Le Chien gardien d'étoiles - Actualité manga
Dossier manga - Le Chien gardien d'étoiles

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Publié le Jeudi, 18 August 2011


Les aléas de la vie


Et pour une personne simple comme "Papa", les malheurs sont eux aussi on ne peut plus communs.

Le premier malheur, commun à tout le monde: le temps qui passe, inéluctable, qui finit par avoir raison des moments heureux. Et tout découle de là.

Les années défilent. La petite fille joviale et innocente qu'était Miku laisse place à une adolescente en pleine crise, qui a grandi et ne s'occupe guère plus du chien. De son côté, "Papa" est devenu chômeur. Rien ne va plus, et bientôt, sa femme lui demande le divorce. Autant d'événements qui peuvent rappeler un manga comme Je ne suis pas mort, paru aux éditions Akata/Delcourt, où un homme qui n'a plus rien part survivre en pleine nature.

Mais au contraire de celui-ci, "Papa", lui, n'a plus vraiment la force pour rien, encore affaibli par une maladie incurable. Et à partir de là, pas question pour lui de chercher à tout prix à survivre. S'il part en voyage, c'est plus pour aller à la rencontre de la mort, quelque part au calme, loin de tout, seul avec l'unique compagnon qu'il lui reste.

Pas de combats de folie, pas d'événements extraordinaires. Les problèmes qui tombent sur cet homme sont aussi classiques, aussi courants, aussi banals que lui, et peuvent être le lot de chacun. Les aléas de la vie, tout simplement, propres à tout humain.

 


Les méfaits de la société


Si Takashi Murakami n'aborde jamais la chose de manière poussée, on constate, tout au long de son récit, une petite mise au point sur certaines tares de la société.

Ainsi, un constat s'impose: "Papa" est un employé japonais de la vieille école classique, simple, et en partie dépassé par les événements est n'a guère la force de réagir face à ce dépassement. Perdu, il est tout simplement incapable, comme beaucoup, de s'habituer aux méfaits d'une société évoluant trop vite en oubliant les valeurs fondamentales, et qui n'a guère plus le temps de s'intéresser à ses individus.

L'individu en lui-même n'a plus sa place, et l'anonymat général est aussi l'un des facteurs de la chute de "Papa". Plus personne ne sait qui il est, et à vrai dire, tout le monde s'en contrefiche. Mais cet anonymat, plutôt que d'essayer d'en sortir, "Papa" va l'utiliser pour trouver le salut, comme le prouvera la quête d'Okutsu après sa mort. Le cadavre n'avait aucun papier, aucune trace susceptible de l'identifier. Pour s'éloigner de la société qui l'a rejeté, il était nécessaire que "Papa" se débarrasse de tout ce qui pouvait la relier à elle. Et c'est loin de tout problème, en anonyme apaisé, que l'homme s'est éteint.

L'inadaptation à la société passe aussi par l'intermédiaire d'une rencontre que font "Papa" et Happy, celle d'un petit garçon livré à lui-même, cherchant de l'argent pour voyager. Et si le gamin jouera un mauvais tour à nos héros, c'est bien parce que, délaissé, il en avait besoin.

Enfin, comment ne pas voir, régulièrement, une petite critique de L'humain ? A quelques reprises, Happy se retrouve face à des êtres cruels, le prenant par exemple pour un mauvais chien errant et le chassant violemment sans chercher à en savoir plus, alors que l'animal n'avait pas de mauvaises intentions. Et quand le traitement offert à l'animal n'est pas foncièrement mauvais, c'est l'indifférence qui peut prendre le relais. Happy le constatera avec Miku, qui s'occupait pourtant si bien de lui avant qu'elle n'atteigne l'adolescence. Et Okutsu, de son côté, a tout à loisir de regretter l'indifférence qu'il a pu montrer envers son compagnon d'enfance.

Finalement, le salut qu'a trouvé "Papa" dans la mort n'était sans doute pas une mauvaise solution. S'étant écarté d'une société qui corrompt, on peut se dire qu'il a retrouvé là une façon de profiter, à la fin, des choses les plus simples de la vie, comme un coucher de soleil sur la mer. Et, surtout, qu'il a réappris à faire réellement attention à ses plus proches compagnons. Qu'il a un peu retrouvé ce qui compte vraiment.



© Takashi Murakami 2008 / FUTABASHA PUBLISHERS LTD, Tokyo,

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