Dossier manga - Persona5
Sommaire

Publié le Vendredi, 19 April 2019


Les adaptations animées


C'est une coutume dans Persona depuis Persona4 the Animation : les opus principaux ont droit à leurs adaptations animées. Persona5 ne fait pas figure d'exception puisqu'avant la sortie du jeu, un OAV spécial, à vocation promotionnelle, fut diffusé. En avril 2018 a suivi Persona5 the Animation, série animée adaptant réellement le soft d'Atlus.

L'épisode introductif : The Day Breakers

Persona5 the Animation : The Day Breakers est annoncé relativement tôt, lors d'un live dédié à Persona5 qui officialisait la date de sortie du jeu, ainsi que l'édition collector japonaise. On considère un peu à tort comme cette production comme un OAV puisqu'il est diffusé dans un premier temps le 3 septembre 2016, et n'a eu droit à une sortie DVD et Blu-ray que le 7 décembre, au Japon.

Le studio A-1 Pictures, qui avait déjà travaillé sur les séries Persona -trinity soul- et Persona4 the Golden Animation, signe la production de ce programme spécial. La réalisation est assurée par Takaharu Ozaki, animateur qui n'avait qu'un CV mineur à l'époque mais qui a depuis réalisé l'anime Girls' Last Tour, et un certain Goblin Slayer. Le script, lui, est assuré par Shinichi Inotsume, scénariste qui assurera l'écriture globale de Persona5 the Animation mais qui a aussi scénarisé quelques épisodes de Jojo's Bizarre Adventure et Food Wars, et à qui l'on doit la composition scénaristique des anime Sket Dance et Hayate The Combat Butler.


Cette première adaptation de Persona5 est à remettre dans son contexte, mais constitue curieusement un sacré paradoxe. L'épisode existe surtout pour promouvoir le jeu et sa direction artistique particulièrement vive. Ainsi, The Day Breakers adapte une quête secondaire de Persona5 en mettant en avant les premiers membres des Voleurs Fantômes dévoilés par les campagnes promotionnelles, c'est à dire Joker, Skull, Panther, Mona et Fox. Pas besoin d'avoir joué au jeu pour comprendre l'intrigue, donc, l'essentiel étant de connaître le but des Voleurs Fantômes et de ce que constitue le métaverse. Le scénario se limite aux plus simples mécaniques du cinquième opus, ce qui le rend accessible. En soit, la qualité promotionnelle de cet épisode est purement assumée, et on pouvait ne pas attendre grand chose de sa part. Pourtant, le travail effectué par les équipes d'A-1 Pictures se révèle impeccable : pour une durée de 25 minutes, The Day Breakers bénéficie d'une réalisation efficace, surtout lors de sa scène d'action qui correspond à ce qu'on est en droit d'attendre d'une série animée Persona. On sent ici l'intention d'offrir une démonstration sur l'identité de Persona5, exercice réussi grâce à la qualité de réalisation globale... et du temps de production alloué. En effet, l'épisode est annoncé des mois avant sa sortie, le résultat est donc à la hauteur du délais de production permis.

Le paradoxe vient donc de cette réussite, quand on connait le résultat du fameux Persona5 the Animation...

P5A : Le vilain petit canard

Globalement, les anime Persona se sont montrés convaincants, bien que Trinity Soul fasse débat pour son ambiance particulière, son rythme lent et ses mécaniques qui semblent très détachées du lore Persona aujourd'hui. Alors, on était en droit d'attendre un bon résultat de la part de Persona5 the Animation, d'autant plus que le studio A-1 Pictures est annoncé pour reprendre la barre. Mais en cours de route, changement de programme : Ça sera finalement CloverWorks, jeune studio né d'une filiale avec A-1 mais étant devenu indépendant, qui chapeaute le tout. Le studio naît officiellement en avril 2018 soit... le mois de début de diffusion de P5A. Voilà qui ne sous-entend rien de bon quant à la production de la série, un avant-goût qui sera confirmé par la qualité globale de celle-ci. La série est réalisée par Masashi Ishihama, animateur, réalisateur et character-designer qui s'était récemment illustré par sa direction du second opening de L'Attaque des Titans, tandis que l'écriture globale est une nouvelle fois assurée par Shinichi Inotsume.


