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Paradise Kiss - Actualité manga

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actualité manga - Paradise Kiss

Présentation


Paradise Kiss est une œuvre de la célèbre mangaka Ai Yazawa. De nombreux lecteurs la connaissent grâce au succès fou qu'elle a eu pour sa série Nana, mais il ne faut surtout pas oublier ses autres travaux! Ainsi, pour restituer l'ordre logique de ses séries (sorties en France jusqu'à aujourd'hui): Je ne suis pas un ange est la toute première, ensuite suit Gokinjo, Last quarter puis Paradise Kiss, et enfin Nana.
Paradise Kiss paraît aux éditions Kana, en grand format, avec des couvertures métallisées. La première date de parution en version originale a eu lieu en 2000. Cette série est arrivée en France entre 2004 et 2005. Une intégrale sera disponible fin aout 2008, réunissant ainsi tous les tomes de la série, qui compte au total 5 volumes.


Les couvertures de chaque tome





La couverture de l'intégrale




Le visuel du premier coffret DVD



Résumé
Yukari Hayasaka, lycéenne acharnée, étudie sans relâche depuis sa plus tendre enfance pour entrer dans une université prestigieuse et ainsi faire honneur à sa mère. Pourtant, les études ne sont pas son point fort, mais c'est la seule chose qu'elle connaît. Elle deviendra la "fille ratée" de sa famille quand elle rencontrera des étudiants de l'école des arts Yazawa, avec lesquels elle se liera d'amitié; ceux-ci étant considérés comme des personnes peu fréquentables, « déjantées ». Ainsi, elle se voit enrôlée malgré elle, et devient leur mannequin pour le grand défilé de fin d'année. Elle sent alors la passion pour la mode l'envahir pour la première fois, une passion qui ne la quittera plus.

Personnages principaux

Yukari Hayazaka

Appelée Caroline par Miwako  (à prononcer à l'anglaise s'il vous plaît!), et Carie par Isabella . C'est une jeune fille assidue dans ses études, une élève modèle, éperdument amoureuse d'un camarade de classe, Tokumori. Mais c'est un amour sans réel retour. Elle fréquente le lycée Seiei, connu pour sa bonne réputation et son niveau élevé. Elle n'est pas très sociable et est assez renfermée au début du manga. Avec son look commun ou parfois qualifié de ringard, elle passe inaperçue, mais cache en réalité une beauté incroyable, que les élèves de la Yazagaku ne manqueront pas de révéler: elle sera vite repérée par la bande de Georges, et des sentiments ne tarderont pas à naître à son égard!
Ce personnage a le mérite d'évoluer énormément tout au long de la série, de gagner en charisme et en maturité.

Jôji Koizumi

Appelé Georges (et à prononcer également à l'anglaise). Il déteste qu'on l'appelle par son vrai prénom. Il est le styliste de Paradise Kiss et prend un malin plaisir à faire souffrir ses amis en inventant de nouvelles tenues toujours plus extraordinaires les unes que les autres. C'est quelqu'un de très extravagant, qui aime se faire remarquer. Quoique... il ne s'en rend peut-être pas compte... Ainsi il arbore un look sans égal avec ses cheveux bleus, se qualifie lui-même de comte, et conduit une Jaguar! Il aime aussi bien les hommes que les femmes, et trouve que c'est une grande qualité. Passionné par la mode et très talentueux, il veut devenir styliste professionnel au début de la série. Il crée déjà sa propre marque: Paradise Kiss, qu'il veut commercialiser.
Il est en deuxième année à la Yazagaku, une école d'art très réputée.

Isabella

Sa spécialité: la cuisine!  Fille ou garçon? Cela cache un lourd secret. Elle porte des tenues que Georges crée pour elle, et arbore ainsi un look très en harmonie avec celui-ci! Elle ressemble alors à une dame de la cour, très noble et fière de sa beauté. Sensible, elle affirme un côté très soucieux et féminin, et symbolise ainsi la figure maternelle de Paradise Kiss. C'est la plus vieille amie de Georges, et elle le suivra jusqu'au bout de ses rêves. Elle crée des patrons pour Georges.
Elle est en deuxième année à la Yazagaku.

