Dossier manga - Le Chien gardien d'étoiles

Reader Rating 19 /20

Sommaire

Publié le Jeudi, 18 August 2011


Inspirations et adaptations


Dans la culture japonaise populaire, Le Chien gardien d'étoiles est loin d'être le seul élément à mettre en valeur la fidélité canine, et à vrai dire, Takashi Murakami s'est en partie lui-même inspiré de la plus célèbre histoire nippone sur le sujet: celle de Hachiko, dont vous avez peut-être déjà entendu parler, que ce soit dans des livres, films, sur internet, ou dans des mangas comme Nana ou Gals, où l'histoire est évoquée.

Hachiko était le nom d'un chien de race akita-inu (race de chien qui ressemble d'ailleurs beaucoup à Happy du Chien gardien d'étoiles), qui appartenait au Dr Ueno, professeur d'une université de Tôkyô et habitant du quartier de Shibuya. Tous les matins, le chien accompagnait Mr Ueno jusqu'à la gare, rentrait à la maison, et revenait le soir à la gare pour accueillir son maître. Mais un jour du mois de mai 1925, le professeur ne rentra pas, ayant succombé à son travail d'une hémorragie.
Comme chaque soir, Hachiko alla attendre son maître à la gare de Shibuya, mais ne trouva sur place que des amis du professeur, qui l'embarquèrent pour s'occuper de lui. Mais dès le lendemain, l'animal s'échappa et parcourut les plusieurs kilomètres qui le séparaient désormais de la gare pour continuer d'attendre son maître. Ce geste, il le répéta pendant des jours puis des mois, puis des années, attendant inlassablement que le Dr Ueno revienne.
Impressionnés et touchés par la fidélité de ce chien, les habitants du quartier de Shibuya le sornommèrent Chûken ("chien fidèle") et commencèrent à lui donner régulièrement de l'eau et de la nourriture, et au fil du temps, l'animal acquit une notoriété qui dépassé les frontière tokyoïtes, tant et si bien qu'il n'était pas rare de voir des provinciaux venir voir l'animal, qui a même droit à un article dans le journal Asahi Shinbun.
Les choses durèrent ainsi jusqu'au 7 mars 1935. Après avoir répété le parcours pendant 10 ans, hachiko, vieux et affaibli, s'éteignit de vieillesse.
En guise d'hommage à la fidélité de cet animal devenu une mascotte au fil des années, une statue à l'effigie de Hachiko, conçue par le sculpteur Teru Ando, fut érigée face à la gare de Shibuya en avril 1934 en présence du chien. Fondue pendant la Seconde Guerre Mondiale par besoin, la statue eut droit en août 1948 à une réplique, créée par Takeshi Ando, remise au même endroit, devant la gare de Shibuya.



Et depuis, le 7 mars de chaque année, est organisée devant la statue la Chûken Hachiko Matsuri, une fête en l'honneur de ce symbole de fidélité.

En quelques décennies, l'histoire touchante de Hachiko a largement inspiré les artistes jusqu'au-delà des frontières japonaises.
En 1987 sort sur les écrans le film japonais Hachiko Monogatari, réalisé par Seijiro Koyama. En 2009, un remake américain est réalisé par Lasse Hällstrom. Nommé sobrement Hachi, on y retrouve Richard Gere.
Sur le petit écran, un épisode de la série américaine Futurama, le deuxième de la saison 5, s'inspire de l'histoire de Hachiko.
La bande dessinée n'est pas en reste, puisque dans Spirou et Fantasio à Tôkyô, les deux héros rencontrent Hachiko qui les accompagne dans leur aventure.
Les exemples de ce type sont encore nombreux,  les produits dérivés sont légion et témoignent grandement de la popularité de cette histoire.

En 2008, ce fut donc au tour de Takashi Murakami de reprendre les grandes lignes de l'histoire pour les réadapter à sa manière. Et suite au succès rencontré, une adaptation en film fut mise en chantier, celle étant sortie cet été 2011 au Japon. Le rôle de "Papa "est tenu par Toshiyuki Nishida (Space Battleship Yamato, Sukiyaki Western Django). Viennent compléter le casting, entre autres, Tetsuji Tamayama (Nana, Casshern) et la jeune idol Umika Kawashima (drama de Bloody Monday). Le film est réalisé par Tokiyuki Takimoto.
  
 
     
  

Des personnages simples


On l'a déjà dit, l'histoire de Takashi Murakami se veut simple et vraie, et cela passe évidemment par des personnages eux-mêmes simples, communs, des personnages  que l'on pourrait rencontrer dans la rue tant ils n'ont aucune particularité. Loin des héros forts, porteurs de pouvoirs ou que sais-je encore de beaucoup d'oeuvres, les personnages principaux du Chien gardien d'étoiles seveulent réalistes et conservent une grande simplicité qui les rend d'autant plus proches de nous et touchants.

Ainsi, au fil des pages, nous découvrons en "Papa" un homme a priori austère, pas spécialement expressif, laissant couler sa vie. Un employé japonais de la vieille école classique, simple. Un homme qui suit sa vie aux côtés de sa femme, mère au foyer classique, de sa fille, gamine normale. Et l'arrivée d'un chien dans cette petite famille n'est qu'une preuve de plus de l'aspect commun de ce petit monde. Tout le talent de Murakami résident dans le peinture qu'il va réaliser au fil des pages, puisque c'est en lisant l'oeuvre que l'on apprend à connaître "Papa".

Okutsu, quant à lui, est peut-être encore plus banal. Depuis toujours, cet assistant social d'une soixantaine d'années vit dans la maison que lui ont laissée, en même temps qu'une vieille voiture de 1964, ses grands-parents qui l'ont élevé. Une grande bâtisse perdue au milieu d'un champ de tournesols, où l'air s'engouffre avec une facilité déconcertante. Via le détail apporté à la description de la bâtisse, on ressent pleinement que le goût du mangaka pour les choses simple sne s'arrête pas aux personnages.
Comme déjà dit précédemment, Okutsu n'a jamais été marié, vit seul, et se contente de ses petites habitudes, comme se rendre tous les samedis à la bibliothèque municipale. Un homme simple, qui mène une vie simple. Une vie de monsieur toulemonde, en quelque sorte. Et une fois de plus, c'est au fil des pages que l'on apprend à connaître cet homme.
Ainsi, au fil de la quarantaine de pages qui composent la deuxième partie de l'oeuvre, le soixantenaire, face à la situation, ne peut s'empêcher de se remémorer son enfance: la construction d'une terrasse avec vue sur les tournesols par le grand-père pour offrir une fin apaisée à sa femme malade mais gardant le sourire. Puis la mort soudaine du grand-père. Mais, bien avant d'en arriver là, huit ans auparavant, le chien que le vieil homme avait offert à son petit-fils. Rien que événements de la vie courante.



© Takashi Murakami 2008 / FUTABASHA PUBLISHERS LTD, Tokyo,

Suivre les commentaires du dossier

Ajouter un commentaire

*


Le code HTML est interprété comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Si vous voulez créer un compte, c'est ICI et c'est gratuit!

> Conditions d'utilisation
MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News