Dossier manga - Chiisako garden
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Publié le Vendredi, 01 November 2019


Les Chiisakos, ou comment bâtir une petite mythologie


Les histoires, récits et légendes autour d'êtres humanoïdes tout petits, ce n'est pas nouveau,. On peut citer les lilliputiens des Voyages de Gulliver, Poucette de Hans Christian Andersen, les Minipouss... Et il en est de même dans la culture japonaise, que ce soit dans des œuvres récentes comme Arrietty, ou dans des légendes plus anciennes comme les koropokkurus (des petits êtres de la mythologie aïnoue, habitant sous terre et dans les tiges) ou encore la divinité locale Sukuna-hikona, des figures qui ont parfois influencé pas mal d'oeuvres. Mais avec Chiisako garden, Yuki Kodama a décidé d'apporter sa pierre à l'édifice en créant ses propres petites créatures, les Chiisakos.

Les cinq histoires courtes de ce recueil restent assez simples sur le papier, mais la mangaka possède une façon bien à elle de les raconter, ne serait-ce qu'en les emboîtant subtilement.

Ainsi, le Ten de la première et de la quatrième histoire est le même, et il permet ainsi de montrer la longévité du Chiisako à travers le temps ainsi que l'évolution au fil des siècles du jardin où il vit.

Les albums illustrés que la jeune fille de la première histoire adore ont été conçus par la vieille dame de la dernière histoire...

Cela permet à la mangaka d'installer, en quelque sorte, toute une petite mythologie crédible autour de ses être minuscules, qui, discrètement, au fil du temps, en des lieux et époques différents, influencent presque discrètement la vie de celles et ceux qui sont assez purs pour les voir ou croire en eux.

Et l'autrice étant maligne, elle ne s'arrête pas là, en distillant, dans chaque histoire, un petit peu plus d'éléments sur les raisons pour lesquelles certains humains peuvent voir les Chiisakos. On dit d'abord que seuls les enfants peuvent les voir, puis les humains purs, puis les humains n'étant jamais tombés amoureux... Diverses petites croyances se bâtissent alors autour des mini-humains surnaturels que la mangaka a inventés.





Quand de petits êtres fantastiques changent grandement des vies


Le mieux dans tout ceci, c'est sûrement le fait que ces "mythes et croyances" ne sont pas là uniquement pour faire beau.

En effet, dans chacune des cinq petites histoires, la particularité des Chiisakos permet de faire avancer les humains, voire symbolisent cette évolution.

Par exemple, dans la deuxième histoire, la disparition du Chiisako aux yeux de l'éditeur signifie tout bonnement qu'il est en train de prendre conscience qu'il vient de tomber amoureux pour la première fois de sa vie.

Dans la troisième histoire, la Chiisako est celle qui pousse l'adolescent à repartir de l'avant, en ne restant plus enfermé chez lui.

Ou encore, dans la quatrième histoire, Ten, même invisible, prend soin de faire remarquer aux personnages leurs vrais sentiments.





Le style de Yuki Kodama en quelques mots


Tout ceci, Yuki Kodama nous le narre avec un mélange de sobriété et de finesse, en prenant soin de toujours conserver une grande limpidité ainsi qu'une atmosphère délectable.

Son style visuel n'y est pas étranger non plus: à la fois très fin dans les contours, plutôt posé dans son découpage, un peu épuré mais avec des designs et des trames soignés qui apportent la pointe de profondeur nécessaire, proposant des décors assez présents et immersifs, et possédant une expressivité toute subtile sans exagérer quoi que ce soit.



  
  


© by KODAMA Yuki / Shôgakukan

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