Miwako Sakurada

Elle est le portrait craché de sa grande soeur Mikako. Inconditionnelle de la marque Happy Berry, elle porte les créations de sa sœur, ou ses copies qu'elle fabrique elle-même. A son plus grand regret, elle n'est pas très douée dans la création, mais plutôt dans la confection. Très naïve, elle qualifie Georges de "gentleman", et l'admire pour ses qualités de "philanthrope"! Elle admire sa sœur pour ses talents de styliste, et rêve que la marque Paradise Kiss perce un jour pour pouvoir en vivre. Côté cœur, elle est avec Arashi depuis le collège. De plus, elle pense toujours à Tokumori en secret, de manière nostalgique. C'est une fille on ne peut plus adorable, qui incarne la joie de vivre et la naïveté. Elle séduira bien vite notre héroïne Yukari!
Elle est en deuxième année à la Yazagaku.

Arashi Nagase

C'est le petit ami de Miwako. Il est guitariste dans un groupe de rock. Ainsi, totalement en contraste avec ses amis, il arbore un look extrême, avec piercing et chaînes en tous genres. Très jaloux, il n'hésite pas à frapper Georges lorsque celui-ci fait des avances à Miwako. Il est très coléreux et s'emporte facilement, sauf avec bien-aimée, envers laquelle il se montre doux comme un agneau! C'est lui qui repère Yukari dans la rue, sans aucune délicatesse, celle-ci croyait alors qu'elle était sur le point de se faire violer!
Il est en deuxième année à la Yazagaku.




Plus que de la mode, un vrai théâtre!


Paradise Kiss est une œuvre originale, très soignée. Son côté théâtral fait de lui un manga à part. C'est ainsi, qu'on peut relever plusieurs originalités de la part de l'auteure.

Les tenues vestimentaires sont on ne peut plus extravagantes! Georges est toujours habillé en comte, mais Arashi le qualifie plutôt de "prince ridicule".
Isabella nous étonne toujours par sa prestance et ses tenues de femme de la cour qui excellent par leur beauté, mais également par les froufrous et leur grandeur; d'ailleurs, lorsque Yukari la voit pour la première fois, elle pense que c'est "la Mort", tellement elle est bizarre!
Il y a aussi Arashi, qui, pour les lecteurs de Nana, a un look qui fait penser au personnage de Shin. Cheveux décolorés et toujours remontés, pantalon craqué, à lanières, collier en cuir et piercing avec chaîne font de lui le seul personnage à la rock-attitude de Paradise Kiss.
On peut y ajouter Miwako, ainsi que sa sœur Mikako, qui arborent toutes deux le look Happy Barry! Elles sont alors très mignonnes, et Mikako, qui a maintenant trente ans, passe encore pour une jeune fille de l'âge de sa sœur! Ainsi, les deux sœurs n'hésitent pas à porter des postiches en tout genre, elles ont les cheveux roses, et leurs tenues sont toujours assorties avec les plus beaux accessoires.


Les personnages ont tous leur propre façon de s'exprimer, de s'exclamer, qui pourrait paraître étrange au premier abord, mais voilà tout l'univers de Paradise Kiss!
Ainsi, Miwako parle comme une petite fille de six ans, innocente et naïve à souhait. Elle regarde alors toujours Georges avec des yeux éblouis par sa beauté et sa gentillesse. De plus, elle n'hésite pas à parler de tous les sujets avec n'importe qui, comme lorsqu'elle se met à expliquer ses « petits jeux vicieux », qu'elle a l'air de prendre réellement pour des jeux!
Isabella, quant à elle, parle toujours avec dignité et allure. Malgré cela, elle ne réussit jamais à cacher ses sentiments, et laisse alors sortir toute sa peine ou sa compassion envers chacun. Très polie et posée, elle a toujours les mots justes pour rassurer ses amis, le tout avec un langage noble et sans bavure.
La façon de parler de Georges mettra tout le monde d'accord: c'est lui le plus décalé! Tantôt romantique, tantôt trompeur, il ne parle presque jamais d'un ton sérieux. En effet, c'est lui qui s'exclame sans cesse. Il n'a pas de mesure, et se veut le plus extravagant, le plus extraordinaire, le plus théâtrale des personnages de Paradise Kiss.
Arashi est bien le seul des élèves de la Yazagaku à s'exprimer normalement! C'est d'ailleurs lui tempérera tous ses amis, et qui essaie sans cesse de les ramener à la raison! Malgré son sale caractère, il garde les pieds sur terre, et veille sur ses amis.

