Ushijima - Actualité manga
Dossier manga - Ushijima

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Publié le Vendredi, 12 November 2010


Un style graphique adéquat


Rarement l'on a pu observer un graphisme adapté à ce point à l'illustration d'un propos. Ushijima est dérangeant, accablant ? Qu'à cela ne tienne, cette impression est renforcée par un style tout aussi rebutant.

Le trait incisif et sauvage de Shohei Manabe se traduit par un character design particulier. A la question du lecteur occidental concernant le caractère occidentalisé des personnages de mangas (yeux non bridés), les mangakas ont l'habitude de répondre que cela permet de mieux faire ressortir les émotions des personnages... Et bien Shohei Manabe se situe là encore à contre-courant en ayant opté pour des traits asiatiques contrairement à la majorité des autres mangakas (même si d'autres se distinguent sur ce point tels qu'Inio Asano, Takehiko Inoue, Naoki Urasawa...). Avec lui, l'argument d'un look occidentalisé pour mieux faire ressortir les émotions est relégué au rang de simple prétexte. Malgré des traits typiquement nippons, l'auteur parvient à retranscrire toute la richesse du ressenti de ses personnages, le plus souvent le désespoir et la colère. On a affaire à des visages déformés et assombris, non maquillés donc gras. Les personnes obèses sont adipeuses, celles plus fines sont proches de sacs d'os, ne parlons même pas de l'état des malades. La diversité des physiques humains est illustrée, et il est étonnant que même dans les mangas se rapprochant le plus d'Ushijima, on ne la retrouve guère, les mangakas prenant l'habitude d'éviter ce genre d'illustrations (par pudeur ?). Sans concessions, encore une fois.
 
 
 
Globalement, le graphisme peut être qualifié de volontairement « sale ». Loin d'être victime de défauts d'encrage de l'éditeur, le trait de Shohei Manabe ressemble à celui de Tetsuya Tsutsui illustrant des scènes de chaos sanitaire. Les décors, totalement urbains, fourmillent de détails, mais l'impression de crasse et de zone est permanente. Ne parlons pas des intérieurs des habitations des différents clients, repoussants, et des scènes de sexe, infectes. Mais là encore, ce graphisme ne fait que retranscrire la réalité.
 
 
 
 
 

Une adaptation réussie


Le choix éditorial effectué par Kana en nous proposant Ushijima ne peut qu'être salué. On est agréablement surpris de voir l'éditeur avoir sauvegardé des scènes particulièrement violentes. Livré sans aucune censure graphique (combien de scènes auraient pourtant pu poser problème) et avec une traduction crue (le langage utilisé est parfois insupportable), on apprécie de voir ainsi un éditeur oser rapporter avec autant de fidélité une oeuvre originale aussi particulière dans son genre, à réserver aux jeunes adultes.

Ushijima n'est pas alourdi par les modalités de remboursement qui sont expliquées dans certains chapitres par les usuriers. Kana a pris l'initiative de convertir en euros l'ensemble des sommes (mêmes proches) données en yens, et ce à chaque tome. Cette fluidité des explications de l'auteur, servies par une adaptation exemplaire, permet au lecteur de se rendre compte des abus considérables pratiqués par les usuriers. Moralité : adaptation soignée, sensations de lecture décuplées.
 
 
  
 
YAMIKIN USHIJIMA KUN by Shohei MANABE © 2004 by Shohei MANABE / Shogakukan Inc.

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