The maid I hired recently is mysterious Vol.1 : Critiques

Saikin yatotta maid ga ayashii

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 06 Janvier 2026

Chronique 2 :


Dans la foulée de la publication de La grande Jahy ne perd jamais, les éditions Noeve continuent sur leur lancée des comédies mignonnes de Wakame Konbu avec The Maid I Hired Recently is Mysterious, un titre au ton similaire, mais à la proposition différente, que certains ont peut-être déjà découvert par le biais de son adaptation animée sur Crunchyroll.

Lancé en 2019 en tant que web manga indépendant, Saikin Yatotta Maid ga Ayashii, son intitulé original, gagne dès 2020 une parution dans une version aboutie au sein du magazine Gangan Joker de l’éditeur Square Enix. Une petite aventure qui a duré jusqu’en 2024, la série s’étant ainsi achevée au bout de 8 petits volumes. Petits, oui, car les opus dépassent à peine les 120 pages et se composent de courtes histoires qui s’enchaînent pour former une tranche de vie humoristique centrée sur un jeune petit seigneur et sa domestique… mystérieuse.

Vivant seul dans un manoir de campagne, un jeune noble (dont le nom est révélé au fil de la lecture) engage une nouvelle domestique. À elle seule, cette jolie jeune femme accomplit toutes les tâches ménagères en plus de cuisiner particulièrement bien. Mais qui est-elle vraiment ? Possède-t-elle des pouvoirs qui lui permettent d’assumer toutes ces corvées à elle seule ? Chaque jour, le jeune maître cherche à en savoir davantage tandis que la jolie domestique ne reste pas de marbre face à cet enfant très curieux.

Ce simple pitch résume l’ensemble de ce tome qui ne cherche pas une intrigue particulièrement profonde. Avec ce manga, Wakame Konbu se plaît à narrer différentes saynètes amusantes et bien rythmées, à travers lesquelles la relation entre les deux personnages se creuse et que les quiproquos mignonnets fusent à tout va. Car, d’un côté, nous avons ce jeune noble persuadé que les dons de sa nouvelle domestique sont d’ordre surnaturel tandis que cette dernière joue naïvement avec l’imagination candide de son jeune maître. Le tout s’enchaîne assez bien et nous repose sans mal pour peu qu’on accepte cette idée de successions d’histoires qui n’ont d’autre but que divertir. Et étant donné la pagination faible de l’ouvrage, ce premier tome s’impose comme une lecture détente assez idéale dans son genre.

La proposition est toutefois appuyée par un élément graphique très précis : les yeux de la domestique. Ces derniers, mauves, sont constamment colorisés et renvoient au caractère mystérieux du personnage. À vrai dire, la chose est plus réussie en termes de style que d’intention de suspense tant l’aura légère du récit créer un attachement par cette ambiance plus que par les éléments non révélés autour de la jeune femme.

Enfin, difficile de ne pas évoquer que, selon la tournure du récit, la différence d’âge entre les deux protagonistes pourra en déstabiliser plus d’un. La jeune domestique est clairement une adulte (ou au moins tout proche de l’être), tandis que son jeune employeur est un enfant qui ne doit pas excéder les douze ans. Les réactions très rougeoyantes de l’héroïne nous guident vers une possible relation amoureuse, ce qui serait plus que douteux. À ce stade, tout reste mignon et candide, et on espère qu’il en sera ainsi jusqu’au bout.



Chronique 1 :


Après la plutôt sympathique comédie La grande Jahy ne perd jamais ! dont la fin a tout récemment été annoncée au Japon avec son 13e volume, les éditions Noeve Grafx nous proposent, depuis le mois de septembre dernier, de découvrir en France les deux premiers tomes de l'autre manga emblématique de Wakame Konbu: The Maid I Hired Recently is Mysterious. Notons par ailleurs que ceux-ci avaient eu droit à une avant-première en juillet à l'occasion de Japan Expo, mais dans une édition défectueuse puisque les dessins n'apparaissaient pas sur quelques planches. Bien sûr, ce défaut a, depuis, été corrigé.

De son nom original "Saikin yatotta maid ga ayashii" (qui signifie littéralement "La femme de ménage que j'ai embauchée récemment me paraît suspecte", le titre anglais/international de l'édition française étant donc très fidèle), cette série fut lancée au Japon en 2020 dans le magazine Gangan Joker de Square Enix (magazine dont provient aussi La Grande Jahy ne perd jamais !), et s'est achevée en 2024 pour un total de huit volumes. Parallèlement a sa publication, elle a connu pendant l'été 2022 une adaptation animée totalisant 11 épisodes et restant disponible dans notre pays sur la plateforme Crunchyroll, qui l'avait diffusée en simulcast à l'époque.

Cette tranche de vie nous immisce auprès de Yuuri, un petit garçon qui, depuis le décès de ses parents, vivait tout seul dans le manoir familial, un édifice assez spacieux mais un peu délabré. N'ayant que peu d'argent, l'enfant a pourtant l'occasion d'embaucher une bien étrange servante en la personne de Lilith, ravissante jeune femme à la peau légèrement bronzée et aux captivants yeux mauves qui, d'après lui, semblent vouloir l'aspirer. Très soigneuse dans ses tâches ménagères quotidiennes, celle-ci suscite pourtant beaucoup de suspicions chez son jeune maître, ne serait-ce que parce qu'elle affirme ne pas avoir besoin de salaire tant qu'elle peut loger dans le manoir. Pourquoi donc a-t-elle choisi de se mettre à son service dans ce manoir miteux ? A-t-elle une idée en tête ? Qui est-elle vraiment ? Une seule chose est sûre pour l'instant: Yuuri, intrigué, est bien décidé à en apprendre plus sur elle et à découvrir son secret !

