Dossier manga - Monster
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Publié le Vendredi, 13 March 2015


Monster arrive...

   
Il y a 20 ans, Naoki Urasawa se lançait dans l'écriture de Monster. Après les succès sur le sol japonais de Pineapple ArmyYawara!, Master Keaton ou Happy!, cette nouvelle histoire allait bientôt faire connaître le mangaka sur la scène internationale. En deux décennies, ce thriller angoissant a connu une reconnaissance critique et publique dans le monde entier, une adaptation animée ayant grandement contribué à sa popularisation, une réédition pour aboutir à sa quintessence et, aujourd'hui encore, est l'objet de projets toujours plus ambitieux. 
  
Après tout ce temps, il serait impossible d'énumérer les éloges qui ont été rédigés autour de cette œuvre majeure, les analyses des nombreuses questions abordées durant le parcours de Tenma, les descriptions fascinées de ses différents personnages, sans oublier les multiples interprétations autour de sa fin. Aujourd'hui, 20 ans plus tard, que reste-t-il à dire sur Monster ? Rien, peut-être, sinon que la force de son intrigue n'a pas pris une ride, et qu'on y décèle déjà tout ce qui fera la force de ses succès futurs que sont 20th Century Boys, Pluto ou Billy Bat. Et c'est avec ce recul que nous allons essayer, aujourd'hui, de dépeindre un nouveau portrait du monstre : le monstre suivi dans le récit, le monstre en chacun de nous, et le monstre de talent qu'a toujours été Naoki Urasawa.
    
   
  
  

Parcours de l'oeuvre

   

Au Japon

Monster est un seinen manga qui débute en décembre 1994 dans le Big Comic Original de l'éditeur Shôgakukan. A cette époque-là, Naoki Urasawa a conclu Master Keaton quelques mois plus tôt dans le même magazine, et travaille en parallèle sur Happy!, publié dans le Big Comic Spirits depuis 1993. La série est scénarisée sous les bons conseils de Takashi Nagasaki, alors responsable éditorial d'Urasawa (avant qu'il ne devienne son co-scénariste officiel). Elle s'achève en décembre 2001 après 162 chapitres, réunis en 18 volumes reliés édités entre juin 1995 et février 2002.
   
Vendue à plus de 20 millions d'exemplaires au Japon, la série a obtenu de nombreuses reconnaissances critiques au fil de sa publication. Elle a ainsi décroché le Prix d'Excellence au Media Arts Festival en 1997, le Grand Prix Osamu Tezuka en 1999 et le Prix Shôgakukan en 2001.
     
    
   
   

En France

   
Monster est édité en langue française à partir d'octobre 2001. Il s'agit d'un des premiers titres des éditions Kana, et la série de lancement du label Big Kana, réservé au genre seinen. Ses six premiers volumes sont publiés à une fréquence trimestrielle, puis le rythme s'accélère à partir du septième tome pour finalement s'achever en janvier 2005. Le 18ème tome est d'ailleurs proposé dans ses premiers tirages avec un bonus exclusif : le conte « Un monstre sans nom » (apparaissant dans le tome 9), édité dans un format cartonné, comme s'il s'agissait d'un véritable livre pour enfants.
   
Comme au Japon, Monster est un succès dans les librairies françaises. Il fut également nominé au Meilleur Scénario au Festival International de la Bande-Dessinée d'Angoulême, en janvier 2003, mais ne remporta pas le prix.
    
    
   
      

L'anime

   
En 2004, le studio Madhouse réalise l'adaptation animée de Monster, forte de 74 épisodes, qui sera diffusée sur la chaîne NTV d'avril 2004 à septembre 2005. Naoki Urasawa retrouve le producteur Masao Maruyama, avec qui il avait déjà collaboré pour la version animée de Yawara! et de Master Keaton. L'auteur supervise le projet en établissant la règle suivante : "On n'enlève rien, on ne rajoute rien". Il n'était pas question d'un quelconque condensé qui aurait détourné l'intrigue. Et la série s'étant achevée deux ans plus tôt, il n'y avait pas besoin d'y insérer des fillers. Cela explique la durée inhabituelle de la série, et les producteurs pensaient même dépasser les cent épisodes. 
  
