Report
Reader Rating: 19.50 /20
Un Ami qui vous veut du bien...?
Fort du succès de son thriller, Monster, Urasawa entame un peu avant la fin de celui-ci, une nouvelle série des plus passionnantes.
Imaginez que le meurtre d'un de vos ami d'enfance vous conduise à devoir vous souvenir de toutes les bêtises de votre jeunesse. Qui étaient vos amis quand vous aviez dix ans? Que sont-ils devenus? Pourquoi aviez-vous une «base secrète»? Où se trouvait-elle? Vous rappelez vous de vos jeux imitant les bandes-dessinées de votre enfance? Quel est ce symbole? Pourquoi aviez-vous écrit un «cahier de prédictions»? Que contenait-il? Dépêchez-vous de vous souvenir car l'avenir du monde est en jeu!!
20th Century Boys (20世紀少年, nijuu seiki shōnen) compte 22 tomes dont la prépublication a commencée fin 1999 dans le Weekly big Comic Spirits, magazine seinen de l'éditeur japonais Shogakukan et s'est achevée en avril 2006. Le titre est disponible en France aux éditions Panini.
L'auteur
Naoki URASAWA (直樹 浦沢 ) est né le 2 janvier 1960 à Fuchû, ville de l'agglomération de Tokyo. En même temps que ses études d'économies, il se passionne pour la musique (il joue de la guitare) et pour le dessin. En juillet 1982, il reçoit le prix du meilleur jeune mangaka décerné par les éditions Shogakukan. Sa carrière professionnelle débute réellement avec le one-shot Beta en 1983 puis se poursuivra avec des séries toutes plus originales les unes que les autres, toujours des seinen, sur fond de sport ou s'inspirant de faits réels.

Naoki Urasawa et Joe Yabuki : Il y a comme une ressemblance...
Une interview de Naoki Urasawa diffusée sur France 5 est à voir dans la partie video du dossier.
Bibliographie
- 1983 : Beta, courte histoire de science-fiction.
- 1985 : Pineapple army, histoire en huit volumes scénarisée par Kazuya KUDO, racontant les péripéties d'un instructeur militaire apprenant à qui le désire à se défendre. En France, un seul tome fut publié par Glénat et la série s'arrêta pour d'obscures raisons.
- 1987 : Yawara!, série sur le judo qui compte 29 volumes, et qui raconte l'histoire de Yawara Inokuma, petite-fille d'un ancien champion olympique, surentraînée par son grand-père et qui essaie tant bien que mal de faire cohabiter sa vie sportive et sa vie normale. C'est ce titre qui permettra à Urasawa de se faire connaître du public.

- 1987 : Dancing Policeman, one-shot.
- 1988 : NASA, one-shot.
- 1988 : Master Keaton, en 18 volumes, où un professeur en archéologie et enquêteur pour une compagnie d'assurance, vétéran des S.A.S. mi-anglais mi-japonais, se retrouve confronté à différentes affaires qui vont mettre en jeu toute son ingéniosité, l'homme se débrouillant avec le moindre objet qui traîne pour se sortir des situations délicates. Le scénario de cette série est signé Hokusei KATSUSHIKA.

- 1994 : Happy!, série sportive en 23 tomes sur le tennis, où une jeune fille se lance dans le tennis professionnel afin de rembourser la dette de son frère.
- 1994 : Jigoro! one-shot dédié au charismatique grand-père de Yawara.
- 1995 : Monster (publiée en France par Kana), thriller policier se déroulant en Allemagne, série achevée en 18 volumes.

- 1999 : 20th Century Boys, (publiée en France par Panini) un thriller de science-fiction en 22 tomes, suivie en 2006 de 21st Century Boys en deux tomes.
- 2000 : Urasawa, recueil de nouvelles.
- 2004 : Pluto, série mêlant science-fiction et thriller policier, basée sur l'épisode 8 de la série Tetsuwan Atom (Astro Boy) d'Osamu Tezuka, série hommage au maître toujours en cours au Japon.