Outre le fait que l'intrigue du jeu, soit plus de 100 heures, soit condensée en 26 épisodes de 25 minutes plus 2 épisodes spéciaux de près d'une heure, ce qui a nuit à la compréhension globale du scénario assez dense, c'est bien toute la qualité technique de l'anime qui est resté en travers de la gorge des spectateurs. Les plans ratés sont légion dans la série, les effets spéciaux destinés à servir l'action sont minimalistes, et la réalisation d'une paresse à toute épreuve. Seules quelques fulgurances, par exemple sur l'affrontement contre Kaneshiro ou le second épisodes spéciales, redonnent de légers espoirs... mais en vain. A titre d'exemple, Persona4 the Animation racontait énormément de choses à travers ses scènes d'action, et les combats soulevaient toujours les dilemmes autour des personnages. Dans P5A, les combats n'ont que la fonction de scènes d'action, dont le rendu n'est même pas spectaculaire. La mise en scène ne cherche jamais à appuyer les enjeux, et seule la musique parvient à apporter un peu de profondeur et d'identité. A ce titre, on remerciera Shoji Meguro et Lyn pour avoir orchestré It's too late, insert-song à la fois dramatique et épique qui ponctue les importantes batailles de la série.

Ainsi, si on devait retenir une qualité à cette série animée, c'est d'avoir donné de la visibilité à Persona5 en France puisqu'elle est proposée sur Wakanim. Mais le résultat n'est pas à la hauteur de nos attentes, surtout pour un jeu visuellement si appuyé que Persona5. Et là aussi, un autre paradoxe survient, puisque P5A marche très bien, commercialement parlant, au Japon, ses différents volumes DVD et Blu-ray se trouvant dans le top des ventes.


Les adaptations manga et autres ouvrages


Côté Japon

Là aussi, c'est un rituel : Chaque jeu Persona (du moins, depuis le troisième épisode) connaît son adaptation manga. Si, d'une manière assez générale, ce type d'adaptation est voué à n'être qu'un produit promotionnel pour le support d'origine, ce que quelques titres parus en France ont déjà démontré, les titres Persona ont la chance de pouvoir être développés assez librement par leurs auteurs, et souvent à long terme. A titre d'exemple, les mangas Persona3 et Persona4 de Shûji Sogabe ont vu leur publication s'étendre sur plus d'une dizaine d'années, et totalisent tous deux plus de dix volumes, une démarche peu fréquente pour les adaptations manga de jeux-vidéo.

Le premier manga Persona5 à être lancé est l'adaptation pure du jeu vidéo. Celle-ci débute le 22 septembre 2016 sur la plateforme Manga One des éditions Shôgakukan, ce qui brise l'exclusivité détenue ces dernières années par le groupe Kadokawa Shoten. A la barre du manga, Hisato Murasaki, jeune auteur signant sa première œuvre.

L'histoire reste inchangée, et constitue celle du jeu. Tout comme ce fut le cas avec les versions mangas des deux opus précédent, l'auteur prend son temps pour développer l'intrigue, si bien que la fin du quatrième volume correspond à la première rencontre avec Goro Akechi, dans le studio de télévision.
Une adaptation fidèle, donc, mais qui ne semble pas forcément plaire de par le style graphique de Hisato Murasaki. Si Shûji Sogabe a une patte qui peut être mise en parallèle avec le character-design de Shigenori Soejima, le mangaka de l'adaptation présente ne trahit pas sa propre identité. Il y a donc une certaine rupture visuelle avec l'expérience connue sur le jeu Persona5, mais cela donne au récit le mérite d'avoir sa propre identité graphique. Aussi, on notera que le protagoniste se voit affublé d'un autre nom que celui de Ren Amamiya : Akira Kurusu.


En octobre 2018, l'éditeur Kadokawa Shoten lance lui aussi son propre manga Persona5 : Persona5 Mementos Mission. Il n'est toutefois pas question d'adapter de nouveau l'intrigue du jeu et de faire concurrence à la version de Hisato Murasaki, mais plutôt de faire office de spin-off en développant une histoire totalement originale. Il est encore tôt pour juger la nature globale du récit puisqu'un seul tome est disponible au Japon, à l'heure où ces lignes sont écrites. On notera toutefois que le manga a le mérite de proposer une intrigue totalement originale, ce qui n'était pas arrivé depuis le manga Persona : Crîme et Châtiment, soit depuis le début des années 2000 (le manga Persona x Detective Naoto ne compte pas, puisqu'il s'agit de l'adaptation d'un light-novel).