Enfin, les surnoms des personnages sont très originaux! Georges pour Jôji, Caroline ou Cari pour Yukari. Et le tout prononcé à l'anglaise! Ces surnoms sont tellement présents qu'on pourrait même dire qu'ils remplacent les vrais prénoms des personnages, ces derniers devenant complètement accessoires! Encore une belle fantaisie qui colle bien à l'ambiance de Paradise Kiss!


Le contexte même de la mode transforme à lui tout seul des vies bien ordinaires, un monde tout aussi banal, en véritable défilé de beautés et de fantaisies en tous genres pour les yeux. Ainsi, on ne peut qu'admirer en premier lieu les looks de chaque personnage, tous aussi extravagants les uns que les autres! Tout le monde peut y trouver son compte, avec le rockeur, la petite fille kawaii qui nous donne une seule envie, la prendre dans nos bras, le beau comte qui doit en faire rêver plus d'une, et enfin, la sublime dame qui dégage beaucoup de délicatesse.


Au-delà de tous ces looks, Ai Yazawa nous fait découvrir le monde de la mode, dans lequel on trouve les passionnés, inconditionnels de leurs idées, et passant au-dessus des envies de chacun. Je parle ici du styliste qui ne sait faire qu'une chose, qui ne vit que pour elle: créer les plus belles pièces qu'il a en tête. Ainsi, Yukari devient en quelques sortes la muse de Georges, et cette passion fait même douter la jeune fille, qui se surprend parfois à croire qu'elle n'est qu'une « jolie poupée avec de beaux vêtements, juste là pour décorer. »

On peut ajouter que la jeune Yukari réussit à être mannequin assez facilement mais la réalité la rattrape tout aussi vite: elle sait très bien qu'elle ne pourra pas faire une grande carrière en Europe, car là-bas, sa taille n'impressionnera plus personne. Là, Yazawa remet les pieds sur terre à ses personnages.
Un dernier exemple de ce retour à la réalité, est celui de la petite Miwako, qui sait pertinemment qu'elle ne sait pas réellement créer, mais juste copier. C'est pourquoi elle préfère se laisser aller dans la confection.
Ai Yazawa aurait pu faire de ses personnages des génies hors-normes de la mode, défiant toute concurrence, qui réussiraient contre tous. Mais voilà ce qu'on aime chez cette auteure! Malgré toute la magie qui règne dans cette série, on arrive encore à la trouver réaliste!

Enfin, pour ce qui est du théâtre dans Paradise Kiss, on remarquera bien vite que chaque chapitre n'est plus appelé « chapitre », mais « scène »! C'est ainsi que l'auteure met dès le début ses personnages sur scène, et profite par la même occasion de les faire poser dans des dessins somptueux, aussi pompeux qu'originaux.
Il ne faut pas manquer, pour finir, que Yazawa se met elle-même en scène. Elle incarne la directrice de la Yazagaku, encore plus déjantée que ses propres élèves!





Paradise Kiss, la suite d'un manga déjà haut en couleurs!


Paradise Kiss est la suite de Gokinjo. Ici, les personnages principaux sont Georges et Yukari (qui n'apparaissaient pas dans Gokinjo). Le contexte de la mode est ainsi davantage présent que dans la série précédente.

On retrouve donc des personnages de Gokinjo: Mikako (la grande soeur de Miwako), est devenue styliste. Elle est la créatrice de la marque Happy Berry. D'ailleurs, toute la série Gokinjo est centrée sur cette marque. Tsutomu (le beau-frère de Miwako, et donc le mari de Mikako), Noriji (le concierge, dans Gokinjo) nous offre quelques apparitions! Seiji est de retour également, Miwako affirme que c'est un « être de lumière et que son corps ne vieillit pas. Pourtant, il n'est plus tout jeune. ». A noter qu'il entretient des rapports douteux avec Georges, qui n'est autre que son élève! Et le professeur Hamada, terrible professeur, qui fait endurer le pire à ses élèves.

Voilà pourquoi je vous incite à lire Gokinjo! Il est très original! Honte à vous, lecteurs et lectrices, qui avez commencé Paradise Kiss sans même jeter un oeil sur Gokinjo! Car cette série n'est autre que le début de Paradise Kiss, c'est la génération "avant-ParaKiss". De plus, vous comprendrez ainsi très bien quelques allusions à l'ancien manga que font les personnages!


