Critique du volume manga
Publiée le Vendredi, 02 Janvier 2026
De manière on ne peut plus logique et réaliste, le défi lancé par Kirino à Shizuka s'est soldé par la victoire de Shin Hirano, en scellant alors immédiatement le sort des séries d'Alice et de Sachi qui sont vouées à être arrêtées après quelques chapitres. Et si la passionnée petite blondinette voit dans cette défaite une raison supplémentaire de se surpasser pour vivre pleinement son rêve d'être mangaka, notre héroïne, elle, déprime et n'a plus goût en quoi que ce soit, au point qu'elle est poussée par sa propre soeur à se questionner sur une chose: quel regard porte-t-elle sur les mangas actuellement ? Les aime-t-elle encore autant qu'avant ? Comment retrouver la flamme d'autrefois ?
Dans cette optique, chacune des importantes connaissances de Sachi pourrait avoir son rôle à jouer pour la faire sortir de sa torpeur et lui faire prendre conscience de ce qui n'allait plus chez elle. Que ce soit Shin dans une certaine mesure, Anoth/Marika, Nao, et bien sûr Alice en tant qu'amie et rivale à la fois, chacune des camarades de Sachi a son petit rôle à jouer et son évolution à concrétiser ici, pour notre plus grand plaisir au vu de la place qu'elles ont pu occuper à un moment ou à un autre de la série. Mieux encore, Daiki Kase apporte aussi ce qu'il manquait encore de développements sur le passé de Shizuka et de Shin, les pressions toxiques qu'elles ont subies venant bien expliquer leur état d'esprit. Et bien sûr, le mangaka n'oublie pas non plus cette chère Kirino, centrale dans les principaux enjeux, et qui est elle aussi correctement traitée vers la fin en particulier.
C'est sûrement là la principale réussite de ce dernier tome: on sent que le mangaka avait à coeur de traiter avec un certain attachement le parcours de chacune de ses héroïnes... mais malheureusement, cela ne peut pas occulter la grosse limite de cette dernière ligne droite, qui peut se résumer en une chose: une accumulation un peu précipitée de facilités scénaristiques dans la dernières partie. En effet, à un certain moment, les grosses ficelles éculées (en tête l'accident et l'amnésie) finissent par s'enchaîner pour nous amener artificiellement vers la fin, sans trop convaincre tant cela semble forcé.
C'est forcément dommage, car cela laisse une impression plus mitigée à ce volume final où l'auteur s'en sortait bien jusque-là. Essayons alors, plutôt, de retenir l'essentiel: grâce à son casting soigné, à son joli trait et à son sujet intéressant, Man-ken parvient à rester une série attachante d'un bout à l'autre.
10/12/2025