La réalisation est confiée à Masayuki Kojima, qui avait déjà dirigé l'anime Master Keaton et qui collaborera à nouveau avec Urasawa quelques années plus tard pour le film Le Chien du Tibet. Le chara-design est quant à lui assuré par deux figures récurrentes de Madhouse, qui collaborent plusieurs fois avec Urasawa et Kojima : Kitaro Kôsaka présentera les design originaux, finalisés par Shigeru Fujita au poste de directeur de l'animation. Tatsuhiko Urahata est crédité au scénario, même si l'anime reste profondément fidèle au manga, dans son contenu comme dans son découpage de l'action. En effet, Kojima a repris tous les angles de vue utilisés dans le manga, ne faisant qu'assurer la transition entre eux, et en insufflant quelques mouvements cinématographiques impossibles à retranscrire en manga, comme les travellings. Au final, cette adaptation animée est donc un pur reflet du manga, et l'on peut apprécier autant l'un que l'autre, en fonction de notre affinité pour chaque format.
   
   
  
    
   
L'arrivée de l'anime en France permettra à la saga de s'attirer un nouveau public (dont l'auteur du présent dossier !). Sa première diffusion s'est tenue sur la chaîne Canal+, du 10 février au 25 mai 2006, dans le créneau en clair de 18h20 (précédemment occupé par l'émission La Kaz, qui proposait aussi de l'animation japonaise). Elle connaîtra par la suite plusieurs rediffusions, sur Europe 12 Tv (connu aujourd'hui sous le nom D17) en 2007, et plus récemment sur France 4 à partir d'avril 2014. En parallèle, l'éditeur vidéo Kazé propose l'anime en cinq coffrets dvd, de février 2006 à janvier 2007, plus tard regroupés en deux intégrales : la première réunissant les cinq coffrets, sortie en 2008, puis une intégrale slim en 2012.
   
L'adaptation française est notamment portée par un casting vocal de qualité : le héros est incarné par Taric Mehani, qui avait déjà incarné plusieurs premiers rôles par le passé : Hige dans Wolf's Rain, Brandon Heat dans Gungrave ou encore le "Shônen Bat" de Paranoïa Agent. La douceur de sa voix exprime la pédagogie dont fait preuve le Dr. Tenma, mêlé par un léger voile retranscrivant sa perte de repères. Le casting se complète par d'autres comédiens de renom, comme Karine Foviau (la voix française d'Emilie de Ravin ou de Selena Gomez, entre autres) dans le rôle de Nina, et de Bernard Alane (vf de Stanley Stucci ou d'Angus Barnett, présent dans de nombreux films Disney) dans celui de l'inspecteur Runge. On pourra ainsi largement préférer la VF à la VO, au vu du contexte européen de la série.
    
    

L'édition Deluxe

    
En 2008, les éditions Shôgakukan rééditent Monster en Kanzenban, composé de neuf volumes doubles grand format, édités de janvier à août, dont les couvertures forment une fresque une fois réunies. Outre l'ajout de pages couleurs, Naoki Urasawa en profite pour procéder à la retouche de certaines illustrations. 
   
Cette édition arrive en France en juin 2010, renommée Deluxe pour son édition française, menée une fois encore par Kana. Ses deux premiers volumes sortent en novembre, et son neuvième tome sera édité en août 2012. On soulignera l'excellent rapport qualité-prix, chaque tome double valant le prix de deux tomes simples pour une édition incomparable. L'édition simple a depuis été mise en arrêt de commercialisation, à partir du 1er novembre 2013.
    
    
   
   

Les ouvrages annexes : entre réalité et fiction

   
En mars 2002, la série est complétée par un étrange ouvrage, Another Monster (Mo hitotsu no Monster). Ce one-shot est une sorte de data-book apporte des compléments à la série, notamment sur les lieux visités et les personnages rencontrés. Le tout sous la forme d'un faux rapport d'enquête mené par un journaliste fictif, Werner Weber, Urasawa et son comparse Nagasaki étant crédités comme simples traducteurs. On y découvre également quelques sources d'inspiration utilisées par Urasawa.
    
La même année, en octobre, paraît le recueil Olbuda - Namae no nai kaibutsu (Obluda - Un monstre sans nom), qui compile trois des contes pour enfant apparaissant dans le manga, ainsi qu'un quatrième, inédit. Là encore, les auteurs s'amusent, en laissant croire qu'il s'agit de la traduction d'un recueil tchèque, signé Emil Sebe, et ancrent ainsi la série originale dans le réel.
    
Ces deux ouvrages annexes restent inédits en France. Au sujet du premier, les éditions Kana ont à de multiples reprises déclaré ne pas vouloir réaliser son adaptation, bien que le titre ait connu plusieurs traductions à l'étranger (notamment en Italie et en Espagne).
    
    
  
   
   

© 1995 Naoki Urasawa / Shogakukan Inc. All rights reserved

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