Récompenses
Niveau récompenses, le monsieur peut être fier d'avoir un beau palmarès. Admirez :
- 1982 : Prix du meilleur jeune mangaka.
- 1986 : Prix Shogakukan du meilleur manga pour Yawara!
- 1997 : Prix Shogakukan du meilleur manga pour Monster.
- 1999 : Grand prix culturel Osamu Tezuka pour Monster.
- 2001 : Prix Kodansha du meilleur manga pour 20th Century Boys.
- 2003 : Prix Shogakugan du meilleur manga pour 20th Century Boys.
- 2003 : Prix de la meilleure série au festival d'Angoulême pour Monster.
- 2004 : Prix de la meilleure série au festival d'Angoulême pour 20th Century Boys.
- 2005 : Grand prix culturel Osamu Tezuka pour Pluto.
Personnages
La série compte des dizaines de personnages qui auront tous un rôle important à jouer à un moment de l'histoire, qu'il s'agisse de personnages secondaires ou non. Voici quelques-uns des héros de premier plan :

Kenji Endo : Au début de notre histoire, en 1997, c'est le jeune patron d'un convini (et le personnage principal). Sa soeur lui confie avant de disparaître son enfant, Kanna. En 1969, il était le chef d'une petite troupe d'enfants parmi lesquels on compte Maruo, Otcho, Yoshitsune, Croa-Croa, Yukiji... Son tempérament téméraire et imaginatif l'a conduit a créer un «cahier de prédictions» qu'il a rempli avec ses amis d'histoires mêlant robot géant et virus mortel. Après la mort d'un de ses amis d'enfance, il est le premier à découvrir le lien entre le Parti de l'Amitié et les jeux de sa jeunesse.

Kanna : C'est la nièce de Kenji, qui l'élève depuis tout bébé. Nombreux sont les mystères qui entourent la disparition de ses parents. Après la mort de son oncle, c'est elle qui devient le personnage central du récit. Âgée d'à peine 17 ans, elle est la première opposante au Parti de l'Amitié, gardant toujours en tête les messages et chansons que son oncle lui a laissé. Elle n'hésiteras pas à mettre sa vie en jeu et à se lier avec les Yakuzas.

Shogun : Enfant, on l'appelait encore «Otcho les gros yeux». Aussi tête brûlée que Kenji, il est à l'origine du symbole qui sera réutilisé par le Parti de l'Amitié. Adulte, après la perte de sa famille, il disparaît dans le sud-est asiatique et devient une sorte de héros surnommé «Shogun». Il sera retrouvé par Kenji à l'aube de la catastrophe prévue par Ami et son groupe pour le 31 décembre 2000...

Yoshitsune : D'une constitution plutôt faible, il n'était pas aussi téméraire que ses amis quand il était enfant, mais ça ne l'a pas empêché de les suivre partout. Il a participé à la création de la «base secrète». Adulte, il est devenu un salaryman tout ce qu'il y a de plus banal. Pourtant, après le bain de sang de l'an 2000, prenant son courage à deux main, il finit par devenir le chef d'un groupuscule de la résistance.

Maruo : Gros, maladroit, on ne le croirait pas mais Maruo sera toujours là pour lutter contre Ami. Devenu adulte, il est commerçant, il tient une boutique de bijoux fantaisie. Il est celui avec lequel Kenji a gardé le plus de relations depuis l'enfance. Après avoir été contacté par Kenji, il n'hésite pas à laisser femme et enfant derrière lui pour le rejoindre. C'est un ami fidèle sur lequel la bande a toujours pu compté.

Yukiji : La seule femme du groupe. Petite fille bagarreuse, elle pouvait se mesurer aux deux jumeaux qui terrorisaient la bande. A cette époque tout le monde est amoureux d'elle, mais Yukiji n'a d'yeux que pour Kenji. Devenu adulte, elle retrouve la bande alors que la menace d'Ami se fait plus présente. Après la catastrophe, elle s'occupera de Kanna comme une mère. Femme forte, elle assumera ses actes et ses sentiments jusqu'au bout.

