à quelque chose, des vestiges de ce doux rêve, promettant une vie meilleure. L’un veut rester fidèle à ses principes et veut atteindre son rêve honnêtement, l’autre passe par des moyens plus rapides et plus radicaux, quitte à vendre son âme…mais il peut bien sacrifier son âme pour sauver son jeune frère.
Dans la seconde partie, une fois que les frères quittent le quartier, mais également la ville et commencent leur périple à travers les États Unis, le ton change quelque peu. C'est toujours aussi violent et cruel, mais cette fois on change de registre, nous ne sommes plus en pleine guerre des gangs, mais on retrouve tous les poncifs du genre, les clichés du western : le riche industriel qui veut exproprier une famille pour faire passer les rails du chemin de fer, l'armée et ses forts, la lutte de territoire mettant en scène des Indiens… C'est bien simple on a l'impression que l'auteur a fait un mix de tous les westerns qu'il a pu voir pour mélanger le tout...mais de manière un peu maladroite. Il va même jusqu'à copier/coller certaines scènes à l'image de celle de « Le bon, la brute ou le truand » où Tuco se fait arrêter pour recevoir la prime et alors qu'il est pendu « blondin » tire sur la corde pour qu'il soit libéré. Le contexte est différent, mais la scène est identique.

     

Ainsi on a le sentiment que l'ensemble des cinq tomes ont été construits en digérant et recrachant, parfois tels quels, des épisodes des meilleurs westerns du genre.
On retrouve donc beaucoup de clichés traités de manière parfois maladroite et attendue, et par conséquent, bien qu'on soit davantage pris dans l'intrigue, la seconde partie se trouve moins efficace que la première.
La série est courte, ainsi les choses ne s'éternisent pas, l'auteur allant directement à l'essentiel, mais la contrepartie étant que certains événements sont traités un peu rapidement, et en particulier le final qui ne tient pas toutes ses promesses.
Les personnages possèdent pour la plupart une classe folle, Brad en tête avec son gunblade (merci Final Fantasy , se trouve être un personnage riche et complexe, tiraillé entre le bien et le mal, un personnage anti manichéen donc forcément intéressant. Pour autant il n’est pas particulièrement original, on a déjà vu ce genre de personnages cent fois. Son frère Luke apparaît à première vue moins intéressant, mais c'est son évolution qui sera la plus marquante au gré des événements tragiques qu'ils vont traverser.

 



La narration de l’auteur est intelligente, maîtrisée, tout comme son trait reconnaissable aisément. Graphiquement l’auteur est sans conteste très talentueux, non seulement les personnages sont très réussis, malgré un certain cliché de « sales gueules », mais en ce qui concerne les arrières plans, c’est tout simplement bluffant.
On retrouve ses traits de lumière venant percer l’obscurité, comme pour symboliser un fort moment de tension, mais ce procédé demeure très particulier et on peut se poser la question de son utilité et de son intérêt. On aime ou pas (en ce qui me concerne, je n’aime pas).



Une série prenante, particulièrement dynamique avec laquelle on ne s’ennuiera nullement. Les mangas sur le genre étant rare, c'est en soi une raison suffisante pour s'attarder sur Green Blood. Et bien que le titre ne tienne pas toutes ses promesses et tombe dans des clichés, il reste prenant !
Vous ne regretterez pas votre lecture.


Chroniqueur: Erkael


Note de la rédaction
Note des lecteurs
17.6/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

16.00,16.00,15.00,15.00,13.00

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