Hayao Miyazaki - Actualité manga
Dossier manga - Hayao Miyazaki

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Sommaire

Publié le Vendredi, 08 May 2009


Un auteur, des œuvres

          
        
                                    
    
   
Hayao Miyazaki (宮崎 駿) est le désormais célèbre réalisateur d’anime ainsi que le co-fondateur du studio d’animation Ghibli. Jusqu’en 1999, lorsque Princesse Monoké sort sur les écrans mondiaux, Miyazaki est pour ainsi dire un inconnu en dehors du Japon et des amateurs de culture nippone. Aujourd’hui, ses œuvres connaissent un franc succès, tant chez les connaisseurs que les néophytes. Souvent comparé à Disney et Osamu Tezuka pour ses productions qui restent accessibles à tous, Miyazaki reste cependant très modeste vis-à-vis de sa renommée, qu’il n’hésite pas à mettre sur le compte de la chance qu’il a eu de pouvoir profiter des opportunités qui ont développées sa créativité. Il n’en est pas moins évident que cet artiste reste un grand nom dans l’histoire de l’animation, et que ses films marqueront encore les esprits pour longtemps.
       
     
      
Hayao Miyazaki à la loupe
Miyazaki est né à Tokyo, un 5 janvier 1941, ce qui va l’entraîner au cœur même de la seconde Guerre Mondiale, qui va fortement marquer son enfance et finalement son œuvre. Dans le même temps, son père dirige une entreprise aéronautique familiale, produisant les gouvernes d’avions de chasse « Zero », dont l’efficacité a été démontrée durant la guerre. Fasciné par ces engins volants, Hayao est imprégné à jamais des images stupéfiantes que les avions peuvent offrir. C’est donc lors de cette enfance mouvementée que toutes les bases de son travail se sont formées. Ses proches ont également une place privilégiée dans ses futures créations. Dans Mon voisin Totoro, par exemple, on retrouve l’image de sa mère, gravement malade de longues années durant, rappelant sans aucun doute celle de Mei et Satsuki. En 1944, rester au même endroit devient dangereux, et la famille Miyazaki sera par trois fois déplacée en un an. Hayao connaîtra trois écoles différentes entre 1947 et 1952 : d’abord à l’école primaire d’ Utsunomiya, puis il fut scolarisée à Omiya et enfin, sa famille étant de retour dans la capitale, à l’école Eifuku. Pour le collège, il reviendra à Omiya puis finira ses études au lycée public Toyotama. C’est à l’occasion de ses années lycéennes que Miyazaki se passionne pour l’animation, après avoir découvert le premier long métrage couleur diffusé au Japon par le studio Toei, Le Serpent blanc (Hakuja den, de Yabushita Taiji), inspiré d’un conte chinois. Il débute alors dans l’univers artistique, en commençant par dessiner des avions et autres machines volantes, se sentant incapable d’esquisser des personnages. Mais cette passion naissante est fortement inspirée de Tezuka, et la prise de conscience est douloureuse : Hayao brûle l’intégralité de ses dessins, pour se consacrer à ses études d’économie à Gakushuin, où il rédige une thèse sur l’industrie japonaise et rejoint un club de recherche sur la littérature enfantine.
Sa carrière artistique à proprement parler commence en avril 1963, où il trouve un travail d’intervalliste au studio d’animation Toei. C’est en proposant une autre fin, acceptée par le studio, au film Garibā no Uchū Ryokō (1965) que Miyazaki se fait remarquer au sein de l’entreprise, où il est rapidement mis au travail sur Les Fidèles Serviteurs canins (Wan wan chushingura) puis sur la première série télévisée de Toei, Ken, l'enfant-loup (Okami Shonen Ken). En 1964, le studio d’animation est parcouru par une grande vague de troubles opposants les syndicats et les dirigeants de la société. C’est Miyazaki qui prendra la tête des manifestants, et deviendra leur secrétaire en chef, avec Isao Takahata comme vice président. C’est également à cette époque que le maître rencontre Akemi Ota, qui deviendra sa femme en octobre 1966. L’année 65 sera sous le signe d’une collaboration fructueuse entre Miyazaki et Takahata, de laquelle naîtra Hassuru Panchi (Panchi, le bagarreur), puis le premier long métrage d’Hayao, Horus, prince du Soleil, après son impatience à quitter le domaine des séries télévisées. Cependant, le temps de la télévision est arrivé, et le film, chef d’œuvre artistique de l’époque, ne décollera pas, même après sa sortie, le 21 juillet 1968.
                    
