Bilan Manga-News 2012 - Partie 1 - Actualité manga
Dossier manga - Bilan Manga-News 2012 - Partie 1

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Sommaire

Publié le Jeudi, 17 Janvier 2013


Le coin des auteurs



Les récompensés


Chaque année, des auteurs se voient récompensés par divers prix, et 2012 n'a pas échappé à la règle.

L'année commence avec le retour des Shôgakukan Awards, qui récompensent dans 4 catégories différentes des séries selon ce qu'elles ont montré sur l'année précédente. Pour la 57ème édition en janvier 2012, Yuki Kodama récupère le prix général pour Sakamichi no Apollo, une oeuvre destinée à être adaptée en anime peu de temps après (si vous suivez l'actualité anime, le nom de Kids on the Slope vous dit forcément quelque chose). Ayumi Ishii récupère le prix du meilleur shônen pour Nobunaga Concerto, tandis qu'Ako Shimaki s'empare du prix du meilleur shôjo pour le Chemin des Fleurs. Dans la catégorie enfant, c'est Tenya Yabuno qui se démarque avec Inazuma Eleven.

Sur le même principe, se tient la 36ème édition des Kôdansha Awards, qui attribuent leur prix général à Makoto Yukimura, l'auteur du très remarqué Vinland Saga. Côté shôjo, c'est Setona Mizushiro qui rafle la palme, grâce à Heartbroken Chocolatier. Les deux autres prix sont attribués à des séries encore inédites en France : Marimo Ragawa remporte le prix shônen pour Mashiro no Oto, et Ema Toyama gagne le prix enfant pour Love Mission, qui sortira bientôt en France aux éditions Pika.

Prix prestigieux qui a récompensé par le passé nombre d'auteurs qui deviendront renommés tels Takehiko Inoue, Naoki Urasawa, Masakazu Katsura ou Eiichiro Oda, le Prix Tezuka offre pour sa 16ème édition son Grand Prix à Hitoshi Iwaaki pour son aventure historique Historie. De son côté, Yû Itô s'empare du prix de la nouveauté pour Shut Hell.





De son côté, l'auteur nippo-espagnol J.-M. Ken Niimura remporte l'International Manga Award pour Je tue des Géants.

Ayant principalement des libraires pour jury, le Manga Taisho Award nomme au mois de janvier une liste de mangas en cours de publication l'année précédente et dont le nombre de volumes est inférieur à 8. Pour la cinquième édition, c'est Hiromu Arakawa qui rafle la mise avec son Silver Spoon, en ayant pour dauphin un titre bien connu dans nos contrées : Giga Tokyo Toybox.

Enfin, l'édition 2012 des Japan Media Arts Festival se révèle intéressante en décernant son Grand Prix manga à... une BD franco-belge ! Ce sont donc François Schuiten et Benoît Peeters qui empochent le prix pour la BD Les Cités Obscures. Une première, qui marque peut-être l'ouverture du Japon à la BD franco-belge.






Les disparus


Chaque année voit nombre d'artistes s'éteindre, et 2012 ne fait pas exception à la règle.

Côté manga, le printemps voit disparaître à seulement 43 ans Seiki Tsuchida, qui s'éteint suite à une cirrhose du foie.
Né le 21 mars 1969 à Ômori dans la préfecture d'Akita, Seiki Tsuchida réalise son tout premier récit, Miseinen (littéralement, Mineurs) en 1987, à l’âge de 18 ans. Cette oeuvre, centrée sur le parcours de deux adolescents marginaux vivant à la campagne, a remporté le Prix Shikishô décerné par Kôdansha. L'auteur a ensuite signé une série au long cours en 16 volumes, intitulée Henshû Ô (ou Le Roi de l’édition) pour Shôgakukan. Under the same moon, publié en France chez Casterman, est sa troisième série, à laquelle il se consacre de 1998 à 2000. Ce récit d’amitié, riche en émotions, lui vaut de recevoir le Prix d’Excellence du Japan Media Arts Festival en 1999. Son succès auprès du public entraîne également une adaptation filmée en 2005. C’est cette même année qu’il se lance dans son récit le plus humain, qui a reçu nombre d'éloges par ici : Blessures Nocturnes.
Au-delà de son graphisme sobre et classique, c’est véritablement la sincérité et la profondeur de ses histoires qui font de Seiki Tsuchida un auteur remarquable, toujours à l’écoute de ses personnages et de leurs sentiments.
En quittant ce monde, il laisse derrière lui une oeuvre inachevée, Kazoku. Deux mois après sa disparition sort à titre posthume Yomawari Sensei – Kibô-hen, spin-off de Blessures Nocturnes dans lequel on retrouve 3 chapitres que l'auteur avait fait de son vivant. Ce one-shot contient aussi des chapitres, des illustrations, des récits faits par d'autres mangakas en hommage à Tsuchida.





Connu en France pour Ryota du Mandala, Jun Hatanaka s'éteint en juin à l'âge de 62 ans des suites de la rupture d'un anévrisme de l'aorte abdominale.
Jun Hatanaka est né en 1950 à Kokura, une des grandes villes de l'île de Kyûshû. Il débute sa carrière en 1977 avec Tsukiyo. En 1979, il commence Ryota du Mandala (qui va durer 10 ans) dans le Manga Sunday, série récompensée par la Japan cartoonists Association en 1981. En 1986 le manga est adapté en drama sur la Nhk et en film live. En 1989, il fût adapté en oav. L'auteur est considéré comme l'un des grands maîtres du manga populaire.

