Billy the Kid 21 - Actualité manga
Dossier manga - Billy the Kid 21
Sommaire

Publié le Vendredi, 08 March 2019


Billy the Kid, légende de l'ouest américain


Quand on évoque le banditisme dans l'Amérique du XIXe siècle, il y a des noms de hors-la-loi qui viennent systématiquement à l'esprit, que ce soit pour leur méfaits restés dans l'Histoire, ou pour nombre d'oeuvres (notamment au cinéma, dans le genre du western) qui ont ensuite repris ces figures jusqu'à en faire parfois des icônes dans leur catégorie. On peut citer Jesse James, Butch Cassidy... mais l'un de ceux ayant nourri le plus d'histoires, de mythes, de récits romancés, de fantasmes, est sans nul doute le jeune homme que l'on surnommait Billy the Kid.

Aujourd'hui encore, si ce hors-la-loi nourrit l'imaginaire collectif, ce n'est pas pour rien : énormément de mystères persistent sur ce bandit tué à seulement 21 ans, et peu de choses sont vraiment sûres, car les sources proviennent très souvent de témoignages difficiles à vérifier, d'ouvrages sans doutes romancés (comme « The Authentic Life of Billy The Kid » du shérif Pat Garrett, celui-là même qui l'a abattu), de biographies qui tendent à se contredire... C'est sur ces bases que la légende Billy the Kid est née, et dans cette partie nous allons tenter d'en présenter les grandes qui seraient a priori les plus plausibles.


L’enfance


A priori né le 23 novembre 1859 dans les bas-fonds de New York, son nom d'état civil serait William (prénom dont « Billy » est le diminutif) Henry McCarty, mais il a également portée d'autres noms, des pseudonymes : William Harrison Bonney, Henry Antrim, Kid Antrim, William Antrim... En réalité, il est très probable que sa date de naissance ait été inventée par le livre qui en est la principale source : « The Authentic Life of Billy The Kid », certes basé sur les « mémoires » de Pat Garrett mais qui a été écrit par Ash Upson.

Concernant ses origines et son enfance, on sait que sa mère se serait appelée Catherine (ou Katherine) McCarty, qu'elle serait une immigrée irlandaise née à la fin des années 1820, et qu'elle aurait fui la famine irlandaise en venant vivre aux États-Unis. Elle aurait donc été la veuve d'un certain McCarty, mais des témoignages affirment que ce dernier ne serait pas le père de Billy, et que son paternel serait plutôt un dénommé Bonney (d'où l'un des pseudonymes de Billy). Billy aurait eu un petit frère ou demi-frère, Joseph. Et déjà que les choses sont peu sûres, elles se compliquent encore si l'on prend en compte le fait que le dénommé Brushy Bill a prétendu, plusieurs années après la mort supposée de Billy, être le vrai Billy the Kid, tout en affirmant que Catherine McCarty n'était pas sa mère mais sa tante.

Veuve, Catherine choisit en 1870 de partir vivre dans le Kansas avec ses enfants et elle y tient une laverie. Mais en raison d'une tuberculose, elle doit ensuite déménager encore pour une région plus chaude, celle du Nouveau-Mexique. A Santa fé, elle devient en 1873 la femme de William Antrim, un prospecteur d'argent, et Billy The Kid est alors sommé de s'appeler par son deuxième prénom, Henry. Malheureusement, Catherine meurt l'année suivante à Silver City dans des conditions qui restent mystérieuses, et William Henry doit alors prendre le nom de son beau-père, Antrim. Puis son beau-père choisit finalement de placer les deux frères dans des familles d'accueil avant de quitter la ville pour partir en Arizona.


Les premiers pas de hors-la-loi


C'est à partir de cette époque que la vie de William aurait commencé à prendre la voie de la criminalité.

Déjà bien ballotté par la vie jusque-là, il essaie d'abord de vivoter avec de petits emplois qui lui servent surtout à survivre, mais ce n'est pas suffisant et il se serait alors lancé dans la petite criminalité de Silver City.

Arrêté pour avoir caché le butin d'un vol commis dans une laverie chinoise, il s'évade de prison et s'enfuit chez son beau-père en Arizona, mais ce dernier le rejette et il doit à nouveau vivoter dans la région, se débrouiller seul en travaillant dans des ranchs ou en tentant sa chance aux cartes.
  
  
L'unique photo reconnue de Billy the Kid.


Le tournant


C'est en 1877, que sa vie de criminel prend un grand tournant quand il est contraint de tuer son premier homme, un certain Frank Cahill, un homme plus grand que lui, sûr de sa force, et qui prenait plaisir à s'en prendre à lui régulièrement. Si bien qu'un jour, face aux coups de Cahill, le juvénile William aurait fini par se mettre dans une colère telle qu'une bagarre aurait eu lieu. Aboutissant au meurtre de Cahill d'une balle dans le ventre.

