L'école emportée - Actualité manga
Dossier manga - L'école emportée

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Publié le Vendredi, 05 September 2014


Amour


L'amour tient une place importante dans L'école emportée. On apprend à la fin que c'est en partie par amour pour Sasa qu'Ôtomo s'est montré si ardemment opposé à Shô, que cette dernière aime (ce qui explique un peu mieux certaines de ses réactions). Mais ce triangle amoureux fait bien pâle figure face à l’amour le plus puissant qui soit : celui d’une mère pour son enfant. Umezu insiste en effet grandement sur la puissance de ce sentiment, à travers le personnage de la mère de Shô. Alors que le monde entier semble ne plus se soucier du sort des enfants de l’école Yamato, madame Takamatsu continue de s’échiner pour apporter de l’aide à son fils disparu (notons que le père de ce dernier s’est résigné depuis bien longtemps, visiblement sans trop de mal). Elle ne craint pas de se faire passer pour folle, de se faire insulter voire frapper, de dépenser de l’argent sans compter, tout ça dans l’espoir de préserver sa progéniture perdue dans un futur dévasté.

Cet amour maternel exacerbé est d’ailleurs assez amusant, puisque la fougue que met la mère de Shô pour sauver son fils est aussi puissante que la ferveur avec laquelle la mère de Sakura tente de tuer sa fille dans Baptism, un autre manga de l’auteur. Cela dit, cet amour inconditionnel est d’une extrême importance dans L’école emportée, puisque lui et l’humanisme dont font preuve Shô et Sasa face à l’adversité sont les deux seuls bastions d’espoir et d’optimisme face à la noirceur insondable dont est imprégné le manga.
  
  
  
  
  

Mise en garde


On apprend dans le manga que le monde est devenu tel qu'il est dans le futur à cause de la négligence des êtres humains, trop assoiffés par le pouvoir et l'argent, trop sourds aux avertissements, trop aveugles devant les premiers symptômes de l'apocalypse à venir. Une fois qu'il fut trop tard, certains ont voulu changer les choses, se rattraper, sauver le monde : en vain. Lors de la parution du manga, il y a quarante ans, le parallèle avec notre réalité était déjà évident, c'était une mise en garde. Aujourd’hui, alors que la situation n'a fait qu'empirer, la majeure partie de la population ne visualise toujours pas l'impasse, seule finalité de notre mode de vie actuelle. Parmi ceux qui l'ont réalisée, la majorité est persuadée que les conséquences ne surviendront qu'après leur passage ici-bas, l'autre partie est trop lâche pour faire quoi que ce soit. Dans les passages se situant à notre époque, on voit d'ailleurs bien la réaction de l'entourage des disparus qui, excepté la mère de Shô, considère bien vite les événements comme un fait divers passé, pour retourner à leur quotidien. Comble de l'irrespect et de l'horreur, le cratère auquel l'école a laissé place finit par servir de décharge publique.

Le monde du futur, dans l'école emportée, apparaît visuellement comme un mélange entre l'apocalypse post-nucléaire d'Hiroshima et Nagasaki et certains aspects de notre monde moderne, pollué, déserté, laid.
Malgré le final optimiste, on ne peut pas vraiment dire que les héros aient appris de leurs erreurs, puisqu'ils n'ont arrêté leur folie meurtrière que parce que la chance a fini par leur sourire. Les ressources nouvellement acquises seront-elles utilisées intelligemment et avec parcimonie ? La société à rebâtir ne retombera-t-elle pas dans ses errements passés ? Rien n'est moins sûr...
  
  
  

YORYU KYOSHITSU by Kazuo UMEZU © 1998 by Kazuo UMEZU / Shogakukan Inc.

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