GTO Shonan 14 Days - Actualité manga
Dossier manga - GTO Shonan 14 Days

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Sommaire

Publié le Jeudi, 07 Febuary 2013


Univers entremêlés

 
 
Ces dernières années, on ne peut pas dire que Tôru Fujisawa nous ait véritablement conquis. Depuis la fin de GTO en 2002, l'auteur n'a cessé d'enchaîner les flops et les séries B sans jamais parvenir à retrouver son meilleur niveau. A partir de là, quoi de mieux pour lui que de proposer une nouvelle série mettant en avant son héros fétiche, Eikichi Onizuka ? C'est donc en 2009, 7 ans après la fin de GTO, que l'auteur replace sur le devant de la scène l'un des profs les plus atteints et géniaux du shônen manga. Une nouvelle fois, les personnages de plus séries les plus emblématiques de l'auteur reviennent et ce n'est pas la première fois que Tôru Fujisawa fait ça : Bad Company et GTO reprenaient des personnages de Young GTO (Eikichi et Ryuji en tête, mais aussi Shinomi par exemple), et c'est donc au tour de Shonan 14 Days d'ajouter sa pierre à cet édifice (comme le feront après lui Ino Head Gargoyle et GT-R).

Le retour d'Onizuka dans sa ville de Shonan est l'occasion de revoir des personnages de la série Young GTO, qui se passait dans la même ville. Shinomi en tête, bien sûr, mais pas que. Ainsi, au fil de la série, on pourra retrouver plusieurs têtes de Young GTO bien connues.
Caïd des Midnight Angels qui a cherché à reformer cette bande avant d'être battu par Onizuka dans Young GTO, Junya Akutsu, finalement bel et bien devenu leader des Midnight Angels dans Shônan 14 Days, revient le temps d'aider le Great Teacher à retrouver Miki. Idem pour Joey, ancien membre du gang des Blue Roses, de Junji Kashiya, ancien leader de ce même gang, ou de Shindoji Fumiya, ancien ennemi de Ryuji qui s'est lié d'amitié avec Junya en prison.
Dans le même ordre d'idée, c'est avec plaisir que l'on revoit Tsuyoshi Tsukai et Yui Itoh, autrefois en relation dans Young GTO, et à présent mariés dans Shonan 14 Days. Un fait que l'on apprenait dans GTO !

En ce qui concerne les personnages de GTO, on retrouve avec grand plaisir les protagonistes évoqués précédemment : Urumi Kanzaki, Hayato Kikuchi, Hiroshi Uchiyamada.

Cela dit, l'envie de Tôru Fujisawa d'entremêler les univers de ses différentes séries amène parfois quelques incohérences, surtout dues à une volonté de conserver un récit moderne. Il faudra donc accepter les nombreux anachronismes que l'auteur propose, puisqu'il a choisi ici de moderniser son histoire plutôt que de conserver les éléments d'époque de GTO, alors me^me que les événement de Shonan 14 Days se déroulent au beau milieu de GTO. Ainsi, ne vous étonnez pas de voir Onizuka évoquer Haruhi Suzumiya ou Death Note, jouer à Resident Evil 5 sur PS3 ou mater la PSP... Des produits qui n'existaient pas à l'époque de GTO.

Qu'on se le dise, le pari de Tôru Fujisawa ne réside pas autant dans une quelconque recherche de véritable cohérence que dans l'envie de satisfaire les lectrices et lecteurs qui le suivent depuis longtemps en leur faisant retrouver, même brièvement, des personnages que l'on a pu croiser dans ses précédentes séries (Young GTO en tête).

Au-delà de toute prise de tête, le pari est réussi : découvrir un peu ce que sont devenus certains personnages de Young GTO devrait satisfaire à coup sûr les plus fervents amateurs de l'univers créé par Tôru Fujisawa. C'est limite du fan-service dans son genre, et ça fait plutôt plaisir.
 
 
  
  
 

La maltraitance juvénile, un sujet délicat

 
 
Dans GTO, Tôru Fujisawa dressait un portrait critique de toutes sortes de maux de notre société liés aux jeunes : les paumés, les racailles, les brimades entre élèves... Dans Shonan 14 Days, le mangaka préfère se focaliser plus précisément sur un aspect en particulier : les maltraitances juvéniles. Les horreurs que les enfants subissent à cause de parents violents, alcooliques, déviants, ou tout simplement irresponsables.

A travers Miki, Tôru Fujisawa met en avant un problème de relation père-fille tout ce qu'il y a de plus classique, mais bien mené, car on ressent plutôt bien le sentiment d'abandon qui peut animer Miki et qui la pousse à agir comme elle le fait.
Du côté de Seiya, on a un bel exemple de violence du côté du père, et d'égoïsme et d'incompréhension du côté de la mère.
Même exemple de violence parentale du côté de la petite Ikuko, les errances de la mère de la jeune fille étant en plus l'occasion d'entrevoir, certes de manière caricaturale, les horreurs que peut engendrer une faiblesse psychologique due à des pressions quotidiennes toujours plus grandes.
Difficile également de ne pas être un peu secoué par l'enfance désastreuse des jumelles Riko et Miko, qui n'ont jamais eu la chance d'avoir des parents compétents et, tout simplement, d'être aimées.
Autre sujet extrêmement grave : l'inceste et l'abus sexuel sur mineur, évoqué à travers les déboires de la jeune Sakurako.

Autant d'exemples que l'auteur met en avant à travers les différents cas de sa série. Autant d'éléments qui trouvent un approfondissement intéressant à travers les quelques pages bonus sur la maltraitance juvénile que l'on trouve dans les tomes 7, 8 et 9 du manga. Des pages qui permettent d'éveiller encore un peu plus les consciences. Des pages qui apportent nombre d'informations intéressantes. Quelles peuvent être les différents facteurs à l'origine de la maltraitance juvénile ? De quelles différentes manières peut-elle se manifester ? Comment la repérer ? Comment la signaler ? Comment l'enrayer ?
  
 
 
  
 

Changer tout ça

 
 
Pour faire face à ces différents problèmes de maltraitance, on peut compter sur un Onizuka en pleine forme, bien décidé à changer les choses, par tous les moyens, y compris les plus extravagants, mais sans jamais perdre ce côté franc et fonceur, limite casse-gueule, qui a toujours fait son charme.

Par exemple, on ressent bien la volonté d'Eikichi de faire changer la mentalité de Miki, à sa manière, c'est à dire avec son franc-parler et en lui faisant découvrir une petite partie de son univers.
En résulte une jeune fille qui finit par changer d'opinion sur notre Great Teacher quand celui-ci se dévoile plus.

Car l'une des autres forces du Great Teacher réside également dans sa façon d'être avec ses élèves : il ne les prend pas de haut, les invite à découvrir son propre univers et sa propre façon d'être, leur parle un langage qu'ils comprennent. A sa manière, Onizuka démontre un réel souci de faire bouger les choses, d'éveiller les consciences à grands coups de répliques bien senties, de se battre pour les enfants sans défense quitte à attirer les foudres sur lui. C'est du Onizuka tout craché : pas très fin, à la limite de la morale, mais franc, crié avec sincérité. A partir de là, difficile de ne pas ressentir quelque chose et de ne pas avoir envie de l'accompagner pour faire changer les choses.
  
  

GTO SHONAN 14 DAYS © Tôru FUJISAWA / Kodansha Ltd.

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