Ami : Leader charismatique et mystérieux d'une secte populaire : le Parti de l'Amitié. Il prétend avoir des pouvoirs psychiques. Il a côtoyé Kenji et sa bande dans son enfance et, pour d'étranges raisons, il a décidé de réaliser tous les écrits que contient le fameux «cahier de prédictions». Le visage toujours dissimulé derrière un masque, son identité reste inconnue. Seuls les souvenirs de Kenji et ses amis pourront nous révéler qui il est.
Un thriller temporel
Un thriller implique forcément une dose de mystère, une énigme à résoudre, et une bonne dose de suspens. Tout commence à Tokyo en 1997, dans la vie d'un trentenaire un peu paumé qui a laissé ses rêves de jeunesse s'échapper. Une vie banale, loin de la grande aventure, jusqu'à ce que son enfance le rappelle... Graphiquement, on retrouve le trait réaliste de l'auteur, détaillé mais restant toujours clair et agréable. Chaque personnage a un visage propre que l'on reconnaît facilement à travers le temps, enfant, adulte et vieillard.
Car l'histoire nous fait traverser les époques : 1969, 1997, 2000, 2014, 2017... L'auteur met en place son histoire en faisant appel à la technique des flashbacks, qu'il maîtrise parfaitement, on y verra la jeunesse des protagonistes et les répercussions sur «leur présent», notre futur. On découvre chacun des personnages dans son enfance, imaginant un futur où ils seraient des héros, on vit avec eux leurs peines et leurs frayeurs, tout en suivant les adultes qu'ils sont devenus. Puis plus tard, on les retrouvera plus âgés et on découvrira si après avoir tourné le dos à leurs rêves d'enfant, ils ont aussi trahi leur volonté d'adulte. Comme toujours avec Urasawa, les personnages secondaires sont très travaillés, même s'ils ne sont destinés qu'à occuper quelques chapitres, et auront leur « quart d'heure de gloire » en faisant progresser l'histoire.

Yoshitsune à travers les âges...
Au fil des tomes, l'intrigue multiplie les mystères et certains lecteurs inattentifs pourront se sentir perdus, une relecture n'est alors pas dénuée d'intérêt, et permet de remarquer certains détails passés inaperçus la première fois. Ce qui montre bien que l'histoire était déjà très travaillée à la base. Mais l'intrigue n'est pas aussi tordue que l'on pourrait croire, il est d'ailleurs très facile de découvrir qui est «Ami» dans la première partie de l'histoire, avant que Kanna n'arrive sur le devant de la scène. Même si l'auteur distille des faits qui conduisent à en douter, justement pour tromper les lecteurs les plus perspicaces. Si passé la quinzaine de volume, certains événements se révèlent « un peu gros » voire décevants, si on a parfois l'impression que l'auteur ne sait plus où il va, il fini toujours par retomber sur ses pattes.
Comment parler d'un titre aussi dense que celui-ci en évitant de dévoiler certains passages clés de l'histoire? Tâche difficile, j'ai donc choisi de rester très vague sur l'intrigue et d'accentuer mon point de vue sur l'environnement de l'oeuvre. Cependant certaines révélations subsistent. Vous continuez? Alors à vos risques et périls!
La vérité sort de la bouche des enfants!

