Héros Modestes (Modest Heroes) : Ponoc Short Films Theatre - Actualité manga
Dossier manga - Héros Modestes (Modest Heroes) : Ponoc Short Films Theatre
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Publié le Vendredi, 04 October 2019


Kanini et Kanino (Kanîni to Kanîno)


Le premier des trois courts-métrages de Héros Modestes nous plonge sous l'eau, aux côtés de personnages pas plus grands que des crabes. Ceux-ci sont d'ailleurs présentés comme tels, mais ont forme humaine.

Le jeune Kanini et sa petite sœur Kanino sont encore des enfants aux yeux de leurs parents, mais à l'heure où la mère doit s'absenter, tous deux veulent épauler du mieux qu'ils le peuvent leur père, notamment pour la quête de nourriture. Mais quand Kanini commet une erreur menaçant sa vie, son père vole à son secours et est emporté parles courants marins. Kanino est effondrée, Kanini ne sait d'abord pas quoi faire... Pourtant, ensemble, ils vont décider de partir à la recherche de leur père, en espérant le retrouver vivant. Mais ces deux êtres tout petits seront-ils assez forts pour affronter l'immense poisson risquant de les dévorer ?





L'idée de ce court-métrage est venue à l'esprit de Hiromasa Yonebayashi en 2017, quand celui-ci a pris conscience d'une chose : à l'heure où son deuxième enfant allait naître et que son épouse était à l'hôpital pour l'accouchement, son premier fils, lui, avait déjà bien grandi. C'est exactement le sujet de cette brève réalisation : en l'absence de leurs parents habituellement protecteurs, Kanini et Kanino décident d'eux-mêmes passer à l'action pour retrouver protéger les leurs, et en cela ils montrent qu'ils ne sont déjà plus des totalement des enfants, et qu'un jour ils sauront parfaitement se débrouiller par eux-mêmes, comme les prouvent les dernières images où ils ont l'entière confiance de leur entourage.

Avant cela, le passage face au poisson est intéressant en témoignant tout l'amour entre le père et les deux enfants : alors que Kanini et Kanino sont prêts à voler au secours du papa blessé à l'entrée d'une grotte, celui-ci, prêt à sa sacrifier pour sa progéniture, leur somme de partir face au danger que représente le poisson. Mais au final, à l'heure où leur courage explose et est bien mis en valeur face à un danger qu'ils ne peuvent pourtant pas vaincre (le poissons étant largement plus grand qu'eux), la nature elle-même pourrait bien leur donner un petit coup de main...





Mettant en valeur l'héroïque courage qui peut naître de la relation parents/enfants, Kanini & Kanino est servi par une réalisation impressionnante.

Quasiment muet hormis les noms que les personnages se crient, le court-métrage repose sur quelques très belles musiques dans la droite lignée de ce que Takatsugu Muramatsu a pu faire par le passé sur les précédents travaux de Yonebayashi sur Souvenirs de Marnie et Mary et la fleur de la Sorcière, avec un prime quelques notes un peu tribales qui sont propices à l'exotisme et à l'aventure. Muramatsu est également connu pour avoir signé les musiques du virevoltant Lou et l'île aux sirènes de Masaaki Yuasa, et on retrouve ici le me^me goût pour les sonorités énergiques et colorées. Mais sur le plan sonore, l'ouvrage brille aussi pour tous les bruits liés à l'eau, omniprésents et immersifs.

Proposant, à l'instar d'Arrietty, des héros fantastiques dans notre monde réaliste, le film a bien travaillé le design de Kanini, de Kanino et de leurs parents, tout petits humains avec des élément de crabes. Mais il en est tout autant des quelques animaux apparaissant, entre les petites curiosités animales vives, ou simplement le gros poisson très bien mis en avant via des images de synthèse travaillées pour un rendu très réaliste, jusque dans les mouvements soudains des yeux de l'animal ou dans son rendu écailleux. C'est aussi le rapport de grandeurs qui est ici bien utilisé : là où ce poissons apparaîtrait inoffensifs pour des humains tels que nous, il s'agit d'une véritable monstre imposant pour nos tout petits héros.




Concernant le rendu de ce petit univers naturel, Hiromasa Yonebayashi a avoué avoir effectué des repérages au bord de la rivière Okutama à Tôkyô, en étudiant notamment l'environnement qu'il y avait autour de cette rivière, ainsi que la couleur translucide de l'eau. Anecdote amusante : lors de ces repérages, il a croisé la route d'un crabe qu'il a nommé Kanitama, ce petit animal vivant désormais dans les locaux de Ponoc en tant que membre du studio. Une chose est sûre : ce travail de repérages a été très bénéfique à l'oeuvre, afin d'offrir un rendu très réaliste et fourmillant de détails. C'est coloré, crédible, beau, et continuellement ponctué de petites choses qui font la différence, comme les mouvementes des cheveux de nos héros dans l'eau, l'omniprésence d'éléments (comme des feuilles) passant au second plan en étant emportées par le courant... Il s'agit d'une réelle réussite visuelle.

Enfin, la mise en scène est, elle aussi, souvent soignée le temps de ces quelques minutes, on pense notamment aux contreplongées quand le terrifiant poissons passe au dessus de nos héros, avec avant ça son ombre qui arrive pour les recouvrir.
  
  


© by Ponoc

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