L'artiste en charge du projet n'est pas un inconnu de la licence puisqu'il s'agit de Rokuro Saitô, mangaka qui a déjà signé la série en quatre tomes Persona4 : The Ultimax Ultrasuplex Hold, adaptation du jeu-vidéo éponyme. L'auteur a lui aussi son petit cachet visuel et aime s'en servir pour représenter les personnages sous diverses postures, si bien qu'il publie régulièrement des illustrations inédites sur les réseaux sociaux. Son trait, assez glamour, se prête assez bien à Persona5 et à son ambiance stylisée, faisant de Mementos Mission un spin-off prometteur. On notera d'ailleurs que le protagoniste récupère le nom officiel dévoilé dans l'adaptation animée, c'est à dire Ren Amamiya.


D'autres ouvrages Persona5 ont vu le jour au Japon. On pense notamment aux artbooks, celui du jeu notamment, sachant que les spin-offs et même l'adaptation animée ont ou auront droit à leurs bibles dédiées. Plusieurs anthologies, à savoir des recueils de petites histoires par différents auteurs, ont aussi vu le jour. Pas de grande particularité de ce côté-là, si ce n'est qu'un artiste bien connu chez nous y a contribue : Suzuhito Yasuda, l'illustrateur des light-novels DanMachi et Durarara !! .

Du côté de la France...

La date de parution du dossier se prête bien au sujet. Depuis mars 2019, les ouvrages Persona pointent de nouveau le bout de leur nez en France. Jusqu'à présent, la série avait fait un simple passage aux éditions Delcourt en 2003 avec Persona : Crîme et Châtiment, sans aller au-delà. Il faut dire qu'elle n'avait alors pas la reconnaissance actuelle, puisque la nouvelle ère de la saga, lancée avec Persona3, n'existait pas encore.

Après plusieurs mois de rumeurs, laissant entendre que l'adaptation manga de Hisato Murasaki serait publiée chez nous, la nouvelle tombe enfin : c'est l'artbook Persona5 qui sera édité par Mana Books, en même temps que les premiers tomes du manga Persona3 de Shûji Sogabe. L'ouvrage paraît ainsi le 21 mars et contribue à dynamiser la licence chez nous, notamment du côté des amateurs d'ouvrages et des lecteurs de manga. Il faut dire que la qualité du livre, dans sa version française, y est pour beaucoup : le contenu est dense, et superbement fabriqué, notamment grâce à une couverture rigide et une reliure solide. On peut même vanter cette version française qui semble, à ce jour, être la version ultime de l'artbook original. Contrairement à la version américaine, qui s'amputait d'une bonne quarantaine de pages, le contenu est fidèle à l'artbook japonais, tandis que sa couverture rigide et son format un poil plus grand en fait un livre de plus haute qualité.


A ce jour, il s'agit du seul ouvrage estampillé Persona5 publié chez nous. Voir les autres titres n'est peut-être pas impossible, mais tout dépendra alors du succès du manga Persona3 chez nous.


Les spin-off vidéoludiques


C'est devenu une formule pour Persona : depuis le quatrième épisode, des spin-off sont mis en chantier côté jeu-vidéo. La production d'un opus principal demandant du temps, cela permet à Atlus de garnir la licence et de la faire vivre, financièrement parlant. D'ailleurs, les nombreux projets animés et de manga correspondent aussi à cette optique. Rien d'étonnant, donc, à ce que Persona5 ait aussi droit à ses épisodes dérivés.

Le premier spin-off à être confirmé est Persona5 : Dancing Star Night, ou Persona5 : Dancing in Starlight en occident. Atlus reprend ici la formule de Persona4 : Dancing All Night, à savoir un jeu de rythme appliqué à l'univers Persona. Rien de si étonnant, après tout, puisque la musique joue un rôle important dans l'esthétique actuelle de la licence.

