Mes voisins les Yamada - Actualité manga
Dossier manga - Mes voisins les Yamada

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Publié le Jeudi, 18 November 2010


Ghibli s’invite chez les Yamada

 
Si la réputation de Mes Voisins les Yamada a dépassé les frontières du pays du soleil levant, c’est sans doute en grande partie grâce à l’adaptation en film par Ghibli, réalisé par Isao Takahata (Pompoko, Le Tombeau des Lucioles). On ne présente évidemment plus le studio, à l’origine de Princesse Mononoke, Porco Rosso, Le Voyage de Chihiro, Mon Voisin Totoro, et encore beaucoup d’autres. Le choix d’adapter cette série est d’autant plus surprenant que le sujet est assez éloigné des sujets habituels traités par Ghibli.
Par exemple, le graphisme en aura sûrement surpris plus d’un. Très fidèle à l’univers de la BD originale, les animateurs ont « simplement » rajouté une touche de couleur façon aquarelle, pour un rendu pourtant véritablement expressif et magnifique en mouvement. Sans aucun doute, le film est à la hauteur des autres productions Ghibli à ce niveau.

Et il en va de même pour la façon d’adapter le manga. D’une façon toute personnelle, Takahata a pris certains de ses sketchs favoris et les a insérés dans le film, mais sans oublier de créer de nouvelles séquences totalement inédites. Une des plus intéressantes et des plus belles est la scène du toast lors du mariage, où le long fleuve pas si tranquille qu’est la vie est représentée de manière originale et très visuelle. Descente en bobsleigh, voyage en yacht, puis arrivée des enfants, avec des références typiquement japonaises (Momotaro pour Noboru et Princesse Kaguya pour Nonoko) avant d’aller chercher la grand-mère qui chevauche un escargot. Sans oublier la très belle séquence de fin, tout en musique et en chant. Les scènes sont aussi ponctuées de haiku, ces poèmes typiquement japonais, ce qui rajoute encore une touche personnelle et non négligeable à l’histoire. D’ailleurs, plus encore que le manga, le film regorge de références japonaises, ce qui fait que les lecteurs les moins au fait de la culture japonaise seront sans doute un peu perdus par moment, ou du moins passeront à côté de détails amusants, ce qui est en soi un peu dommage. Les autres par contre s’amuseront à essayer de capter toutes les références.

Le film peut être considéré comme une adaptation fidèle du manga. Comme lui, il ne cherche pas à être tout à fait cohérent dans son enchaînement. Les sketchs se succèdent, sans véritable fil conducteur, le tout tient uniquement grâce à la personnalité des personnages, à l’expressivité des dessins et l’ambiance générale qui se dégage du film. Sans oublier la musique, évidemment, toujours très bien choisie. Takahata met surtout l’accent sur les liens qui unissent la famille, plutôt que sur l’humour. On retrouve de nombreux sketchs où toute la famille intervient, où ils se disputent, où ils se serrent les coudes, etc. Un très bon choix au demeurant, pour garder une certaine cohésion dans la narration assez hachée, et parce que les gags sur les faits d’actualité ne trouveraient pas leur place dans une adaptation qui se veut évidemment intemporelle.
Au final, un excellent film, assurément, et qui a parfaitement capturé l’esprit de cette drôle de famille et a su imposé sa propre personnalité sans renier le caractère de la série.
    
    
  
  

Manga ou film ?

    
Faut-il choisir le film ou le manga ? Les deux si possibles. Cependant, et à titre purement personnel, j’ai une nette préférence pour le manga. Tout simplement car il s’agit d’un livre de chevet, avec un niveau de relecture quasiment infini. On peut en lire quelques pages à n’importe quel moment, l’impression de déjà-vu est très peu présente. Entre le moment où on aura lu un strip et le moment où on le relira, de l’eau aura coulé sous les ponts, et on y reviendra à nouveau avec plaisir, voire on y verra un petit détail qui nous avait échappé auparavant. Bref, le plaisir de lecture persiste encore et encore.
   
  

Quant au film, il complète très bien le manga, et sans doute suffira-t-il pour ceux qui ne peuvent ou veulent s’offrir la version papier. La musique, l’aspect visuel, la bonne humeur, en fait une œuvre qui vaut vraiment la peine d’être vue, voire se révèle indispensable à un certain niveau. Mais il perd évidemment le côté pratique du manga, qui lui peut être lu à tout moment, en tout endroit. Le film perd évidemment aussi quelques personnages secondaires hilarants, comme la maîtresse de Nonoko, pocharde sur les bords et incapable de se rappeler le nom de tous ses élèves, tout en essayant de faire de son mieux dans l’enseignement.

Bref, il n’y a pas de meilleurs ou de moins bons choix. Peu importe le support, Mes Voisins les Yamada garde son côté plaisant, humoristique et décontracté, chacun avec ses avantages. La musique et l’aspect visuel pour l’un, le côté pratique pour l’autre. À vous de choisir ce qui vous convient le mieux, ou encore mieux, de ne pas faire de choix et de s’essayer aux deux.
  
 
  
 
 

TONARI NO YAMADA KUN – ZENSHU ©1999 ISHII HISAICHI : Studio Ghibli / First published by Tokuma Shoten

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