En parallèle, Miyazaki travaillera sur diverses séries, comme Sally, la petite sorcière (Mahotsukai Sally), Mystérieuse Akko-chan (Himitsu no Akko-chan), et travaille en tant qu’animateur principal du Chat botté (Nagagutsu o haita neko) et du long métrage Le Vaisseau fantôme volant (Sora tobu yūreisen) en 1969. Enfin, il se lance dans le manga sous le pseudonyme d’Akitsu Saburo avec Le peuple du désert (Sabaku no Tami), paru de septembre 69 à mars 70 dans Shonen Shojo Shinbun. En 1971, une fois les animations respectives de L’île au trésor des animaux (Dobutsu Takarajima) et d' Ali Baba et les 40 voleurs (Ali Baba to 40 no Tozoko) terminées, Hayao Miyazaki démissionne de Toei, jugeant que la politique de l’entreprise ne lui convenait pas. Il rejoint alors Isao Takahata et Yōichi Kotabe aux studios A-Pro. Il s’investira beaucoup dans son travail, et accompagnera Yutaka Fujiota, le président de Tokyo Movie, en Suède pour décrocher les droits de Fifi Brindacier (Nagakutsushita no Pippi). Cependant, cette entreprise échoue, mais permettra à Miyazaki de faire son premier voyage à l’étranger, et de récolter des idées dans les paysages de Scandinavie, qu’il réutilisera notamment pour Kiki la petite sorcière. Il réalisera également, en collaboration avec ses coéquipiers du studio, plusieurs épisodes de la série Lupin III (Rupan sansei) et le court-métrage Panda et Petit panda (Panda Kopanda), ce dernier rappelant d’ores et déjà le design jovial et bienheureux que Miyazaki donnera à Totoro.
En juin 1973, le trio Miyazaki, Takahata et Kotabe quitte A-Pro pour Zuiyo Pictures, une filiale de Nippon Animation. Pendant cinq ans, ils travaillent sur un projet consistant à adapter des romans occidentaux au Japon. On peut par exemple citer Heidi, la petite fille des Alpes (Arupusu no shōjo Haiji, 1964), film pour lequel Miyazaki travailla en tant que concepteur scénique et fit il fit un voyage en Suisse pour s’inspirer de l’ambiance nécessaire à la réalisation du film. C’est en 1978 que l’artiste obtiendra enfin l’opportunité d’accéder au statut de réalisateur chez Nippon Animation. De là découle une série de 26 épisodes intitulée Conan, le fils du futur (Mirai shōnen Conan). Celle-ci, basée sur un roman pour enfant (The Incredible Tide d’Alexander Key), aborde des thèmes précurseurs des grands succès de Miyazaki. On y retrouve notamment un monde post-apocalyptique, une situation écologique désastreuse ainsi que l’apparition des premières machines volantes crées par le maître. L’année suivante, il rejoint la Tōkyō Movie Shinsha et y sort son premier film en tant que réalisateur : Lupin III : Le Château de Cagliostro (Rupan sansei: Kariosutoro no shiro). Ce classique du genre marque donc un grand tournant dans la vie du maître de l’animation japonaise. C’est à peu près à la même période qu’il rencontre Toshio Suzuki, futur ami et chroniqueur de Miyazaki dans Animage. En 1980, il travaillera pour Telecom Animation, et joue le rôle d’instructeur vis-à-vis des nouveaux animateurs arrivés dans la société. C’est à cette période qu’il réalise les épisodes 145 et 155 de la série Lupin III, en utilisant Telecom comme pseudonyme.
      
