Sword Art Online - Arcs Aincrad & ALfheim - Actualité manga
Dossier manga - Sword Art Online - Arcs Aincrad & ALfheim

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Sommaire

Publié le Vendredi, 01 January 2016


Une aventure en plusieurs temps



Le point sur la chronologie


Sword Art Online suit le principe d’un découpage en arcs presque indépendants les uns des autres, comme de nombreuses œuvres de la culture populaire ont pu le faire. Dans la fiction japonaise, on retient souvent Jojo’s Bizarre Adventure comme référence de cette pratique, mais les sagas qui y ont recourt sont bien nombreuses. Dans SAO, chaque arc est voué à propulser les personnages dans un monde virtuel différent, en gardant Kirito en tête d’affiche mais en renouvelant régulièrement le casting. Les personnages importants sont récurrents mais n’ont pas forcément un rôle majeur au cours de l’arc et si continuité il y a dans la globalité de l’œuvre, les intrigues sont suffisamment différentes avec des enjeux renouvelés pour permettre une séparation distincte qui ne rebuterait pas forcément le lecteur ou spectateur qui s’attaquerait au second arc de la saga.

Dans ce premier dossier, les parties Aincrad et ALfheim seront au cœur de notre réflexion mais afin de bien déterminer la chronologie générale de Sword Art Online, un petit récapitulatif s’impose :

Arc 1 : Aincrad – tomes 1 et 2 du light novel japonais, épisodes 1 à 14 de la première saison animée, adapté en un manga de 2 tomes par Tamako Nakamura.
Arc 2 : Alfheim – tomes 3 et 4 du light novel japonais, épisodes 15 à 25 de la première saison animée, adapté en un manga de 3 tomes par Tsubasa Hazuki.
Arc 3 : Phantom Bullet – tomes 5 et 6 du light novel japonais, épisodes 1 à 14 de la seconde saison animée, adapté en un manga toujours en cours par Kôtarô Yamada.
Arc 4 : Mother Rosario – tome 7 du light novel japonais, épisodes 18 à 24 de la seconde saison animée, adapté en un manga toujours en cours par Tsubasa Hazuki.
Arc 5 : Calibur – tome 8 du light novel japonais, épisodes 15 à 17 de la seconde saison animée, adapté en un one shot manga par Shiya Kii.
Arc 6 : Alicization – tomes 9 à 16 du light novel japonais, publication toujours en cours.




Sword Art Online : Une vie dans l’irréel


Quoi de mieux pour démarrer une œuvre avec un pitch percutant, susceptible de plaire au plus grand nombre ? Sword Art Online est le titre de la série, mais aussi le nom du jeu premier dans lequel vont évoluer les protagonistes. Simple aventure vidéoludique virtuelle dans les premières pages du light novel et les premières minutes de l’anime, les éléments scénaristiques présentés semblaient diriger vers une sorte d’épopée de survie. Pris au piège dans la tour de l’Aincrad, lieu central du jeu SAO, les joueurs doivent désormais lutter pour leur vie et terminer le jeu sans risquer le game over car perdre la vie « in game », c’est tout simplement mourir dans le monde véritable. On pouvait alors s’attendre à un récit à l’orientation très dramatique ou qui, par le thème clef des jeu-vidéos virtuels, développaient des univers vastes en appuyant un gameplay donc les seules limites auraient été l’imagination de l’écrivain… mais qu’en est-il vraiment ?

Une vie dans la virtualité, voilà la thématique centrale du premier arc de Sword Art Online. Car finalement, la grande épopée à laquelle on était en droit de s’attendre n’est pas le sujet central de la première partie de l’histoire finalement très courte. L’aventure aurait facilement pu se développer sur plusieurs volumes ou une cinquantaine d’épisodes pour aboutir à un périple épique, mais le choix initial de Reki Kawahara est tout autre. Les frontières entre la réalité et les mondes virtuels est un sujet qui lui tient à cœur, il commence alors à le développer en présentant l’Aincrad non pas comme un jeu-vidéo en ligne mais bien comme une vie nouvelle qui s’offre pour plusieurs milliers de joueurs, ceci à cause de l’impossibilité pour eux de se déconnecter normalement et de mourir en ligne comme ils mourraient normalement. Cette première partie jongle alors entre des moments de bataille pour nous rappeler que la série visite le registre de la Fantasy et combler les férus d’actions, mais aussi des moments qu’on pourrait presque qualifier de tranche-de-vie. La relation entre Kirito et Asuna est un parfait exemple puisque plus que représenter une banale amourette entre adolescent, l’idylle prend rapidement une certaine maturité et nous voyons les deux personnages comme deux adultes mariés et acceptant leurs responsabilités plus que comme deux ados qui fricoteraient à la sortie des cours, alors qu’ils se trouvent à l’intérieur d’un jeu. La dimension même de l’aventure dans l’Aincrad est un second bon exemple puisque les quêtes ont lieu de manière épisodique. Certes, les assauts se font à la manière d’une LAN quand quelques compères se réunissent sur un réseau, mais certaines quêtes dépeignent l’aventure de Kirito comme un quotidien différent et éloigné de la réalité de laquelle il cherche à s’évader.

