Le dernier envol du papillon - Actualité manga
Dossier manga - Le dernier envol du papillon
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Publié le Vendredi, 16 March 2018


L'estampe de Kan Takahama


Le style graphique de Kan Takahama est assez reconnaissable. Depuis ses premières œuvres, par exemple 2 Expressos, la mangaka a toujours montré un dessin assez profond, très teinté grâce à l'utilisation de trames qui apportent de nombreuses nuances à ses œuvres. Avec Kan Takahama, les planches ne sont jamais vides, l'autrice apportant toujours un soin particulier à la construction des environnements, afin que ses personnages n'évoluent pas dans des univers vides. Le fait que la mangaka se consacre à des mangas souvent courts, et à la parution espacée dans le temps (16 pages à dessiner dans le mois permet un travail bien plus minutieux que 16 pages à rendre dans la semaine dans les grandes revues hebdomadaires), laisse penser que ce type de parution sied à Kan Takahama, et lui permet de développer pleinement son art.



Dans Le dernier envol du papillon, nous retrouvons toutes les mimiques graphiques de la mangaka. Ses pages sont très fouillées, riches par de nombreuses nuances de gris, avec un trait particulièrement fin et pas toujours complet, qui donne aux planches de l'ouvrages des allures d'estampes japonaises. Un parti-pris graphique assez cohérent avec le contenu de l’œuvre qui oppose, de manière volontaire, certains aspects traditionnels du Japon à son ouverture à l'occident qui signera, ultérieurement, sa modernisation. Cette retranscription d'un Japon traditionnel est remarqué aussi par les architectures, notamment celle de l'auberge des plaisirs dans laquelle vit Kicho, qui ont demandé à Kan Takahama un certain travail de documentation. Peut-être que les recherches de la mangaka se sont même étendues aux différentes tenues arborées par les personnages dans l’œuvre, notamment Kicho, affublée d'un ravissant kimono et de coiffes qui lui donne ses allures de poupée.

Les personnages, eux, se font surtout remarqués par le travail sur l'artiste sur les expressions de leurs visages. Kicho reste très mystique mais son faciès peu expressif, tandis que Kenzo transpire parfois la colère grâce à son regard souvent sévère. Une différence caractérise toutefois Le dernier envol du papillon aux ouvrages précédents de l'autrice, comme Tokyo, amour et libertés : le travail graphique sans doute lié aux outils informatiques. Si dans l’œuvre de 2013 Kan Takahama présentait des dégradés un poil superficiels pour les chevelures des personnages, l'autrice apporte cette technique avec plus de soin et davantage de crédibilité dans Le dernier envol du papillon, donnant un véritable relief au récit. Le récit laisse donc croire que la mangaka, tout en restant sur un style qui lui est propre, ne cesse d'évoluer, tente des techniques différentes et façonne son aura graphique au ton de son ouvrage. Un style en permanence au service du récit, donc.


L'édition de Glénat


Les œuvres de Kan Takahama ont une aura prestigieuse, de par le sérieux des sujets traités, où l'esthétique globale de ses titres qui mérite d'être appuyée. Ainsi, Glénat a choisi un grand format pour Le dernier envol du papillon, similaire aux Perfect Edition de Dragon Ball, Kenshin ou Docteur Slump sur la taille, un format qui sera réitéré quelques mois après sur Tokyo, amour et libertés.



Le one-shot a donc droit à une édition assez luxueuse en France : un papier couché mât pour la couverture, et des pages de qualité sur l’ensemble de l’intérieur, incluant même quelques planches en couleur (deux précisément). Un soin peu anodin étant donné que le sujet traité et la courte durée du volume permet à l'éditeur ne cibler les lecteurs de bande-dessinée en général, plus que les simples amateurs de manga. L'effet est immédiat : Le dernier envol du papillon a fière allure sur les étagères, d'autant plus que la manga a rapidement été éditée en grand format chez nous, par exemple avec 2 Expressos et Mariko Parade chez Casterman, et même sur la publication la plus récente de l'autrice chez nous : Le goût d'Emma chez Les Arènes.

La traduction de l'ouvrage est assurée par Yohan Leclerc, qui livre ici un texte sans bémol. Le traducteur a su assumer le contexte historiques en retranscrivant les termes nécessaires et en adaptant les parlers des personnages, issues de classes sociales bien différentes par moment. En résulte un texte limpide qui aide à s'imprégner du contexte historique et de ce drame humain porté par des personnages complexes.
  
  
  

CHO-NO-MICHIYUKI © 2015 Kan Takahama

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