        
         
       
De Nausicaä à Ponyo
C’est en 1982 que Miyazaki va réellement construire sa renommée. Avec le soutient de Suzuki, il décide de commencer Nausicaä de la vallée du vent (Kaze no tani no Naushika), mais les producteurs ne veulent s’appuyer que sur des mangas ou de la musique pour accepter un projet. Le duo d’amis ne se décourage pas, et c’est dans Animage que la version imprimée de Nausicaä est publiée, chef d’œuvre en terme de saga épique et écologique qui lui prendra douze ans. Le manga se révèle être un succès considérable, après son élection au titre de lecture favorite des lecteurs du magazine pour lequel travaille Suzuki. Miyazaki se lance également dans la publication du Voyage de Shuna (Shuna no tabi), manga se rapprochant fortement de Princesse Mononoké (Mononoke Hime). C’est l’année suivante que la décision d’adapter Nausicaä en film est lancée. Durant ce projet, Miyazaki va recruter des animateurs afin de faire avancer la production, en retard suite à l’exigence du maître, jusqu’à ce que le film sorte en 1984 sur les écrans japonais, remportant un franc succès, d’ailleurs considéré par beaucoup comme le premier véritable film de Miyazaki. C’est cette notoriété qui lui permettra de fonder en 1985 le studio Ghibli en compagnie d’Isao Takahata, son collègue et ami. « Ghibli » est un terme italien désignant un vent du désert. Un tel clin d’œil signifie pour Miyazaki une révolution dans le domaine de l’animation japonaise, à la manière d’un vent qui balayerait tout sur son passage, laissant le paysage fertile et modelable.
          
Cette réussite va pourtant amener son lot de mauvaises nouvelles, avec la mort de sa mère un an avant la sortie du film, à l’âge de 71 ans. Pourtant c’est sans doute aussi ce qui a plongé Miyazaki dans le travail, en tant que producteur de rares mais magnifiques longs métrages. Ghibli s’impose en 1986, à la sortie du premier projet de film de la compagnie: Laputa, le Château dans le Ciel (Tenku no shiro Rapyuta), pour lequel Miyazaki s’est rendu au pays de Galles. Rapidement, la sortie de Mon voisin Totoro (Tonari no Totoro – 1988) confirme la réputation du studio et de son fondateur, tant le film est devenu un emblème pour les japonais comme pour le studio, qui en a fait sa mascotte, et ce en dépit du premier refus du projet en 1986. C’est grâce à l’intervention de la maison d’édition du roman ayant inspiré Le tombeau des Lucioles, de Takahata, que les deux films verront le jour dans le même temps, multipliant le travail nécessaire à leur réalisation. Puis c’est en 1989 que Kiki la petite sorcière ( Majo no takkyūbin) sort au Japon, avant une baisse de régime de la part de Miyazaki, suivant la période de crise durant la production de Kiki, faisant pencher dangereusement le studio dans ses limites financières. Après trois années vides de productions majeures, Porco Rosso (Kurenai no buta) se démarque des habituelles sorties de Miyazaki, notamment par l’intermédiaire d’un héros adulte et incarnant lui-même le préjugé de l’apparence. De plus, il y a beaucoup plus de réalités dans ce film : géographie et politique des années 20 rappellent sans hésitation des faits réels. 1995 voit ensuite le studio produire un clip de quelques minutes, On Your Mark, pour la chanson du même nom du groupe de j-pop Chage and Aska. Ce clip sera de plus diffusé avec Si tu tends l'oreille (Mimi wo sumaseba - Yoshifumi Kondo), premier long métrage du studio qui ne sera réalisé par aucun des co-fondateurs.
        