En plus de ces quelques interrogations, d'autres viennent normalement forcément à l'esprit du lectorat: comment diable un si jeune gosse pouvait-il vivre seul dans un tel manoir ? Il n'avait personne, aucun proche pour s'occuper de lui ou le recueillir ? Etant donné qu'il dit lui-même avoir peu d'argent, comment se débrouille-t-il ? Pour le moment, Wakame Konbu n'esquisse pas du tout ses questions légitimes, et avouons qu'on doute un peu qu'il le fasse plus tard, mais on ne demande qu'à être contredits. En attendant, ce contexte trop vague nuit quelque peu à l'immersion.

Si l'on fait fi de ce manque de précisions, on découvre une tranche de vie qui a facilement de quoi rendre curieux au départ, tant l'aura mystérieuse de la belle Lilith se fait facilement sentir, et tant Yuuri reste constamment intrigué par cette soubrette qui ne lui semble décidément pas comme les autres. La jeune femme cache-t-elle alors vraiment quelque chose, ou pas du tout ? Seule la suite nous le dira (en tout cas, on l'espère), car pour l'instant l'auteur reste très vague et adopte un schéma qui plaira ou non mais qui, déjà, montre certaines limites.

En effet, pour l'instant la lecture se limite à des chapitres courts voire très courts (plusieurs d'entre eux ne faisant que quatre pages) où le schéma est à chaque fois le même: Yuuri profite d'un contexte quelconque pour essayer d'en savoir plus sur son énigmatique domestique, celle-ci lui répond en le taquinant d'une façon qui exploite généralement sa naïveté enfantine, mais à chaque fois la jeune femme se retrouve un peu piégée par ses propres taquineries, car le petit garçon a un don pour la déstabiliser avec ses réponses sans filtre, à la fois très franches et très premier degré. C'est assez léger et amusant à suivre... sauf quand les taquineries de Lilith sont plus empreintes de sous-entendus un peu bizarres, chose qui pourrait dérouter une partie du lectorat quand on songe à la différence d'âge des deux personnages et surtout au statut de jeune enfant de Yuuri. Le problème principal ne se situe toutefois pas là et se trouve plutôt dans le côté vite répétitif du concept, encore plus au vu de la même phrase qui revient systématiquement au début de quasiment chaque chapitre ( "La servante que j'ai embauchée récemment est étrange" ), élément d'autant plus lourd que lesdits chapitres sont généralement très courts. Il s'agit là d'un héritage de la prépublication en magazine qui, typiquement, mériterait d'être revu pour la parution en volumes, afin d'éviter d'alourdir inutilement la série. Reste qu'au bout de tout ça, une chose est déjà certaine: quand Lilith n'est pas dans les parages elle manque vite à Yuuri, car le fait est que le jeune garçon s'est sûrement vite attaché à elle et qu'elle a su briser la solitude qu'il devait sûrement ressentir depuis la disparition de ses parents.

Sur le plan visuel, inutile de dire que l'ensemble se veut assez léger, notamment dans les décors du manoir qui sont soit absents soit classiques. En réalité, l'auteur se centre surtout sur ses deux personnages principaux, entre le design enfantin, expressif et assez réussi de Yuuri, et surtout la beauté mystérieuse que dégage Lilith, quand bien même Wakame Konbu insiste parfois un peu trop sur le décolleté de sa plutôt légère tenue de domestique. La principale petite particularité de la jeune femme, et même de la série de façon générale, provient de la couleur mauve de ses yeux, un mauve qui a été retranscrit dans les planches en noir & blanc, ce qui accentue naturellement l'aura envoûtante et énigmatique de la soubrette... du moins, si l'on fait fi des limites de l'édition française.

Car le plus gros souci de ce premier tome, c'est peut-être bien sa qualité éditoriale. Paraissant à une période où Noeve Grafx accumule les publications notamment pour rattraper ses retards après plus d'un an de stand-by, les premiers tomes de The Maid I Hired Recently is Mysterious font partie de ces livres dont l'impression a été délocalisée en Chine, pour un résultat cette fois-ci déplorable: le mauve des yeux de Lilith ressort souvent mal, il y a des moirages dans tous les sens (problème encore accentué par la peau légèrement bronzée de la domestique), le papier manque de souplesse et est trop transparent... sur ce plan-là, ce n'est vraiment pas bon. Heureusement que l'éditeur se rattrape un peu avec une traduction assez propre de la part de Christophe Maertens, un lettrage suffisamment soigné de Victoria Hallegatte, une belle jaquette d'Emma Poirrier qui est fidèle à l'originale japonaise et qui est dotée d'un logo-titre soigné en plus de posséder un appréciable vernis sélectif, et une jolie première page en couleurs sur papier glacé qui reprend l'illustration de la jaquette.

En définitive, l'impression globale laissée par ce premier volume est plutôt mitigée. En tant que tranche de vie légère (un genre dont l'auteur de cette chronique est très friand), la série a du potentiel et une part de mystère qui fonctionne assez facilement, mais elle reste pour l'instant trop inconsistante et répétitive pour vraiment séduire. Nul doute, alors, que la publication simultanée du tome 2 est une bonne idée, afin de se faire une idée plus nette de l'oeuvre.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai
10 20
Note de la rédaction