L'autre disparition marquante pour nous français dans le milieu du manga arrive en toute fin d'année, quand succombe à 73 ans suite à un cancer du poumon Keiji Nakazawa, l'auteur de l'un des plus poignants témoignages sur la bombe atomique : Gen d'Hiroshima.
Keiji Nakazawa est né dans le quartier de Funairi à Hiroshima le 14 mars 1939. Quatrième d’une famille de six enfants, il perd son père, sa sœur et son frère cadet lors du bombardement atomique le 6 août 1945.
À l’age de 22 ans, il monte à Tôkyô où il débute une carrière de dessinateur professionnel. On remarque ses premières apparitions dans le mensuel Shônen Gahô des éditions Shônen Gahôsha, à partir de 1963. Ce n’est qu’en 1968 qu’il exprime pour la première fois ses souvenirs de la tragédie d’Hiroshima avec Kuroi Ame ni Utarete (Sous la Pluie Noire) dont il sortira une nouvelle version deux ans plus tard sous le titre d'Aru hi Totsuzen ni (Soudain un Jour). Avec Ore ha Mita (Je l’ai vu) paru en septembre 1972 dans le Gekkan Shônen Jump, il nous livre un court récit de sa propre expérience pendant et après La Bombe.
Néanmoins, ce n’est que l’année suivante qu’il débute Gen d'Hiroshima, une longue série quasi autobiographique, publiée dans l’hebdomadaire Shônen Jump des éditions Shûeisha. Traduit en dix langues dont l’anglais, l’allemand, l’indonésien et adapté notamment au théâtre, ou encore en film d’animation, ce manga demeure aujourd’hui son œuvre la plus marquante. Au Japon, le manga s'est vendu à plus de 6 500 000 exemplaires.
L'auteur a suivi un traitement en 2010 et en 2011 contre le cancer. En 2009, suite à des problèmes de vue, il abandonne l'idée d'une suite de Gen d'Hiroshima. Mais il déclare "Notre génération doit continuer à parler des atrocités de la guerre et de la bombe atomique".





L'animation voit disparaître en mars un joli nom : Noboru Ishiguro, réalisateur entre autres de Macross, de la deuxième série d'Astro Boy ou de certains épisodes d'Edgar, et dont on retrouve le nom sur diverses oeuvres comme Yamato, Phénix, Mushishi ou C'était nous. Il avait 73 ans.

2012 est une triste année pour le monde du doublage, qui voit disparaître Takeshi Aono (Chou dans 3x3 Eyes, Azuki dans Basilisk, Daiki dans DN Angel... mais aussi voix japonaise pour de nombreux acteurs de films, comme Argus Filch dans Harry Potter), Taro Arakawa (doubleur dans Akira, Bubblegum Crash, Noir où il joue Galle...), ou encore Sayuri (Lady Une dans Gundam, Satera dans FMA Brotherhood, Lana dans Argento Soma, Osuzu dans Samurai Champloo...)

Côté cinéma, notons la disparition en octobre, à 76 ans, d'un monstre sacré : le sulfureux Kôji Wakamatsu.
Après avoir été renvoyé du lycée agricole dans lequel il étudiait à la suite d'une bagarre, il décide de rejoindre Tokyo à l'âge de 17 ans. Il pratique différents métiers avant de se retrouver en prison pendant cinq mois à la suite d'une rixe. C'est à la suite de cet incident qu'il rejoint les Yakuza. C'est par ce biais qu'il découvre le monde du cinéma en surveillant les plateaux de tournage pour le compte de son organisation.
Il fait ses débuts dans le pinku eiga, genre érotique japonais. Ses films sont souvent très politiques et traitent des rapports de domination, qu'ils soient homme/femme, étatique, ou autre. Réalisateur radical, il s'intéresse au mouvement d'extrême gauche japonais, ainsi qu'à la cause palestinienne.
Il produisit également le controversé L'Empire des sens de Nagisa Oshima en 1976. Il est également considéré comme le réalisateur le plus important ayant émergé du pinku eiga, et l'un des plus grands réalisateurs japonais des années 1960.
Le 4 septembre 2012, il était au festival international du cinéma de Venise où il avait déclaré : "Maintenant je veux vraiment faire un film sur la Tokyo Electric Power Company (Tepco). Personne ne veut en faire un, alors je vais sérieusement me battre contre Tepco."

Enfin, s'il n'est pas japonais, difficile de ne pas évoquer la disparition d'un français qui eut une influence considérable ici et là-bas : Moebius.
De Blueberry au Silver surfer, d'Inside Moebius au Garage hermétique, mais aussi Icare réalisé avec Jiro Taniguchi, nombreuses sont les bandes dessinées nées de la main du maître. N'oublions pas les collaborations du cinéma, la création des éditions Les Humanoïdes Associés, ou les nombreuses illustrations qu'il a réalisées pour les médias.


  
  
  

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