Si Miyazaki est d’ores et déjà une légende au Japon et pour quelques initiés internationaux, c’est en 1996 que sa côte de popularité va exploser. En effet, c’est cette année que Disney et Ghibli passent un accord visant à distribuer tous les longs métrages du studio japonais dans le monde entier. Suivant les conseils judicieux de son ami Suzuki, le maître sort Princesse Mononoké (Mononoke Hime) en 1997, plus gros succès de tous les temps lors de cette sortie au Japon, qui se renouvelle lors de la sortie du film en vidéo, alors distribué dans de nombreux pays dont la France en 2000. C’est également une période de frayeur pour les fans de Miyazaki, puisque la rumeur, d’une retraite possible, amplifiée et sortie de son contexte, est diffusée après une conférence de presse : « Je crois que c’est le dernier film que je ferai de cette manière. » signifiait seulement que la fatigue éprouvée à force de tout vérifier sur la production du film l’a grandement affaibli. Il décide d’ailleurs de quitter le studio, annulant cette décision lors de la mort Yoshifumi Kondō, le 16 janvier 1999, qui laissa un vide, le contraignant à revenir en tant que shochō (approximativement « la tête du service »). Après une période de calme, l’idée du film Le Voyage de Chihiro (Sen to Chihiro no kamikakushi) lui vient, film qu’il réalisera jusqu’en 2001, l’annonçant encore une fois comme son dernier long métrage. Devant Princesse Mononoké, Chihiro bat tous les records du box-office japonais, lui assurant une reconnaissance internationale (dont le prix de l’Ours d’Or au festival de Berlin, et l’Oscar du meilleur film d’animation en 2002). En 2003, c’est Le Royaume des chats (Neko no Ongaeshi) que Miyazaki produit pour Hiroyuki Morita, et en fin d’année 2004, le Japon accueille un nouveau succès avec Le Château ambulant (Hauru no ugoku shiro), un film d’animation inspiré d’un roman de Diana Wynne Jones, Le Château de Hurle. En 2005, à Venise, il acceptera le Lion d’or pour célébrer l’ensemble de sa gigantesque carrière, où il déclare : « J’ai une envie intarissable [de continuer à faire des films]. Je veux créer des films qui inspirent les enfants. ». Il n’est alors plus question de retraite, et l’année 2008 le confirme avec la sortie nippone de Ponyo sur la falaise (Gake no ue no Ponyo), interprétation libre de la légende de La petite Sirène. Ce film sort lui aussi des sentiers battus de l’œuvre de Miyazaki, puisque les graphismes n’ont pas le même cachet que les précédents, l’auteur ayant ici usé du pastel. Le film est sorti en salles en juillet 2008 au Japon et sera projeté lors de la Mostra de Venise de 2008 pour le public européen. Sorti le 8 avril 2009 en France, Ponyo reste le dernier film de Miyazaki à l'heure actuelle, du moins en tant que réalisateur. On le retrouve en revanche comme scénariste sur les deux productions suivantes du studio Ghibli : Arrietty, le petit monde des chapardeurs (Karigurashi no Arrietty), de Hiromasa Yonebayashi, sorti en 2010, et La Colline au Coquelicots (Kokuirko Zaka-kara), film de 2011 basé sur le manga éponyme de Tetsuro Sayama et Chizuru Takahashi, réalisé par Gorô Miyazaki, et pour lequel son père s'est beaucoup impliqué. En effet, après avoir dénigré sa première réalisation  en 2006, Les Contes de Terremer (Gedo Senki), Hayao Miyazaki a suivi de près la production de ce dernier long métrage, en étant constamment sur le dos de son fils et en demandant de refaire plusieurs fois certains passages. 
  
