Mindgame - Actualité manga
Dossier manga - Mindgame
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Publié le Vendredi, 13 Febuary 2015


What the... whaaaaaaaaaat ?!!

   
   
Mindgame, c'est n'importe quoi. Au début du manga, Nishi meurt. Il se retrouve alors devant dieu, qui lui explique qu'il a vécu comme un con, et qu'il est mort tout pareil (se prendre une balle dans l'arrière train qui nous traverse de part en part avant de ressortir de l'autre côté en faisant éclater notre crâne, admettons que ça n'est pas des plus glorieux). Après une courte existence morne où il n'a jamais fait preuve de la plus petite once d'audace (notamment, vis à vis de la fille qu'il aime), c'est un peu dommage de finir aussi stupidement, dans un ultime acte d'inaction aboutissant sur un sommet de ridicule. Une fois mort, Nishi se retrouve dans un espace éthéré ou de petits hommes danses sur les mains en déclamant des poèmes tout en flatulent avec élégance. Une multitude d'hommes chauves apparaissent alors dans les ténèbres, et reflètent un faisceau lumineux à l'aide de leurs crânes immaculés, et soudain, Nishi accède à la compréhension universelle avant de se retrouver face à Dieu. Nishi tente dans un premier temps de revenir de l'ahurissement lié à l'apparence du tout puissant, tout d'abord petit homme chauve et difforme dont le visage est parsemé d'une multitude de petits étrons du plus bel effet. D'une case sur l'autre, l'enveloppe corporelle du Très-Haut change, et il adopte de très nombreuse formes, femme ou homme, humain ou animal (ou les deux), jeune ou vieux, parfois nu, parfois déguisé en yakuza ou en John Lenon. Face à la réticence de Nishi devant l’imminence de son voyage vers le néant, dieu fini par l'autoriser à retourner séjourner sur terre à une condition : qu'il vive sa vie à fond, cette fois-ci. Ça c'est pour pour les cent cinquante premières pages, et sur les six-cent cinquante que compte l'ouvrage, le taux de n'importequisme à la page atteint des sommets. Je pourrais vous détailler le manga sur des pages et des pages, mais ce serait somme toute peu édifiant. 
   
Disons seulement que Mindgame est un défouloir comme on voit peu, complètement délirant, souvent puérile et assumé de bout en bout, ce road-trip déjanté explose tout les carcans narratifs, dans le fond comme dans la forme. Dans le fond, pour les raisons évoquées ci-dessus, et dans la forme, essentiellement grâce à quelques partis pris audacieux de la part de Robin Nishi. 
    
   
   
     
Au niveau du découpage, l'auteur est extrêmement efficace. Très cinématographique, sa mise en scène fonctionne parfaitement, et les nombreuses fantaisies visuelles donnent au tout un côté à la fois dynamique et original. On trouve dans Mindgame de nombreuses scènes de « rêve » ou de « délire », ou l'auteur donne libre court à son imagination débridée sur plusieurs pages qui semblent avoir été rédigés sous l'effet de la combinaison de quelques dizaines de substances illicites. Des passages merveilleux ou les protagonistes nagent en plein bonheur au beau milieu des étoiles, entourés d'animaux fantastiques et baignés dans une mélodie endiablée ou reposante. Impossible de décrire ces instants fidèlement, ils sont complètement foutraques et psychédéliques, ce qui ne les empêche pas d'être géniaux. 
      
   
Au niveau des graphismes également, Robin Nishi adopte un parti prit assez inédit : pas de retouche, le premier jet et le bon, celui de l'inspiration brute. Ainsi, si Mingame peut paraître brouillon, c'est pour une très bonne raison : c'est un brouillon. Le trait est complètement relâché, les proportions sont chaotiques, les détails quasi inexistants, et ce style, mieux que ne l'aurait fait n'importe quel autre, sert le récit à merveille. 
     
   

© by NISHI Robin / Asukashinsha

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