Thermae Romae - Actualité manga
Dossier manga - Thermae Romae

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Publié le Jeudi, 26 September 2013


Temporalibus & arcanum balneum. Sien Megram

 
 
Quelle idée saugrenue est passée par la tête de l’auteure de cette série ? Comment donc peut-on créer une intrigue qui prend sa source dans les bains pour analyser la Rome antique et la société nippone d’aujourd’hui ? Il aurait sans doute été plus intéressant et rationnel de parler des romains au niveau de la politique, de la guerre ou d’autres choses reflétant bien plus la magnificence de l’Empire romain.

Et puis, que pourrait-on dire sur les thermes... Pour la plupart, quand on parle de bains, on pense à la nécessité de se laver le corps de ses crasses, de se détendre confortablement après une dure journée de travail ou encore de s’amuser avec l’eau comme un loisir (piscine). En effet, dans la grande majorité des cas, la culture occidentale concernant les bassins se limite à ça et ne va pas plus loin. On ne va pas jusqu’à créer toute une pratique raffinée qui conditionnerait toute notre vie quotidienne, cela reste plus dans un schéma secondaire d’utilité, à la différence (dans une certaine mesure) des romains de l’Antiquité et des japonais actuels. C’est pourquoi, cette originalité osée de ce titre provoquera des sentiments variés chez nous, européens. Mais ce qui est par contre sûr, c’est qu’elle ne laissera personne indifférent, que ce soit de la répugnance, de l’indécision, de l’étrangeté ou encore de la curiosité pour d’autres, nous y verrons tous une forme d’intérêt. Mais une fois qu’on s’essaie, il faut malgré tout admettre, même pour ceux qui n’aimeront pas ou ne parviendront tout simplement pas à se prendre au jeu, qu’étonnement on est loin de s’ennuyer dans ce mélange surprenant dont le centre d’intérêt principal est la thématique des bains.

Ce qui fait surtout la spécificité de Thermae Romae est justement le cocktail détonnant entre des sujets qui n’ont en principe rien en commun (pour rappel, les thermes, Rome et la modernité japonaise). Pourtant, quand on fait attention, cette œuvre-même fonctionne sur une base des plus simples. Effectivement, pour lier ces diverses composantes en apparence totalement contradictoires, Mari Yamazaki se sert d’une chose utilisée par maintes personnes avant elle, à savoir le voyage temporel. A la différence près que ce sont les thermes qui servent d’outil au lien temporel et quelle ne cherchera pas à préciser outre mesure le pourquoi du comment de ces voyages. Et, quoi de mieux que de faire des corrélations culturelles des bains de deux civilisations séparées géographiquement et de par le temps par un connaisseur en tant que tel, ici, notre cher Lucius. Ce beau tableau si simple et nouveau permettra alors de faire la comparaison des bains entre les deux époques, tout en faisant découvrir au lecteur des connaissances plus approfondies des thermes d’hier et d’aujourd’hui, sans pour autant l’assommer sous une avalanche de savoirs inutiles.



 

Le lectorat apprendra ainsi la pratique étrange des romains avec l’épilation (« Épilation, qui veut des aisselles lisses comme des fesses de nourrisson »), l’utilité du strigile (racloir en fer qu’on utilise pour racler la peau de sa crasse) ou encore l’évolution de la modernité concernant les bains. Pourtant au delà de tout ça, Thermae Romae va surtout nous inculquer à travers les différentes aventures ou déboires de Lucius que la culture thermale peut être bien plus sacrée et fondamentale qu’on ne pourrait le penser. En effet, l’œuvre nous instruira sur les vertus de l’eau et des thermes pour soigner les maux et les maladies et qu’une pratique quelque peu ancrée dans une société peut éviter parfois des conflits inutiles.  Comme le dit si bien notre personnage principal, « là où jaillit l’eau chaude, point de querelles ni de conflits ». En outre, l’inventivité de notre héros dans la conception des thermes permettra à plusieurs reprises de prolonger le règne d’Adrien. Bref, au delà de son aspect purement divertissant, le titre se dévoile également très intéressant d’un point de vue culturel et informatif.

Comme on l’avait déjà brièvement susmentionné, le bain sert directement de vecteur temporel à Lucius entre Rome et le Japon. Au départ, cette transition dans le temps se met en mouvement précisément grâce à l’aspiration du héros dans un trou qui se trouvait dans un vieux bain public. Mais au fur et à mesure que les histoires se succèdent, l’auteure ainsi que le lecteur feront moins attention à la manière dont se passe la liaison entre les deux sociétés. Cela consistera bêtement en la noyade partielle de Lucius dans l’eau. Sans spoiler, ce n’est qu’étrangement vers la fin que le voyage temporel ne se fera plus par l’intermédiaire de l’eau, comme si le hasard avait laissé place à une volonté impénétrable et inconnue, surtout au moment où la série est à un instant décisif de son intrigue. Dès lors, on aurait pu craindre qu’une lassitude fatale fasse son apparition à travers diverses histoires indépendantes se succédant immanquablement dans les voyages temporels pour analyser la confrontation entre deux cultures thermales. Heureusement pour nous, la mangaka ne se limitera pas par la suite à la thématique des bains mais étoffera sa trame à travers d’autres éléments, que l’on verra peu après cette section. 
  
 

THERMAE ROMAE © 2009 Mari Yamazaki / ENTERBRAIN, Inc.

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