Le jeu sort le 24 mai 2018 au Japon, et le 4 décembre en Europe et aux États-Unis, tout comme Persona3 : Dancing in Moonlight. Il s'agit d'ailleurs du premier jeu, et du sol à ce jour, qui bénéficie d'une traduction intégrale des textes dans notre langue mais aussi en allemand, en italien et en espagnol. Un choix justifié par la faible quantité de textes de ce spin-off puisque, contrairement aux opus principaux et même à Persona4 : Dancing All Night, il n'y a pas de réel mode histoires, juste de petites interactions à débloquer si et là. Comprenez alors que la traduction du jeu représente un coût bien moins élevé que sur un des opus phares, et on ne parle de de somme à seulement quatre chiffres.

Tout comme P4D (pour Persona4 : Dancing All Night), le jeu s'adresse aux fans de la licence ainsi qu'aux adeptes de jeux de rythme qui aiment scorer. Découvrir Persona par son biais n'est pas un choix judicieux, puisqu'il n'est absolument pas représentatif de la licence. Au mieux, il permet de faire connaissance avec l'univers musical de Persona5.


Le second spin-off paru est à ce jour est Persona Q2 : New Cinema Labyrinth. Il s'agit là du deuxième volet de la sous saga Persona Q, dont l'optique est de réunir les personnages des jeux principaux depuis le troisième épisode, en arborant une esthétique SD plus légère. Une charte graphique trompeuse puisque la série n'est pas forcément accessible côté gameplay. En effet, Atlus s'inspire d'Etrian Odyssey pour la formule de Persona Q. Le jeu consiste en un dungeon crawler exigeant, sur lequel le joueur doit écrire sa propre carte grâce à l'écran tactile de la 3DS. Si le style diffère totalement d'un Persona classique, il apporte aussi son petit vent de fraîcheur. En attendant le prochain épisode principal, l'expérience est donc particulièrement agréable, pour peu qu'on se prête au jeu et au ton du soft.

Persona Q2 : New Cinema Labyrinth relève le défi de réunir les protagonistes de Persona3, Persona4 et Persona5, tout en intégrant pour la première fois dans le canon de l’œuvre le protagoniste féminin de Persona3, qui n'apparaît que dans la version PSP du jeu. PQ2 soulève potentiellement des enjeux scénaristiques par rapport à l'univers, mais il faudra patienter un peu puisque le jeu sortira chez nous le 4 juin 2019. Au Japon, il est disponible depuis le 29 novembre 2018. Et à l'heure où la question d'une traduction complète de Persona5 fait débat, on notera que PQ2 fait office de cas particulier et présente les limites de la popularité de la licence en occident, puisque le jeu ne bénéficiera même pas d'un doublage anglais, une tradition intégrée avec le troisième épisode désormais rompue, et une pratique à laquelle les fans de la série s'étaient attachés.

L'affaire des spin-offs vidéoludiques de Persona5 ne s'arrête pas là, puisque deux nouveaux titres sont en production. Le premier, et le plus dévoilé actuellement, s'intitulera Persona5 The Royal. Peu d'indice à son sujet si ce n'est un nouveau personnage en la personnage d'une lycéenne qui semble désapprouver les méthodes des Voleurs Fantômes, d'après les premiers teasers. En revanche, rien n'est encore confirmé concernant l'orientation du gameplay, et la nature du soft. Version complétée de Persona5 offrant la possibilité d'incarner un protagoniste féminin ou proposant un personnage complémentaire ? La réponse nous sera donnée en fin de mois, lors du Persona Super Live, concert dédié aux musiques de la série.


Enfin, un autre jeu sera dévoilé à cette même occasion : P5S. Pour le coup, aucun indice supplémentaire n'a été donné. Les hypothèses vont bon train sur la toile, notamment parce que Joker sera prochainement un personnage jouable de Super Smash Bros Ultimate, ce qui sous-entendrait un portage de Persona5 sur la fameuse Switch de Nintendo. Mais rien de concret pour le moment, aussi ce paragraphe de notre dossier sera peut-être obsolète assez rapidement puisque les prochaines annonces pourraient répondre à cette question.

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© by ATLUS / SOEJIMA Shigenori / KADOKAWA

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