Mais plus qu’une tranche-de-vie dans un monde virtuel, c’est surtout la nouvelle vie de Kirito que nous apprenons à suivre. En effet, les personnages secondaires n’ont pas vraiment d’importance et ne servent qu’à nourrir le quotidien du héros. Ils ne sont pas là en permanence et assument leur rôle uniquement quand ils interagissent avec le protagoniste, ce qui sert bien-sûr la thématique centrale du récit mais empêche ces quelques figures de s’émanciper comme le devraient des personnages de fiction. Bien que Klein et Agil soient récurrents, leur évolution est inexistante. Pourtant, voilà deux personnages présentés de manière à ce qu’on s’attache à eux, rendant leurs apparitions appréciables mais manquant cruellement de panache. Trop attaché à son idée phare de la vie de Kirito, l’écrivain en oublie alors tous ces personnages qui ne demandent qu’à bénéficier de mises en avant.




Le pays des elfes en second round


L’arc Fairy Dance suit directement celui de l’Aincrad. En fait, c’est peut-être l’un des seuls arcs où une continuité tangible s’affiche, si bien qu’il serait finalement difficile de le conseille indépendamment contrairement à Phantom Bullet que nous ne traiterons pas dans le dossier présent. Cette seconde aventure découle entièrement du premier arc puisque la finalité de ce dernier a apporté de nombreux points noirs, ceci pour amorcer l’intrigue de Fairy Dance dont l’action de situe dans le jeu virtuel Alfheim Online. Et pour l’occasion, Reki Kawahara a cherché à renouveler son univers et surfer sur de nouveaux horizons : le nouveau jeu présenté reste dans le domaine du RPG dans un monde de Fantasy, mais son gameplay est totalement différent de Sword Art Online.

Et cette fois, l’auteur n’a pas réitéré sa vision de seconde vie dans le sens où l’aventure nouvelle de Kirito serait un substitut à sa vie réelle. Son choix d’alterner les séquences de jeu et celles de vie « irl » est justement très intéressant car la frontière entre les deux univers, réalité et virtuel, est palpable. Il lie les deux mondes par les enjeux de l’arc cristallisés par les interactions entre les deux univers, les actions dans ALfheim ayant des circonstances sur le quotidien de certains personnages dans leur vie véritable. Le personnage de Suguha, sœur de Kirito et appelé Leafa dans le jeu, apporte sa contribution en interrogeant notamment les relations que l’on peut avoir entre joueur dont la seule liaison serait une connexion internet. Par la relation presque incestueuse et donc forcément assez gênante dépeinte, quand bien même l’écrivain trouverait une petite pirouette scénaristique pour contourner cette frontière, Reki Kawahara met aussi en garde sur les mauvaises surprises que peuvent apporter un univers virtuel qui nécessite bien plus de précaution que dans le monde véritable en termes d’interactions humaines, l’internaute face à nous pouvant bien plus facilement cacher son vrai visage.

Mais surtout, Fairy Dance permet de gommer l’une des faiblesses du premier arc, à savoir le manque de développement du jeu lui-même. Car quand bien même le sujet de la série, celui des VRMMORPG, était le moyen pour l’auteur tous ses sujets, il ne faut pas oublier que c’est surtout l’opportunité pour présenter mille et une aventures et que c’est presque automatiquement ce genre d’attente qui est engendré dans la tête du lecteur ou du spectateur. Ainsi, Alfheim Online présente un gameplay plus décortiqué, passant notamment par le biais de races de personnages engendrant une certaine situation géopolitique au sein même du jeu. Reki Kawahara ne va pas forcément au bout de ce développement puisqu’il se concentre avant tout et surtout sur la quête de Kirito dont la venue dans ce second jeu n’est que temporaire, mais la mise en avant de ces nouveaux aspects vidéoludiques donnent une consistance à l’arc en termes d’action que n’avait pas forcément la première partie de la saga.

Finalement, chaque partie de la série a ses spécificités, d’abord dans le traitement de l’univers du jeu et des aventures qui impliquent alors quelques facilités dont le besoin de présenter en permanence un Kirito toujours en dessus des autres, de quoi agacer mais qui pourtant plait à de nombreux fans, chose que l’auteur lui-même a du mal à comprendre. Mais surtout, on constate que le thème des frontières entre monde réel et virtuel, entre la vie véritable et le jeu vidéo, est toujours présent et abordé sous des optiques différentes. Ainsi, quelles nouvelles perspectives peuvent être offertes par la suite des aventures ?
  
  
  


@REKI KAWAHARA

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