Recherché pour meurtre, il doit s'enfuir et choisit de retourner au Nouveau-Mexique dans la région de Lincoln. Il intègre alors un gang se faisant appeler « The Boys » et effectuant des vols de chevaux dans la région. Mais quelque temps plus tard, il est à nouveau arrêté après avoir volé des biens à un jeune entrepreneur anglais du nom de John Tunstall, qui souhaite s'établir dans la région. Opposé au clan des dénommés John Dolan et Lawrence Murphy dans une guerre de territoire pour le bétail, Tunstall propose à William qu'il travaille pour lui, en échange de quoi il retire sa plainte.

C'est à cette époque qu'il aurait pris le nom de William H. Bonney.


L’étape décisive de la Guerre du Comté de Lincoln


En 1878, Billy the Kid se retrouve à nouveau mêlé à une sombre affaire, par la force des choses : la Guerre du comté de Lincoln, conséquence de l'enveniment de la guerre de territoires.

Le 16 février 1878, Tunstall est tué par la bande du shérif William J. Brady, qui travaille pour Dolan et Murphy, alors qu'il convoyait 9 chevaux vers Lincoln. Les hommes de Tunstall décident forcément de le venger et créent une bande, les « Regulators », dirigée par Dick Brewer et Frank McNab. La bande est composée d'une douzaine d'hommes, Américains et Mexicains, dont bien sûr notre « Kid » William Bonney.

Le 9 mars ils capturent 2 membres de la bande qui a tué Tunstall, Frank Baker et William Morton, et les exécutent près de Blackwater Creek. Le 1er avril, le shérif Brady et son adjoint Hindman sont abattus dans la rue principale de Lincoln dans une embuscade. Et lors de la fusillade qui a lieu à cette occasion, le « Kid » est touché par une balle à la hanche mais la blessure est superficielle. Trois jours plus tard à Blazer's Mill, les « Regulators » abattent un autre homme du camp de Dolan, Andrew « Buckshot » Roberts, mais pendant la fusillade Dick Brewer est tué. McNab, alors promu chef de la bande, meurt peu de temps après lui aussi, lors d'une fusillade au ranch Fritz qui opposaient les « Regulators » à deux autres bandes engagées par Dolan.

Les bandes armées engagées par Dolan prennent alors peu à peu le dessus dans le conflit, et le 15 juillet les derniers « Regulators » se barricadent à Lincoln dans la maison d'un ancien collaborateur de Tunstall. Ils auraient tenu le coup pendant plusieurs jours face à leurs assaillants, mais au final les « Regulators » sont décimés, et seuls quelques hommes parviennent à s'enfuir, dont le « Kid ».
  
  


La lassitude d’une vie de fugitif


Ballotté par tous ces événements, le « Kid » serait las de sa vie de fugitif, si bien qu'en automne 1878, il écrit au nouveau gouverneur du Nouveau-Mexique Lew Wallace qu'il veut bien témoigner contre John Dolan si on l'amnistie de ses condamnations pour meurtres, ce qui est plus ou moins accepté.

Billy the Kid se rend alors aux autorités le 21 mars 1879, mais pendant le procès qui se déroule à Santa Fé Dolan est acquitté et le « Kid » est condamné pour le meurtre du shérif Brady. Wallace n'est pas d'accord avec ça, mais le procureur général veut défier ses ordres et garde Billy en détention, si bien que le 17 juin, le « Kid » est à nouveau poussé à s'enfuir, à la sortie de son procès.

Il n'a pas d'autre choix que de poursuivre, encore et toujours, sa vie de fugitif... Et de se durcir encore.


La traque de Pat Garrett


En 1880, il tue alors Joe Grant, un chasseur de primes qui s'était moqué de lui dans un saloon de Fort Sumner au Nouveau-Mexique.

A la même époque, il aurait développé une certaine amitié avec un ex-chasseur de bisons, Patrick Garrett, celui qui sera son tueur, mais il semblerait bien que cet élément de la vie du « Kid » ait été largement propagé par des romans et films.

En tout cas, c'est en novembre 1880 que Garrett se fait élire shérif du comté de Lincoln, et dans ce rôle il est vite obnubilé par une chose : arrêter celui que l'on appelle désormais « Billy the Kid » et dont la tête est mise à prix pour 500 $.

