Dossier manga - Midori Days

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Publié le Vendredi, 23 May 2014


Jamais sans ma main droite


Imaginez qu’une demoiselle est follement éprise de vous. Un jour, cette dernière devient ni plus ni moins… Votre main droite ! Vous voilà doté de compagnie en permanence : en cours, sous la douche, ou encore aux toilettes. Tel est le sujet de Midori Days, une comédie se voulant rafraichissante pour ce concept complètement improbable, et par conséquent hilarant. Une chose avant tout : Une jeune fille qui remplace la main droite d’un adolescent, cela peut prêter à confusion. Mais rien de trop coquin dans la série, jamais (ou pas sur un registre torride) le contact entre Midori et « l’engin » de Seiji n’est abordé.

L’aventure nous permet de suivre le quotidien de Seiji, riche en chamboulement depuis l’apparition de Midori dont il ne peut s’extraire. L’atout du récit est bien là : proposer une comédie, fortement sentimentale, jouant sur cette fusion entre les deux personnages ainsi que leurs caractères diamétralement opposés. Seiji est une brute incarnée et ne passe pas une semaine sans se battre, tandis que Midori représente la douceur et la joie de vivre. Néanmoins, tous deux ont un point commun important : Que ce soit par la timidité de l’une ou le caractère impulsif de l’autre, ils se retrouvent souvent seuls, la sociabilité n’étant pas leur fort. Aussi, tous deux profiteront de cette expérience pour évoluer, que ce soit pour s’adoucir ou s’ouvrir à autrui. Cette évolution, progressive, est bien évidemment favorisée par le contact avec différents personnages qui auront un impact dans le quotidien de Seiji et Midori. Néanmoins, c’est avant tout par cette cohabitation mystique que le duo va développer son être. Pour Midori, il est avant tout question de s’ouvrir au garçon qu’elle aime tandis que Seiji va s’adoucir progressivement et mettre de côté sa brutalité. De manière évidente, l’évolution du jeune homme est prévisible depuis le premier chapitre où son portrait est dépeint. Reste à apprécier la manière dont cette évolution a lieu, et elle passe essentiellement par l’humour.

Cet humour a d’ailleurs deux facettes, au même titre que Seiji depuis le moment où il accueille Midori sur son corps. Pour le « chien enragé », Midori est un atout comme un inconvénient. Une femme à la place de la main et dotée d’une conscience propre, c’est l’idéal pour ranger, et faire le ménage… mais ça l’est nettement moins lorsqu’il s’agit de jeter aux oubliettes les revues pornographiques, ou que cette dernière s’emmêle à chaque fois que Seiji pose les yeux sur une jolie créature. Oui, le quotidien de Seiji est fortement chamboulé et même si les gags s’avèrent répétitifs, le mangaka s’improvisant maître du running-gag, ils appuient en permanence ce qu’implique cette cohabitation, mais aussi l’évolution de Seiji. Malgré son caractère de cochon, le lycéen bagarreur ne s’attacherait-il pas à sa main droite, au point de mettre de côté tous les points noirs de cette collocation ? Pire encore, le « chien enragé » ne deviendrait-il pas docile. Certains disent des femmes qu’il s’agit du « sexe faible » mais avec cette chronique axée sur la cohabitation entre deux individus de sexe opposé, le contraire est prouvé ! Car si Seiji et Midori ne forment pas un couple à proprement parler, les clins d’œil aux situations de conjugalité sont omniprésentes, démontrées avec humour et ont de quoi faire sourire à chaque page.
  
  
  
  
  
Puis, il y a Midori, jusqu’ici une banale lycéenne timide et fermée sur elle-même qui se contente d’observer de loin son grand amour, sans jamais trouver le courage de se déclarer. Pourtant, l’extase est totale lorsque Midori se retrouve à la place de la main droite de Seiji. Exit alors cette timidité, l’heure est venue de croquer l’amour à pleines dents, malgré cette situation particulière. La touche comique qui entoure Midori réside bien-sûr dans cette volonté de plaire à l’être aimé et de ne pas être une gêne pour lui. Si la demoiselle ne cherche pas forcément à se mettre en valeur physiquement, c’est bien sur sa serviabilité que les efforts ont lieu. Et généralement, cette bonne intention est vouée à enchainer les maladresses dont les retombées visent ce pauvre Seiji. Le chapitre dans lequel Midori cherche à aider un Seiji endormi en est le parfait exemple en plus d’être hilarant. Ah… Pas facile d’avoir une jeune fille à la place d’une main droite… Mais il l’est encore moins d’être la main droite d’autrui !

Gageons qu’à part proposer de l’humour, cette situation possède un véritable enjeu scénaristique. Tout d’abord, les raisons de la situation vont pousser les deux individus à se remettre en question. Ce contexte est-il convenable ? Pourtant, il n’est pas possible de suivre sa vie en ayant une main droite en forme de demoiselle, ou bien d’être enchainé à quelqu’un sans même pouvoir avancer par soi-même, et en laissant son entourage sur la touche. Ce point scénaristique, souvent évoqué, constitue d’ailleurs l’ultime enjeu de la série, qui se résout de manière émouvante, assez différemment de ce à qui on pouvait s’attendre.
Ne cherchez néanmoins pas une longue explication crédible du phénomène, celui-ci est voué à servir l’humour ainsi que l’évolution des deux héros que sont Seiji et Midori.
  
  
  

MIDORI NO HIBI by Kazurou INOUE © 2002 by Kazurou INOUE / Shogakukan Inc.

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