Dossier manga - Thermae Romae

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Publié le Jeudi, 26 September 2013


Visages plats versus Romani

 
 
An 128 après Jésus-Christ. Rome.
 
Même à cette époque, pour réussir dans un domaine ou un métier, il faut savoir innover, surtout sous le règne d’Adrien, Empereur qui est lui-même un architecte éminent qui a su redonner une patte originale au style des constructions romaines. Une ville qui n’aura jamais été aussi prospère, multiculturelle et où il fait bon vivre.

Mais voilà, Lucius Qintus Modestus, bien que professionnel dans l’architecture des bains, a du mal à y prendre ses marques et faire son trou dans un milieu devenu si compétitif et changeant. Notre héros se trouve donc comme un romain perdu dans une société qu’il a l’impression de ne plus reconnaître, mais c’est en prenant un bain diaboliquement étouffant et temporel qu’il va trouver une grande source d’inspiration autant dans sa vie professionnelle que privée auprès de ce qu’il nommera les « visages plats ». Mais qui sont exactement ces visages plats ? Rien qu’à ce surnom, on aurait tendance à rigoler et pourtant... Pourtant, il s’agit précisément des habitants du Japon moderne. C’est donc fictivement la première rencontre entre un romain natif de l’époque d’Adrien et la société nippone d’aujourd’hui. Et l’on sait d’ores et déjà que cette réunion ne pourra qu’être paradoxale et un tant soit peu explosive...

Ainsi, Lucius va dans un premier temps prendre ces fameux visages plats pour des esclaves dans une civilisation avancée. Il sera toutefois amené au cours de ses voyages temporels à être surpris de la technologie et de l’inventivité de la modernité japonaise, surtout concernant les bains. Comme le dit si bien notre romain, « à première vue, ces visages plats sont d’une vulgarité crasse dont aucun romain ne saurait être taxé, mais je ne dois pas me fier aux apparences ». Face à cette supériorité qu’il a bien du mal à reconnaître, Lucius décidera d’étudier les mécanismes mis en place par ces étrangers et de faire profiter la civilisation romaine de ces nouveautés au niveau thermal. Inspiration qui lui offrira succès et renommée jusqu’à atteindre les oreilles d’Adrien, mais cela poussera aussi et surtout notre protagoniste principal à respecter à chaque fois un peu plus l’ingéniosité des visages plats. On notera d’ailleurs que le titre n’est, à ce niveau là, pas exempt d’un brin de chauvinisme mais sans que cela n’en soit déplaisant pour autant.




On pourrait donc être amené à considérer que Thermae Romae raconte l’histoire de deux civilisations n’ayant rien en commun qui s’entrechoquent. Cependant, ce serait se fourvoyer grandement. Il est vrai que les japonais modernes et les romains de l’Antiquité ont tout pour se différencier, que ce soit l’époque, les us et coutumes ou encore la mentalité. Malgré cela, l’auteure de la série elle-même, qui se passionne de Rome et des bains, nous fait remarquer que ces deux sociétés ont en commun la passion et les plaisirs des bains. On peut d’ailleurs trouver d’infimes indices dans les vestiges les plus mineurs de la Rome antique concernant les pratiques romaines du bain et la mangaka ne peut s’empêcher de les comparer aux pratiques des japonais de la génération de ses parents. Pour le reste, soyons d’accord, les similitudes s’arrêtent là. Les cultures romaine antique et japonaise moderne n’ont rien d’analogue. Comme le met en avant si bien Mari Yamazaki,  « il est heureux et rageant à la fois que l’Empire romain et ce pays ignorent chacun l’existence de l’autre ». C’est pourquoi, à chacune des visites saugrenues de Lucius au pays du soleil levant, il découvrira tout un tas de choses qui lui échappent totalement.
Par exemple, le travail parfait d’une petite bouteille en verre, le système de chaufferie des bains, le système des douches, etc. L’auteure avouera même dans l’un de ses freetalk « Rome et les bains, mes deux amours » que la disparité entre ces deux civilisations sont telles qu’elle a été obligée pendant tout un temps d’empêcher Lucius de se questionner sur des technologies bien plus complexes, dont l’électricité. 

Cette dualité entre passé occidental et présent oriental, les situations singulières et souvent amusantes qui en découlent et, bien évidemment, les bains sous toutes leurs formes, formeront donc le fer de lance de Thermae Romae. Et maintenant que ces bases sont posées, il est temps d’entrer plus en détail dans ce que nous réserve l’œuvre atypique de Mari Yamazaki.
 
 

THERMAE ROMAE © 2009 Mari Yamazaki / ENTERBRAIN, Inc.

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