Naissance du monstre
On retrouve dans la série un thème déjà abordé dans Monster, celui de l'enfant qui n'a rien d'innocent. Dès le plus jeune âge, le personnage d'Ami se révèle fascinant. Collectionneur de manga invétéré, ayant déjà une bibliothèque impressionnante à dix ans (qu'aucun lecteur n'oubliera), il semble avoir tout appris des méthodes des « méchants » de ses lectures. Ainsi, les manipulations des personnes et des faits seront encore à l'ordre du jour, mais poussées à leur paroxysme, à l'échelle mondiale, voire «interplanétaire»!
Ami sait depuis son enfance s'entourer et mener ses pions dans son sens. Il joue avec les croyances de ses proches et de ses connaissances, jusqu'à créer une secte! Tout cela pour réaliser « son rêve d'enfant ». Vous savez, ce fameux « rêve » dont on vous parle dans les mangas, surtout les shônens sportifs, sauf que là il s'agit du rêve d'un psychopathe! Et de quoi peut bien rêver un enfant solitaire et manquant d'affection sinon d'amis et de reconnaissance? Tous les regards se tourneront un jour vers lui. Mais Ami est avant tout le moteur du récit, l'élément imprévisible qu'Urasawa à son tour manipule à sa guise pour tromper le lecteur, l'étonner, l'effrayer.
De la secte à la religion
Dans le milieu du comics on dit que les héros les plus charismatiques sont ceux auxquels sont opposés les vilains les plus réussis. Ami fait parti de cette espèce d'être maléfique à l'ambition démesurée, qui seul vient faire contrepoids face à Kenji et sa bande. Là où Monster abordait le thème du Nazisme, 20th Century Boys nous parle de secte millénariste (le «Parti de l'Amitié») et d'armes biologiques. Référence, sans aucun doute, à la secte Aum responsable de l'attentat meurtrier au gaz sarin dans le métro japonais.
Le 20 mars 1995, des hommes libèrent du gaz sarin dans le métro tokyoïte. Résultat : 12 morts et 5500 blessés. Ces hommes faisaient partie de la secte Aum Shinrikyo (Vérité suprême de Aum), secte terroriste dont le but principal est l'accession au pouvoir. Mais le groupe n'en est alors pas à son coup d'essai, il s'est essayé par le passé au bioterrorisme en manipulant toxine botulique et anthrax ou en tentant de se procurer le virus Ebola. Autant de points communs avec ceux du « Parti de l'Amitié » qui utiliseront aussi l'arme biologique en développant eux-même un virus. Un virus qui provoque des troubles hémorragiques importants, ce qui n'est pas sans rappeler l'Ebola.
Mais l'auteur ne s'arrête pas là. Sans prétendre à une démonstration de théologie, il montrera à sa manière comment un petit groupuscule d'hommes, unis autour d'une même croyance, pourra parvenir à contrôler une partie de la planète. Contrôle qui s'exercera encore par la manipulation mentale via les croyances et les peurs de l'Homme. Ami suit donc le cheminement de Jésus.
Tendant la main à son prochain en prônant l'amitié, vous savez cette amitié dont on vous parle tout le temps dans les shônen « les amis c'est bien », « l'amitié, y a que ça de vrai! ». Mais là encore, on est face à la vision déformée d'un esprit malade : Ami est Le seul dont vous ayez besoin. Puis mourir et ressusciter, rien de bien difficile pour Ami. Surtout quand on passe à la télé! Encore une fois Ami copie, mais ça fonctionne, le tout reste crédible pour le lecteur.
L'Humanité entière fait alors confiance à Ami, le bien fondé du « Parti de l'Amitié » est établi, aucune raison de douter puisque « voir c'est croire »... Il devra alors unir toute une planète sous son joug et quoi de mieux que la lutte contre la différence et l'envahisseur? Pour une planète, il s'agit bien évidemment...d'extra-terrestres!
Nostalgie sous influence
Mais la série est aussi une critique nostalgique des années 60-70 : celles de la jeunesse de l'auteur, né en 1960, il a alors quasiment le même âge que Kenji au moment où Neil Armstrong pose le pied sur la lune. Dans une interview, Urasawa confiera qu'il s'est inspiré des jeux de son enfance pour décrire le quotidien de Kenji et de ses amis. Rien d'étonnant à ce que l'on trouve dans la série de multiples références au Tokyo de cette période, qui n'est alors pas la forteresse de béton d'aujourd'hui : la ville ressemble plus à un petit village avec de nombreuses bâtisses en bois, dont la petite boutique « des vieux », comme la surnomme nos héros, où ils se réunissent pour partager quelques glaces.
De même, de nombreux clins d'oeil à la production manga de cette époque sont présents : références aux mangas sur le catch, très prolixe à l'époque, ancêtres des shônen «baston» d'aujourd'hui (mais aussi à Great Inoki, célèbre catcheur japonais), aux séries sur les robots géants «à la Goldorak» (comprenez loin du design aérodynamique des créations actuelles), à Ashita no Joe. Outre les détails les plus évidents, l'auteur a dissimulé d'autres petits hommages dans ses dessins : un masque d'Astroboy, la tenue de Tetsuro de Galaxy Express 999...
A la lecture du titre, on se rend compte qu'Urasawa a beaucoup de nostalgie pour cette période et pour ce moment de sa vie où il a, sans doute, découvert le manga et en particulier les oeuvres de Tezuka. La présence de mangakas dans la série ne fait que confirmer ce fait : le duo d'auteurs signant sous un unique nom de plume fait référence à Fujiko F. Fujio, duo d'auteurs dont l'oeuvre la plus célèbre reste Doraemon, mais également à Tezuka, de par leur tenue vestimentaire (le béret basque que seul Tezuka portait!). Tezuka restant encore aujourd'hui l'idole d'Urasawa, et une grande source d'inspiration notamment avec Monster ou sa nouvelle série Pluto, qu'il place directement dans l'univers futuriste de Tetsuwan Atom (Astroboy ou Astro le petit robot), oeuvre phare de Tezuka et favorite d'Urasawa.
La série reste une critique de la bande-dessinée japonaise plus ou moins dissimulée. Derrière un thriller efficace, Urasawa utilise les grosses ficelles du manga : une base ultra manichéenne de lutte entre le bien et le mal, avec un anti-héros fade mais sympathique et un vilain charismatique, des robots géants, des extra-terrestres, une organisation maléfique, le retour improbable du héros mais pourtant attendu, le sort de la planète entière en jeu... Que se passerait-il si les histoires des mangas des années 60-70 venaient à se réaliser dans le monde « réel » avec tout le sérieux que cela implique? C'est ça 20th Century Boys! Et je ne parle même pas du logo imaginé par Otcho à partir des mangas hebdomadaires et qui sera élevé au rang de symbole religieux!
L'environnement de la série
Une série ancrée dans le réel...
De nombreux évènements historiques ponctuent la période des années 60 dans la série : le premier pas de l'homme sur la Lune en 1969, l'exposition universelle de 1970, la bétonisation des quartiers liée au développement de la ville de Tokyo, représenté dans la série par le « boom du Bowling ». Tout ces faits vont contribuer à donner plus de poids à la série en lui fournissant un contexte réel et réaliste.
L'exposition universelle d'Osaka de 1970, qui a vraiment eu lieu, est un passage important du manga. Première exposition de ce type à se dérouler en Asie, elle a marquée l'imaginaire de toute une génération de jeunes japonais. Son thème principal était « les progrès de l'Homme dans l'harmonie », qui sera l'occasion pour les divers pays y participant de présenter des visions futuristes de la vie et bien évidemment les années 2000. Ouverte entre le 15 mars et le 13 septembre 1970, elle réunira plus de 64 millions de visiteurs dont 97% de japonais.