Le même mois, une fusillade éclate entre la bande de Billy the Kid et une autre bande dans un ranch à White Oaks, toujours au Nouveau-Mexique. Encerclés, Billy et ses hommes abattent dans des circonstances obscures James Carlyle, un homme qui était chargé de négocier leur reddition, puis ils prennent la fuite. Pat Garrett et ses hommes les traquent alors, finissent par les encercler dans une maison à Stinking Springs le 23 décembre 1880, et Billy The Kid et trois de ses hommes finissent par se rendre aux autorités après une courte fusillade.
 
 


La mort de Billy the Kid


La fin de Billy the Kid est alors proche.

Lors de son jugement à Mesilla, il est accusé du meurtre du shérif Brady et est condamné à la pendaison. Mais le 28 avril 1881, il parvient à s'évader de la prison de Lincoln, d'une manière spectaculaire pour l'époque. Certaines versions disent qu'il aurait récupéré un revolver dans les toilettes extérieures de la prison. D'autres prétendent qu'il serait parvenu à glisser l'une de ses mains hors de ses menottes et à prendre l'arme de son geôlier James Bell. Dans tous les cas, il aurait abattu Bell dans les escaliers de la prison, puis aurait attendu à la fenêtre, un fusil à la main, l'arrivée du deuxième garde, Olinger. A l'époque, cette évasion spectaculaire est relayée dans de nombreux journaux, et cela a beaucoup consolidé la légende du jeune hors-la-loi.

Suite à cela, plutôt que de fuir vers le Mexique, le « Kid » reste dans les alentours, et début juillet Pat Garrett apprend qu'il se terre à Fort Sumner. D'après certains témoignages, l'information aurait été donnée à Garrett par Pete Maxwell, le frère de Paulita Maxwell, une probable petite amie du « Kid » parce qu'il désapprouvait leur relation. Dans la nuit du 14 au 15 juillet Garrett se terre dans la chambre de Pete Maxwell tandis que deux de ses adjoints guettent dehors sur la terrasse. Selon une version, Billy The Kid serait entré avec un revolver dans la pièce sans reconnaître Garrett et aurait dit « Qui est là ? ». D'après une autre version, il était armé d'un couteau. Dans tous les cas, Pat Garrett tire deux fois, une des balles atteint le « Kid » au cœur et il meurt sur le coup.

Billy the Kid est enterré dans le cimetière militaire de Fort Sumner entre ses deux amis Bowdre et O'Folliard.


Le mythe et la postérité


Du « Kid », on dit souvent qu'il aurait tué 21 hommes au total, un pour chaque année de sa courte vie, mais a priori le nombre aurait été exagéré et seules 9 personnes seraient mortes sous ses balles, dont 5 en bande, notamment avec les « Regulators ». Son surnom de « Kid », « gamin » en anglais, lui vient de son jeune âge, mais surtout de son apparence juvénile, ainsi que de son caractère... hum, capricieux et colérique, bien qu'attachant selon des témoignages.

Bien d'autres choses ont encore forgé la légende de Billy the Kid, à commencer par les doutes autour de sa mort. Pendant plusieurs années, les circonstances et l'histoire de la mort de Billy the Kid n'ont eu qu'une seule source : le livre de Pat Garrett, et autant dire qu'il s'agit forcément d'une source controversées. De plus, certaines personnes n'ont pas reconnu le corps sans vie du « Kid », notamment car le cadavre présentait une forte pilosité alors que le « Kid » était imberbe. D'après John Poe, l'un des adjoints  de Garrett, le shérif aurait dit avoir reconnu le « Kid » à sa voix et aurait alors tiré, mais il est le seul à avoir certifié que le cadavre était celui de Billy the Kid puisque aucun des deux adjoints n'avait déjà vu le hors-la-loi avant. Le coroner lui-même n'aurait apparemment jamais vu le cadavre, et il n'existe aucun document officiel stipulant que le « Kid » est mort. L'adjoint Poe semblait persuadé que Garrett avait tué une mauvaise personne, et il a dit que Garrett, de base, ne pensait pas que le « Kid » était vraiment Fort Sumner. Par la suite, Pat Garrett n'a a priori jamais touché la prime de 500$ par manque de preuves sur l'identité de l'homme abattu, puis en 1983 la fille de Garrett aurait déclaré que son père n'avait pas tué Billy The Kid. Certaines personnes ont même prétendu avoir vu ou avoir été en contact avec le « Kid » après la date supposée de sa mort, et il existerait 2 preuves d'arrestations de Billy the Kid en 1882 et 1883, donc après la date de sa mort.

Sans oublier l'histoire de Brushy Bill Roberts, ce vieil homme qui, en 1950, a déclaré être le vrai Billy the Kid. Concernant cette histoire, au départ l'avocat William Morrison, en Floride, a localisé un homme nommé Ollie P. Roberts, surnommé Brushy Bill, qui avoua être Billy the Kid (il nia dans un premier temps) et qui voulait effectuer une demande d'amnistie pour ses crimes. Il déclara ne pas avoir été tué par Pat Garrett en 1881 et prétendit qu'un imposteur était enterré à Fort Sumner. Selon l'opinion générale, cette option est peu probable mais elle est toujours débattue, car sans Morrison Brushy Bill serait mort dans l'anonymat sans s'être expliqué.