Adaptation et Graphismes

En ce qui concerne l'adaptation, ce manga est très soigné du début à la fin! L'impression est bonne, mais parfois trop forte: on peut déplorer quelques défauts, comme un texte qui se voit sur le verso de la page, ou alors une image qui apparaît légèrement sur la page en face. Les dessins de Yazawa sont vraiment sublimes dans cette série, d'autant plus que le sujet principal est la mode. En comparaison avec Gokinjo (je me permets de comparer tout d'abord avec ce manga ci, puisqu'ils sont tout deux liés), les dessins sont beaucoup plus évolués. On les sent plus épanouis, plus vivants, avec bien plus de liberté. Cela est peut-être dû au grand format: grâce à cela, l'auteure a plus d'aisance à dessiner les détails sur les tenues des personnages. Mais même au-delà du fait que les pages soient bien plus grandes que dans Gokinjo, les dessins sont beaucoup moins enfantins, et plus travaillés.
Pour comparer avec Nana, les dessins sont à peu près les mêmes, au niveau des traits. Je les trouve tout de même plus émotifs dans Nana que dans Paradise Kiss. Mais ici, le manga n'est pas aussi noir, mais il règne sans cesse une atmosphère de fête et de fantaisie, contrairement à Nana.
Enfin, le style graphique de Paradise Kiss n'a rien à voir avec celui de Last Quarter, la dernière série sortie de l'auteure. Même si on reconnaît très bien ses coups de crayons dans ce dernier manga, ils sont bien plus féminins, j'ai envie de dire, romantiques même, légers, que dans Paradise Kiss! Cela est dû je pense, à l'impression. Car ici, les pages sont bien vite noircies, et certains traits sont assez gros.

Concernant les dessins, dans cette série, le lecteur a le grand plaisir de pouvoir admirer des tenus toutes plus extraordinaires les unes que les autres. On sent vraiment que dessiner la mode est un réel plaisir pour l'auteure. C'est alors qu'à chaque chapitre, une page complète est dédiée à un ou plusieurs personnages, plantés dans un décor complètement créé de toutes pièces. Ai Yazawa nous offre alors un avant goût de art book, grâce à ces pleines pages noires et blanche certes, mais déjà pleines de couleurs et de vie!
Enfin, chaque début de tome cache une superbe robe en couleurs sur son mannequin synthétique, sur du papier calque. Ce sont des présentations bien originales, mais toutefois très fragiles. Il faut alors manipuler ces pages avec beaucoup soins, de peur que celles-ci ne se froissent.

Comme dans ses autres séries, Ai Yazawa est toujours au top concernant les monologues! Ici, il y en a beaucoup moins que dans Nana, mais ils restent tout de même omniprésents. Au travers de ces textes, les pensées des personnages nous paraissent parfois plus claires, on est fixé sur leurs doutes. Ainsi, dans Paradise Kiss, ce sont les pensées de Yukari qui viennent à nous. Le lecteur se rend alors bien compte de ses efforts et de l'évolution de ses réflexions.



Le mot de la fin

Pour conclure, Paradise Kiss est un shôjo ouvert à tous, et au-delà des histoires d'amour, il nous offre tout de même une réflexion sur le monde. A savoir, celui de l'univers familial (les familles très fermées et ne jurant que sur le nombre et la qualité des diplômes, en contraste aux familles ouvertes sur le monde et aux fantaisies en tout genre), le cercle d'amis, et les ambitions, envies et rêves de chacun. C'est au travers de l'école d'art, la Yazagaku, que Yazawa critique le système scolaire japonais; elle lui reproche de laisser trop peu de place à l'art et à l'imagination en général.
Le lecteur a donc l'occasion de voir des personnages qui, tout au long des cinq tomes, évolueront à leur manière, et qui réussiront à s'ouvrir davantage aux autres.
Enfin, ce manga ravira tous les fans de Ai Yazawa, leur laissant ainsi le plaisir de compléter leur bibliothèque des série de cette auteure.




Dossier réalisé par Lovehina. Mise en ligne le 22/08/2008

© 2000 by Ai Yazawa / SHODENSHA Publishing Co, Ltd. Tokyo

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