La Tour du Soleil en 1970 et aujourd'hui
Cet événement restera symbolisé par l'imposante sculpture que l'on pouvait y voir : la Tour du Soleil. On peut encore la voir aujourd'hui à Osaka. Elle apparaît très souvent dans le manga, et Ami se l'appropriera en la transformant « à son image ». Cet ovni artistique est la réalisation de Tarô Okamoto, un célèbre artiste japonais à qui l'on doit également la phrase « l'Art est explosion » que certains lecteurs de shônen reconnaîtront. Mais si l'on en juge par la photographie suivante, il est aussi l'inspirateur du logo de la série.
Tarô Okamoto (Ca ne vous rappelle rien?)
Les bâtiments célèbres viennent aussi rajouter leur touche de réalisme. La «Luciole des Mers» bâtiment flottant dans le port de Tokyo, devenu une prison politique dans le «futur» de notre manga, est un centre commercial se trouvant réellement à Tokyo! Ou encore l'Assemblée Nationale japonaise qui deviendra le siège de l'omnipotent Parti de l'Amitié.
Mais «20th Century Boys» est avant tout une chanson de T-Rex, groupe de rock des années 60-70. Titre dont l'écoute à certains moments clés de la série (où il est évoqué), donne une dimension supplémentaire à l'histoire. D'ailleurs Kenji est aussi un rocker, présenté par l'auteur comme un samouraï des temps modernes ayant remplacé son sabre par une guitare, et dont l'arme est une chanson nostalgique, sa chanson, «Bob Lennon», hommage à John Lennon et Bob Dylan. Chanson enregistrée réellement pour la série et que l'on pouvait trouver dans la version collector du tome 11 japonais.
Une volonté d'être dans le «vrai».
Mais parasitée par la science-fiction!
La conquête de l'espace est un thème récurrent dans la série, Urasawa nous fera (re)vivre le premier pas de l'homme sur la Lune. Les couvertures originales japonaises font très souvent référence en arrière-plan aux engins spatiaux, à la Lune ou encore à la Science-Fiction telle qu'elle était dans la jeunesse de nos héros, dans la bande-dessinée ou au cinéma, avec des trucages aujourd'hui risibles. Pas étonnant donc que Kenji évoque dans le « cahier de prédictions » des soucoupes volantes et des ennemis aliens.
A cette époque, la jeunesse japonaise sait que pour lutter contre l'envahisseur extra-terrestre rien ne vaut un bon vieux robot géant. Il est donc normal que le Parti de l'Amitié s'échine à vouloir en créer un. Mais la réalité les rattrapera vite, les mangakas des seventies avaient oublié la gravité.
Difficile de rendre réel, l'imaginaire d'un manga. La menace alien se faisant grandissante (c'est Ami qui l'a dit) heureusement la brigade de défense de la Terre a été crée. Une brigade qui dissimule en fait une milice politique qui fait régner l'ordre sous la dictature de l'Amitié.
Pour Ami, le 20 juillet 1969 reste le grand moment de solitude d'un homme, le troisième homme de l'expédition Apollo 11, Michael Collins, obligé de rester dans la capsule en orbite autour de la Lune.