On peut également évoquer la question de savoir si Billy the Kid était gaucher ou droitier. Pendant plusieurs années, on a cru qu'il était gaucher, car sur la seule photo reconnue par les historiens il portait l'étui de son revolver sur sa hanche gauche. Mais cette célèbre photo (visible plus haut) était en en réalité la reproduction en « miroir » de l'image réelle comme en témoignent les boutons de sa veste ou la boucle de sa ceinture, qui sont orientés du mauvais côté. Billy the Kid était donc bel et bien droitier.
  
  
La reprise par Noboru Rokuda de la photo de Billy the Kid visible plus haut.


Billy the Kid dans la culture populaire


Les sources de cette partie sont nombreuses : aboutbillythekid.com, historiquementlogique.com, medarus.org, legendsofamerica.com, kcg.chez.com, angelfire.com, et bien sûr wikipedia. Des sources alliant véracité et hypothèses, faisant des suppositions parfois contradictoires d'une source à l'autre, et continuant de s'intéresser de près à la vie désormais fantasmée du plus célèbre des hors-la-loi de l'ouest américain. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait nourri beaucoup d'oeuvres, dont voici une liste non exhaustive.

On se limite au cinéma pour une raison : le cinéma fut clairement le media ayant repris le plus fortement la figure du « Kid », et il s’agit sans nul doute de la principale source d'inspiration de Noboru Rokuda pour son manga. Mais il est évident que Billy the Kid est également le sujet d'oeuvres dans d'autres domaines, ou qu'il y a fait des apparitions, que ce soit dans la BD (notamment dans plusieurs histoires de Lucky Luke), dans des jeux vidéo comme Call of Juarez Gunslinger, dans la littérature, dans le domaine musical (Bob Dylan, Jon Bon Jovi, Thomas Fersen, Aaron Copland ou encore Billy Joel lui ont dédié des chansons), ou même dans la web-série Billy, la série.

Voici donc la sélection cinématographique :

- 1930: Billy the Kid, de King Vidor.
- 1941: Billy the Kid le réfractaire, de David Miller et Frank Borzage.
- 1941: Le Banni, de Howard Hughes.
- 1950: Le Kid du Texas, de Kurt Neumann.
- 1950: J'ai tué Billy le Kid, de William Berke, qui se place donc du point de vue de Pat Garrett.
- 1958: Le Gaucher, d'Arthur Penn (1958), qui se base donc sur la vieille théorie selon laquelle le "Kid" était gaucher.
- 1962: Billy the Kid, de León Klimovsky.
- 1966: Billy the Kid contre Dracula, de William Beaudine (faut-il vraiment préciser qu'il s'agit d'un pur nanar ?).
- 1970: Une aventure de Billy le Kid, de Luc Moullet.
- 1970: Chisum, d'Andrew V. McLagle, centré sur la guerre du comté de Lincoln.
- 1972: Dirty Little Billy, de Stan Dragoti.
- 1973: Pat Garrett et Billy le Kid, du cultissime Sam Peckinpah, qui offre une vision précise du lien entre les 2 hommes.
- 1988: Young Guns, de Christopher Cain, centré sur la vengeance des "Regulators" suite au meurtre de Tunstall.
- 1991: Young Guns 2, de Geoff Murphy, se déorulant un an plus tard et centré sur la traque de la bande du "Kid" par Garrett.
- 2006: Requiem for Billy the Kid, un film-documentaire d'Anne Feinsilber.
- 2007: BloodRayne 2: Deliverance, un énième bousin d'Uwe Boll, massacrant Billy en en faisant un pathétique seigneur de vampires.
- 2009: Lucky Luke, un film français de James Huth, avec Michaël Youn dans le rôle de Billy the Kid (on a le "Kid" qu'on mérite...).


De toutes les œuvres ayant repris la figure du « Kid », il y en a au moins deux qui ont assurément influencé Noboru Rokuda pour Billy the Kid 21. Tout d’abord, le film de Peckinpah de 1973, pour sa manière de s’intéresser au lien entre Billy et Garrett. Ensuite, une œuvre qu’on n’a pas encore évoquée : la saga « Billy the Kid » du romancier canadien Michael Ondaatje, qui fut le premier contact du mangaka avec la légende de l’ouest américain, et qui l’a marqué notamment pour son souffle épique.
  
  

© by ROKUDA Noboru / Green Arrow

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