Arms - Actualité manga
Dossier manga - Arms

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Sommaire

Publié le Jeudi, 07 October 2010


Références multiples

 

Science et anticipation

 
"S'il vous plait, vous voulez bien nous parler un langage humain ?!"
 
Comme toute bonne série de science-fiction qui se respecte, Arms offre une terminologie très variée pour intégrer certaines avancées technologiques dans un monde qui se veut réaliste. Outre les expérimentations humaines évoquées précédemment, nous retrouvons ainsi des termes scientifiques et des théories complètes, notamment en ce qui concerne les armes des différentes créatures, ressemblant bien souvent à des machines de guerre, en partant des armes blanches et des canons à air comprimé pour aller vers des chimères comme la manipulation de l'espace, les techniques holographiques ou de concentration de lumière, voire le terrible mythe de l'antimatière qui ne manquera pas de marquer les esprits lors de son activation ! Pour appuyer leur récits, les auteurs n'hésitent pas à appeler des hypothèses existantes, comme les théories de Gaïa émises par James Lovelock et Lynn Margulis en 1974, selon lesquelles la Terre serait un être vivant elle-même. Dans la série, cette idée est étendue au fait que la Terre aurait la même origine qu'Azazel, expliquant alors que les Arms puissent faire trembler le sol par résonnance !

Mais les séismes ne sont pas les seuls cataclysmes dans Arms. Amateur de cinéma, Ryôji Minagawa s'est donné tous les moyens pour faire ressembler sa série à un véritable blockbuster américain ! En offrant à ces héros un road trip aux USA, le mangaka met en scène les lieux mythiques tels que le Grand Canyon ou New York. La "grosse pomme rôtie" sera le lieu du climax de la série, même si on sent surtout que l'auteur a pris du plaisir a dessiner l'Empire State ou le pont de Brooklyn en proie au chaos, au détriment parfois de l'émotion et de la cohérence. Si la série avait été écrite après le 11 septembre 2001, les choses auraient été sans doute bien différentes...  Toutefois, le côté grand spectacle est du plus bel effet, en prenant même des allures de kaiju ega (film de monstre géant style Godzilla). Mais quoi de plus normal pour une série dont les enjeux se veulent aussi apocalyptiques ? 
    
   
      
      

Go Nagai au pays des merveilles


"Un jour nous verrons ce ciel... Un jour nous verrons la mer...
C'est pour cette raison que cette rose s'appelle Blue Whish... Le désir bleu..."

Pour apporter un peu de légèreté à leur œuvre, les auteurs ont décidé d'aller vers le terrain inattendu de la fantaisie et de l'imaginaire. Les plus puristes d'entre vous auront déjà reconnu à l'évocation du nom des créatures, et bien sur d'Alice, que le manga rend hommage à toute l'œuvre de Lewis Caroll. Tandis que La reine de Coeur, le Lapin Blanc... et bien d'autres nous rappellent le célèbre Alice aux Pays des Merveilles, la référence va également vers les autres essais du maitre, notamment l'énigmatique poème du Jabberwocky. Certaines scènes sont même reprises, comme la fameuse Mad Tea Party, et le pays fantasmagorique d'Alice sera même représenté au sein de son esprit. On pourrait s'étonner de voir une telle candeur associée à l'ambiance parfois grave de la série, mais après tout, les contes de Caroll sont célèbres pour les sens cachés qu'ils contiennent, ses héros faisant preuve d'une grande maturité pour des personnages enfantins. Après tout, Arms n'est ni la première, ni la dernière série à s'inspirer de cette histoire si envoutante, bien avant qu'elle ne revienne à la mode grâce à Tim Burton. Les plus grands auteurs s'en sont autant approché, notamment dans le monde du shojo par les CLAMP (Miyuki-chan in Wonderland) ou Kaori Yuki (Comte Cain/God Child).
  
Jabberwock selon une représentation de John Tenniel (cliquez sur l'image pour l'agrandir)
 
  
Un autre hommage, moins évident, est rendu de la part de Minagawa à Go Nagai. L'auteur de Goldorak a fortement influencé le mangaka, et nous pouvons ressentir de nombreuses similitudes entre Arms et Devilman. Dans cette histoire, le héros, Akira Fudo, fusionne avec un démon pour lutter contre d'autres. Nous retrouvons ainsi la thématique d'un humain affrontant une créature maléfique hébergée dans son corps. Notons également que le but des démons, à savoir anéantir l'humanité pour reprendre leur place sur Terre, se rapproche également de celui des Egregoris... L'autre hommage au maitre, plus explicite, est fait à la série Getter Robot : en effet, pour trouver le nom de ses personnages, Minagawa n'a pas hésité a réutiliser certains patronymes vu dans cette série des années 1970.  Ainsi, Ryôma devient Ryô, Hayato Jin devient Hayato Shingu,.... et ainsi de suite ! Preuve en est, une fois encore, de la culture de l'auteur, n'hésitant pas à puiser dans de multiples inspirations pour façonner ses oeuvres, qu'elles soient littéraires, cinématographiques ou télévisuelles.
 
      
     

ARMS © 1997 by Ryouji MINAGAWA / Kyouichi NANATSUKI / SHOGAKUKAN Inc.

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