GTO - Great Teacher Onizuka - Actualité manga

GTO - Great Teacher Onizuka

Critique de la série manga

Publiée le Jeudi, 18 Febuary 2016

GTO, c'est en quelque sorte la référence de la série humoristique (hors manga harem tels que Love Hina ou I''s). Ce statut de classique, GTO le mérite-t-il vraiment ? L'on serait tenté de dire que mises à part des faiblesses certaines, Tôru Fujisawa nous décroche bien souvent des sourires et sait y faire.

Sur plus de 25 tomes, on suit donc les aventures d'Eikichi Onizuka, ancien zoku (racaille japonaise) que l'on a pu suivre dans Shonan jun'ai gumi (publié chez Pika sous l'appellation Young GTO). Onizuka peine à trouver un emploi. Diplômé de la plus mauvaise université du Japon (en trichant), obsédé, il a pourtant décidé de devenir le plus grand enseignant du Japon. Les raisons originelles relevaient davantage de la possibilité de côtoyer les lolitas plutôt que faire face aux problèmes d'éducation. Après quelques tomes où le Great Teacher trouve enfin sa place dans un établissement, on fera la connaissance des élèves de la 3ème-4, des collègues enseignants, de la hiérarchie. Des personnages hauts en couleur qui n'en finiront plus de poser problème au Great Teacher, hormis l'adorable professeur Azusa Fuyutsuki et la directrice Sakurai, qui très tôt placeront toute leur confiance en Onizuka, voyant en lui une nouvelle façon d'enseigner. Mais entre un sous-directeur qui prendra en grippe le Great Teacher et des élèves retors, les situations comiques ne manquent pas. Plus encore, c'est un secret partagé par les élèves de la 3ème-4 qui semble leur avoir fait perdre toute confiance dans le corps professoral qui posera problème au GTO jusqu'à la toute fin de série. Le GTO se voit donc investi d'une mission : regagner la confiance d'adolescents rebelles, violents et mesquins, surtout entre eux.

La variété apparente des situations au début laisse place à un schéma repris pendant toute la série : un nouvel élève ou collègue retors = un nouveau défi pour Onizuka = tout se finit généralement bien, Onizuka obtenant la confiance de tout le monde. GTO joue de même sur des gags redondants, plus ou moins efficaces selon les moments de la série (et sans doute l'humeur des lecteurs). La répétitivité pourra susciter un élan jubilatoire ou un ennui fort dommageable, c'est selon... Attention donc à cet aspect. Après un début dynamique et un arc original en milieu de série, on remarque de toute façon un coup de mou arrivé à la quinzaine de volumes, le final étant heureusement assez excellent !

Souvent vulgaire, suggestif quant à certaines situations mettant en scène des demoiselles, GTO n'en demeure pas moins hilarant et plaisant. Même si le ton est souvent léger, l'auteur a su distiller dans son manga des thèmes forts : l'anticonformisme, le rejet de la morale, la dénonciation de la mesquinerie, la dénonciation de la perte de la foi dans le changement, une critique plus ou moins ouverte de la société japonaise. Mais rejet de la morale ne signifie pas, loin de là, remise en cause des valeurs. La loyauté, l'amitié, la confiance et le sens des responsabilités seront ainsi fréquemment exposés.

Graphiquement, on pourra reprocher à l'auteur un côté brouillon (auquel beaucoup affirment s'être habitués après quelques tomes, d'autres ne voyant aucun inconvénient). C'est surtout le design des visages qui pourra s'avérer lui aussi répétitif sur le long terme ou encore le fait que l'auteur ait du mal à faire passer des émotions à travers ses personnages, reprenant souvent les mêmes expressions. Les décors sont néanmoins riches et fouillés, les demoiselles souvent charmantes et les personnages demeurent attachants. Soulignons que le point fort de Fujisawa est son trait dynamique : les sensations de vitesse et les scènes d'action, particulièrement nombreuses, sont fluides et efficaces.

Côté édition, Pika livre un travail intéressant. Si l'éditeur n'est pas irréprochable quant à la qualité du papier et l'adaptation graphique (notamment à cause des fameuses petites sphères rondes en lieu et place d'un encrage contrasté), il propose une excellente traduction avec des partis-pris bénéfiques : on pensera notamment au professeur d'anglais, le traducteur ayant opté pour un franglais génialissime, ou encore la manière générale de s'exprimer des personnages, qui paraît naturelle, sans s'adapter aux tendances. Bravo donc pour la traduction, qui n'était pas évidente. Qui plus est, un bonus particulièrement sympathique figure dans chacun des 25 tomes : un lexique expliquant les termes présents dans le manga. Cela va des quartiers de Tokyo à des références culturelles : cuisine, faune et flore, télévision, stars locales, jeux vidéo... Nécessaire et très agréable, on aimerait voir ce genre d'initiatives plus souvent. Pika soigne donc GTO et il est apparaît clair que le manga fait partie des classiques de leur catalogue.

On conseillera donc GTO aux amateurs de shônen, qui apprécieront la bonne dose d'action, quelques passages de tranches de vie étonnants, les références culturelles, mais aussi le traitement du malaise de la jeunesse japonaise sur le ton de l'humour délirant. Le statut de classique acquispar GTO n'est donc pas usurpé !




Chroniqueur: RogueAerith


Note de la rédaction
Note des lecteurs
17.24/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

15.00,16.00,15.00,14.00,14.00,14.00,14.00,16.00,15.00,15.00,16.00,15.00,13.00,14.00,12.00,15.00,14.00,14.00,13.00,14.00,13.00,12.00,16.00,16.00,16.00,15.50,16.50,16.00,16.00,13.50,15.00,16.00,15.00,14.50,14.50,13.00

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