Dossier manga - Nabari

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Publié le Mercredi, 28 August 2013


Ninja ne rime pas tout le temps avec combat

 

Mettons-nous en situation. Nabari vous est inconnu, et on vous vend cette série comme un shônen d’aventure traitant du monde ninja et de techniques ninjutsu. Forcément, il est impossible de ne pas penser à un certain shinobi blondinet, nommé Naruto. Ainsi, au simple synopsis de la série, nombreux sont ceux qui font l’amalgame entre les deux univers. Naruto possède en lui le terrifiant pouvoir d’un démon-renard à neuf queues tandis que Miharu, héros de ce récit, détient le Shinrabanshô qui est la plus puissante technique ninja. Plagiat ? Pas si sûr, car la recette du grand pouvoir résidant dans un protagoniste est chose peu rare dans le shônen, c’est en fonction du développement du récit que l’originalité se forgera. Notons d'ailleurs la différence de caractère des deux héros : Naruto est téméraire et déterminé tandis que Miharu souhaite vivre dans l'anonymat et la tranquillité la plus totale. Il va sans dire que physiquement, un monde sépare les deux personnages.

Mais le sujet central de ce paragraphe, c'est bien l'ambiance et le style qui entourent Nabari. Lorsque l'on parle de ninjas et pas seulement depuis Naruto, c'est bien entendu aux combats qu'il est fait allusion, ainsi qu'aux techniques ninjutsu. Il serait faux d'affirmer que Nabari fait fi de ces éléments, mais ils sont utilisés de manière surprenante et se font plus discrets que ce que nous avons l'habitude de voir dans ce genre d'œuvre. Yuki Kamatani, la mangaka à l'origine Nabari, a une histoire en tête qui semblait déjà définie  dès les premiers volumes tant le récit ne traine pas en longueur et s'avère maitrisé. L'auteure privilégie dans son œuvre plusieurs ingrédients, comme cet aspect scénaristique ainsi que les relations humaines de la série sur lesquelles nous reviendrons plus tard. Insistant sur ces éléments et la série ne comportant que quatorze volumes, vous vous doutez que les batailles qui ont lieu ne s'étendent pas sur plus de quelques chapitres. Alors oui, il n'est pas question de combats dantesques ni d'entraînement permettant aux personnages de se surpasser. La surenchère de puissance est un tabou de ce manga et d'une manière générale, les duels ne durent que quelques pages au grand maximum. Les joutes sont assez vite réglées et reposent sur une mise en scène plutôt simple : une technique de temps à autres, mais surtout beaucoup de combats au corps à corps sur lesquels reposent l'agilité du ninja ainsi que son maniement de l'attirail comme le shuriken. Et pas seulement d'ailleurs car certains personnages usent d'armes qui ne feraient en rien penser au monde ninja, c'est le cas de Yukimi qui lutte en permanence avec un simple revolver. Du côté des techniques ninjutsu, elles sont présentes, oui, mais s'avèrent très loin des déflagrations ou multi-clonages connus dans Naruto. Plus généralement, nous aurons affaire à des arcanes bien plus simples comme la transformation du corps, la guérison, ainsi que les quelques sorts aussi puissants qu'atypiques enfermés dans les rouleaux des techniques interdites qui font tout l'intérêt de la première partie du manga.
 
 
 
 
 
Les combats dans Nabari ne sont donc pas les plus spectaculaires qui soient et pourtant, les affrontements sont rarement ennuyeux. Quelle recette utilise donc Yuki Kamatani pour un tel rendu ? Simplement, la mangaka ne crée pas des affrontements simplement pour le plaisir des duels, mais bel et bien pour faire avancer l'intrigue principale ou développer les personnages. Ainsi, les joutes sont ponctuées de conflits verbaux entre personnages où chacun met à nu ses motivations, des dialogues qui peuvent révéler d'éventuelles trahisons, faire apparaître un nouvel ennemi et ainsi contribuer au développement du récit. Au cours de ces combats, qui reposent donc autant sur les armes que sur la parole, nombreux sont les protagonistes à évoluer, à réfléchir, une combinaison très bien pensée et parfaitement maîtrisée. Car la violence présente renforce le dialogue lorsqu'il s'agit de faire réfléchir un protagoniste, surtout quand celle-ci amène des rebondissements inattendus ou des révélations que nul ne prévoyait.

Une autre preuve qui caractérise ce privilège de l'intrigue au détriment de l'action, c'est bien le combat final de Nabari. En général, lorsque l'on parle de bataille finale d'un récit, on pense à une joute démesurée ou chacun des personnages sera au cœur de l'action. De ce côté-là, c'est chose réussie et sans spoiler, chaque protagoniste brillera dans la bataille, mais celle-ci est loin d'être si dantesque que prévue. C'est sur ce passage précis que Yuki Kamatani sort de son sac les dernières révélations qui sont les plus attendues, la violence se fait donc à l'intérieur du lecteur bluffé par certains rebondissements. Le combat en lui-même n'est pas si différent de d'habitude : Quelques joutes d'armes, une pirouette scénaristique bien menée et quelques arcanes ninjutsu et le tour est joué. Ça paraît ennuyeux ? Pourtant c'est loin, très loin de l'être. Nabari a un parti pris différent des autres shônen d'aventure, mais il n'en demeure pas moins un manga passionnant, et ce pour l'histoire et les développements qu'il propose.
  
 

NABARI NO OU © by Yuhki Kamatani / SQUARE ENIX CO.,LTD. All rights reserved.

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