Autour de 20th Century Boys
Goodies
On trouve moins de produits dérivés pour un seinen à succès que pour un shonen, mais ceux sur 20th century boys ont le mérite d'exister et d'être assez originaux pour certains. Outre les classiques cartes téléphoniques et calendriers, on a droit à différents T-Shirts reproduisant ceux du Parti de l'Amitié, de la brigade de défense de la Terre ou encore de l'exposition universelle de... 2015!
Une carte téléphonique
Également les masques présents dans la série : 
Jouez à Ami chez vous!
Mais la palme revient sans doute aux éditions spéciales japonaises de certains tomes. Les japonais ont en effet bénéficié de plus de cadeaux que les lecteurs français :

- le tome 11 contenait la « cassette » de la chanson de Kenji, « Bob Lennon ».
Il s'agissait en fait d'une pochette contenant un CD nommé « Kenji Lost Tape » ainsi qu'une feuille reprenant les paroles de la chansons de manière manuscrite. Encore une volonté de réalisme.
Bob Lennon : http://www.youtube.com/watch?v=n6fMWguYVME&feature=related
- le tome 19 contenait également un CD, celui de la chanson de T-Rex qui donne son nom à la série et dont l'écoute s'avère un plus non négligeable à la fin de ce même tome.
20th century boys de T-Rex : http://www.youtube.com/watch?v=n3RVxtgyhHM&feature=related

Un Ami au cinéma
Une série de films «live» sur le manga est en préparation au Japon. Il s'agira d'une trilogie dont le premier film est prévu pour le 30 août 2008 au Japon et le second pour 2009. De quoi avoir une adaptation plutôt fidèle vu la densité d'évènements à raconter. C'est Yukihiko Tsutsumi qui se chargera de la réalisation. Il a notamment travaillé sur l'adaptation en séries télévisées live de «Blackjack» ou des «enquêtes de Kindaichi».

Yukihiko Tsutsumi
Le casting est ambitieux puisqu'on retrouvera dans les rôles principaux des acteurs très célèbres au Japon : Toshiaki Karasawa, que l'on a pu apercevoir dans Casshern, jouera le rôle de Kenji, Etsushi Toyokawa sera Maruo et Takako Tokiwa jouera Yukiji. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'un effort tout particulier a été fourni pour que le physique des acteurs soit très proche du dessin d'Urasawa. Il ne reste plus qu'à espérer que tout ce petit monde soit à la hauteur du manga!

Le teaser du film : http://www.youtube.com/watch?v=kjVdMgbz5ak&feature=related
Bienvenue dans le 21e siècle !
La prépublication de la série s'interrompit au Japon en avril 2006 pour des raisons qui restent obscures : problèmes avec l'éditeur ? On parle aussi de problèmes de santé (source : [NHK] Professional Shigoto no Ryuugi #38 43 mn - 22 janv. 2007) Naoki Urasawa s'en tire avec une petite pirouette en renommant la série en 21st Century Boys pour le dernier arc, qui ne compte que 2 tomes et qui vient achever un titre ambitieux.
Avec cette série, Urasawa reste le maître incontesté du suspense et de l'histoire à tiroirs. 20th Century Boys est d'ores et déjà un classique indispensable à toute mangathèque digne de ce nom.
Les liens de l'amitié :
Deux sites français sur le manga :
- la base secrète : http://20th.centuryboys.free.fr/index.php (Merci à Drucci pour ses photos de goodies)
- la bande à Kenji : http://labandeakenji.free.fr/
- Le site officiel du projet cinématographique : http://www.20thboys.com/
© 2000-2007 Naoki Urasawa / Shogakukan Inc. All rights reserved
Dossier réalisé par Blacksheep (Mise en ligne le 12/06/2008)
Enigma
D'où vient cette réplique ?
"La moindre erreur peut me coûter ta vie"
[ Voir la réponse ]















Suivre les commentaires du dossier > Conditions d'utilisation