Le tombeau des lucioles - Actualité manga

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Dossier manga - Le tombeau des lucioles

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Le Tombeau des lucioles

   
Fiche technique:
Le tombeau des lucioles (火垂るの墓, Hotaru no haka) est un film réalisé par Isao Takahata, produit par Sato Ryoichi et dont le design a été fait par Yoshifumi Kondo. Adaptation animée d’une histoire autobiographique d’Akiyuki Nosaka et soutenu par les musiques de Michio Mamiya, ce long métrage a occupé l’équipe pendant un an (d’avril 1987 à avril 1988, à sa sortie). En France, il est arrivé en salle en juin 1996 et rencontrera, pendant un certain temps, un succès modéré à cause du peu de représentations accordées aux débuts du film. Mais avant cette sortie officielle, il fut présenté en 1992 au festival de Corbeil puis en 1994 à Paris. Les négociations durèrent un an mais les réactions enthousiastes lors du festival d’Aubervilliers accélérèrent sa distribution.
          
                                                         
  
 

Résumé:
Japon, seconde guerre mondiale, été 1945. A Kobe, les bombardements incessants obligent Seita, 14 ans et sa petite sœur de 4 ans, Setsuko, à quitter leur maison. Survivants miraculés, les deux enfants perdent néanmoins leur mère et, leur père faisant partie de la Marine, les voilà livrés à eux-mêmes. Après avoir espéré le retour de leur père, Seita et Setsuko partent chercher refuge chez une tante éloignée. Accueillante les premiers jours, celle-ci sentira rapidement peser sur son foyer le poids de deux orphelins en pleine croissance. Ne pouvant assurer le bien être de tous sans craindre pour sa famille, elle exercera une pression morale sur nos deux héros pour qu’ils partent. Ceux-ci quittent ce refuge qui ne leur apporte plus de réconfort et, avec le peu d’argent qu’ils possèdent, achètent de quoi tenir un temps et partent s’installer dans un abri abandonné. La nuit, on peut y voir danser les lucioles et Seita et sa sœur vivent quelques temps heureux, loin de la misère et de la guerre. Mais bientôt, la nourriture vient à manquer et Seita se voit obligé de voler ou de rationner sa sœur qui tombe malade …
   
  
Autour du film:
Le tombeau des lucioles est le premier film de Takahata au sein de Ghibli, mais aussi un retour au rôle de réalisateur après avoir expérimenté la production sur les films de Miyazaki. De plus, la production du Tombeau sera couplée à celle de Mon voisin Totoro, qui avait du mal à convaincre. Au Japon, les billets d’entrée pour les deux films étaient d’ailleurs couplés en un seul, attirant ainsi un jeune public dans les deux salles pour deux raisons différentes. Il faut savoir que le roman autobiographique qui inspire le film est très dur, et que Nosaka y livre sa culpabilité dans la mort de sa mère ainsi que dans celle de sa sœur. Takahata, avec Seita, induit la culpabilité comme étant d’avantage sous jacente, et en faisant mourir son héros, il permet à l’auteur de se débarrasser de tout sentiment de honte. Mais le film est d’autant plus poignant que Takahata rajoute des moments comme ceux teints de rouge, et que le narrateur est Seita lui-même et pas une voix extérieure, distante. Enfin, la boite à bonbons est bien plus présente dans le film que dans l’histoire (bonbons commercialisés depuis 2005 dans l’archipel).
       
             
                   
Visuellement:
En totale adéquation avec la volonté de l’auteur et le thème du film, le graphisme de Yoshifumi Kondo (qui a aussi travaillé sur Souvenirs goutte à goutte) est extrêmement réaliste. Le physique des personnages est parfaitement proportionné, leurs expressions sont claires et rapidement identifiables, bref rien à redire sur la physionomie des protagonistes. Yoshifumi Kondo a su avec un talent remarquable insuffler toute les dimensions que l’on peut prêter au personnage de Setsuko. Sa volonté d’être le plus naturel possible dans les expressions et les gestuelles est une véritable réussite. Les décors eux aussi respectent la topographie des lieux, la région et aussi l’époque dans lesquelles se passe le film : ils sont sobres la plupart du temps, mais magnifiquement mis en valeur lors des moments opportuns tels que les explosions de sentiments lors des scènes nocturnes avec les lucioles. Les lumières sont alors extrêmement bien traitées, que ce soit de jour ou non. Et de manière générale, l’alternance des prises de vues est remarquable. La musique est quant à elle parfaitement adaptée aux différentes scènes du film, et elle parvient à nous transporter tout autant que les images et les idées qui portent le tout. Le CD rappelle d’ailleurs tous ces moments d’émotions qui pullulent dans le long métrage de Takahata. Enfin, le doublage est de qualité et les acteurs choisis pour jouer les personnages correspondent bien à leurs profils (Ayano Shiraishi est âgée de six ans lorsqu’elle double Setsuko : une merveille). Bref, la réalisation est bonne, mais c’est surtout dans le traitement de l’histoire que se cache tout l’intérêt du film.
  


©1988 Akiyuki Nosaka / Shinchosha Company

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