Les premiers échos concernant les prochains projets d'Hayao Miyazaki parlent de l'adaptation de l'autobiographie de Jiro Horikoshi, un ingénieur japonais qui a conçu notamment différents avions de combat lors de la Seconde Guerre Mondiale. Par ce film qui se voudrait plus réaliste, le réalisateur voudrait réaffirmer ses positions pacifistes et anti-nucléaire, en faisant écho à la catastrophe de Fukushima du printemps 2011. Ce nouveau film devrait voir le jour en 2013. 

                     
           
              
                              

Des influences diversifiées

                  
Il faut savoir que Miyazaki a pu réaliser ce qu’il a réalisé grâce à tous les modèles qui ont pu l’impressionner, le toucher, l’influencer d’une manière ou d’une autre. En tête de liste se trouve Osamu Tezuka, qu’il a imité lors de ses tous débuts pour le dessin. Bien qu’il ait fortement critiqué le travail d’animation de Tezuka, le jeune homme qu’il était alors décide peu à peu de trouver sa propre voie. Sa passion pour l’animation est quant à elle née après le visionnage de Hakujaden (Le Serpent blanc - Taiji Yabusshita), vers ses 17 ans. Il déclare : « Mon âme était ébranlée. Ce film m'a notamment convaincu qu'au Japon aussi, il était possible d'exprimer beaucoup de choses par le biais de l'animation. Pour moi, la vision du Serpent blanc a été une expérience intense », et c’est de là que lui vient l’inébranlable conviction que l’animation ne se résume pas à Walt Disney, auquel on le comparera plus tard à son grand regret. A divers moments de sa carrière, Miyazaki découvre des œuvres qui le stimulent dans son travail. Entre autre, à ses débuts, il vit La Reine des neiges (Snejnaïa Koroleva - Lev Atamanov), qui le fit tout d’abord douter puis reprendre confiance en soi vis-à-vis de son travail, dont il comprit le rôle émouvant. La Bergère et le ramoneur (1952, réédité en 1979 sous le titre de Le Roi et l’oiseau - Paul Grimault), persuade Miyazaki que les films d’animation ne sont pas uniquement destinés aux enfants. C’est sans doute grâce à cela que l’on peut de nos jours savourer des œuvres aussi travaillées et profondes. Enfin, le souci du détail et d’une bonne animation des scènes lui vient de son admiration vis-à-vis du Canadien Frédéric Back (Crac!, l'Homme qui plantait des arbres), dont il envie la capacité à animer à la perfection jusqu’au mouvement des plantes.

Ayant longtemps travaillé avec Isao Takahata, il est normal que les deux artistes aient une vision du monde commune, d’autant plus que la décision de fonder le studio Ghibli vient de leur collaboration. Les thématiques semblent se répondre, notamment lorsque l’on voit le magnifique Le tombeau des lucioles (Hotaru no haka - 1988), qui met en scène deux orphelins confrontés à la violence de la guerre, ou encore Souvenirs goutteà goutte - Only Yesterday (Omoide Poro-poro - 1991), où le personnage principal cherche à trouver sa place dans la société, tout comme Kiki, dans le film éponyme de Miyazaki, produit peu avant. De même, Pompoko (Heisei tanuki gassen pompoko - 1994) et Princesse Mononoké traitent de la rencontre entre l’Homme et la Nature. Pourtant, la réalisation est aux antipodes : Takahata est sérieux, réaliste là où Miyazaki invente des mondes fantastiques au fonctionnement étrange et aux paysages inconnus. De plus, le graphisme de Miyazaki raffole de beaucoup plus de détails, et sa morale est bien plus axée sur la combativité, le courage et la volonté de ses héros. Takahata, en somme, tourne son œuvre vers un public plus adulte, à travers des messages plus clairs et plus sombres, sans la dimension de rêve et d’amusement perpétuel que l’on trouve chez son ami, qui annonce toujours un dynamisme des personnages contre la fatalité.
     
       
                       
                 

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