Dresseuses de monstres - Actualité manga
Dossier manga - Dresseuses de monstres
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Publié le Vendredi, 13 October 2017


Monstres x Moe


D'un côté, de grosses créatures parfois puissantes. De l'autre, de mignonnes jeunes filles. Deux univers qu'il n'est pas forcément courant de voir ensemble...


Les monstres japonais...


Les Kaijus... Si ce nom vous dit quelque chose, rien de plus normal, car cela constitue tout un pan de la culture japonaise de l'après-guerre.

Véritables figures de la culture populaire nippone de ces dernières décennies, ces "monstres géants" fictifs, pas forcément mauvais, mais face à qui l'homme est bien souvent impuissant, ont été (et sont toujours) au coeur de bon nombre d'oeuvres, notamment au cinéma où ils ont un genre dédié (les "kaiju eiga") et où les plus célèbres représentants sont sûrement Gojira/Godzilla et Gamera.

Leur naissance arrive au cinéma à partir des années 1950. Alors que le Japon est encore traumatisé par les drames des bombes de Hiroshima et de Nagasaki tombées en 1945, les premiers films de monstres ont un message clair : ces créatures géantes, d'ailleurs parfois nées de radiations, se veulent la métaphore de la puissance dévastatrice de la bombe atomique.

Des décennies plus tard, le genre reste encore vivant et ne se décline plus uniquement au cinéma, loin de là. Pour ce qui nous intéresse le plus, le manga s'en est aussi emparé de bien des manière. Parmi les mangas publiés en France, on peut par exemple citer le cas du manga Hakaiju, pur récit-catastrophe de lutte humaine face à des créatures géantes horrifiantes.

Mais, Mujiroshi Shimazaki, lui, les met donc en scène dans un contexte bien différent de la grande majorité des autres oeuvres que l'on connaît !





… à la sauce Shimazaki


La place des Kaijus dans Dresseuses de monstres change en effet considérablement de bon nombre d'oeuvres du genre, comme vous l'aurez déjà deviné, tout simplement parce que les humains ont choisi de cohabiter avec eux. C'est donc dans cette optique que l'on découvre des créatures parfois géantes et qui, sous leur dégaine qui pourrait parfois effrayer, se révèlent éloignés des classiques symboles de destruction qu'il sont la plupart du temps.

Par exemple, derrière son allure gigantesque et imposante et son regard qui a l'air mauvais, "Bleu" (le nom qu'Ion donne au kaiju de la forêt, le premier monstre dont elle est amenée à s'occuper) est surtout un gros bêta un peu pataud et glouton, ce qui ne l'empêche pas de n'en faire parfois qu'à sa tête. Et les autres créatures apparaissant plus loin sont dans le même ordre d'idée : l'espèce de caméléon auquel Tsukiko s'attache, "Fleur" l'espèce de pieuvre à un oeil cachant peut-être en lui plus de peur et de solitude qu'autre chose...

L'auteur nous invite réellement à apprendre à découvrir ces monstres qui font désormais partie du paysage. Et une question, entre autres, revient souvent à l'esprit en offrant l'une des jolies petites originalités de l'oeuvre : ces créatures ressentent-elles les sentiments humains ? Kotomi pense que non, mais chaque aventure pourrait bien prouver un peu plus le contraire : la bonté de "Petit Singe" envers Sora, celle de "Oiseau libre et heureux" en fin de volume 2, celle de "Monsieur Aiguille" envers Nonaka...

On a alors des Kaijus éloignés des habitudes du genre. Des monstres dont on prend plaisir à découvrir les différentes facettes.


Tranche de vie et mignonneries


Que ce soit en manga ou en animation, le Japon a un don pour transposer des sujets spécifiques (ici les kaijus) dans un cadre scolaire frais et mignon tout plein. Cela peut aller de choses classiques comme la musique dans K-On ! Ou Hibike Euphonium, à des choses plus originales voire tordues comme les tanks dans Girls & Panzer. Dresseuses de monstres s'inscrit donc pleinement dans ce registre !

On a beau avoir des monstres géants ou moins géants, ne comptez sur aucune grosse tension, aucun danger pesant : comme le laisse deviner les jaquettes délicieusement décalée des deux tomes où les  mignonnes jeunes filles paraissent toutes petites, mais bien calmes aux côtés du gros monstre tout penaud, on est dans de la tranche de vie qui met plutôt de bonne humeur et qui est presque contemplative par instants.

Ainsi, si vous êtes allergique aux oeuvres mettant en avant des jeunes demoiselles adorables et presque "moe", Dresseuses de monstres, malgré ses grosses bébêtes, n'est pas forcément pour vous. Si vous n'avez rien contre ça, il y a la possibilité que vous découvriez une petite série franchement rafraîchissante et assez paisible.





Des jeunes filles bien campées


Au-delà du contexte et des monstres, l'atmosphère réussie de Dresseuses de monstres doit également beaucoup à ses héroïnes à la fois très classiques et bien campées.

Bien sûr, elles s'inscrivent toutes dans les clichés habituels, mais l'auteur n'insiste pas trop dessus et sait quand même développer en elles une petite personnalité.

Ion est une héroïne plaisante, car douce et positive, alors même qu'elle ne semble pas rassurée face aux kaijus... A-t-elle peur de ces monstres ? Dans ce cas, pourquoi a-t-elle choisi d'intégrer le cursus de dressage ? Au fil de la lecture, nous pourrons découvrir la raison qui l'a motivée à choisir cette voie quand elle était petite, mais aussi l'étonnant don qu'elle semble avoir en elle pour s'attirer naturellement la confiance des kaiju.

Sora est un peu la fille aux allures de garçon manqué de la bande, et forme avec Ion un duo assez varié.

Sugita est le prototype de la responsable de club un brin laxiste, faisant son travail assez consciencieusement tout de même, mais reléguant volontiers les tâches aux jeunes élèves.

La présidente du club, Tsukiko Miyama, est le stéréotype de la brune qui se veut sérieuse mais qui commet régulièrement quelques maladresses. Elle n'a aucun don pour trouver de jolis noms, met des paroles niaises un peu honteuses dans ses chants, s'attache trop à un petit monstre... ce qui la rend finalement sensible et amusante.

Kotomi Justine Kagurazaka, l'amie d'enfance de Tsukiko qui adore un peu trop cette dernière, est l'habituelle blondinette métisse surdouée, si bien qu'elle a sauté nombre de classes et est déjà doctorante au centre de recherche.

Enfin, il y a Kyôko Saegusa, la "dresseuse ultime de kaiju", dresseuse qu'Ion admire pour une raison précise, et qui a un petit côté "force tranquille".

En somme, rien de bien original, mais Shimazaki parvient à offrir à chacune de ces demoiselles quelques traits de personnalité et des interactions qui les rendent facilement plaisantes à suivre.
  
  
  


© Mujirushi Shimazaki / Houbunsha

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