Le Dieselpunk dans les mangas - Actualité manga
Dossier manga - Le Dieselpunk dans les mangas
Sommaire

Publié le Vendredi, 25 January 2019


Présentation

  
L’anticipation en littérature permet à son auteur d’imaginer à sa guise un futur proche ou lointain à notre monde en dotant à ce dernier de nouvelles technologies ou une refonte sociale. Le cas de Jules Verne, de H.G. Wells ou d’autres écrivains du XIXe et du début du XXe siècle est d’avantage intéressant quant à leurs visions du futur avec les technologies et les mœurs sociales de leurs époques. Ceci est le point de départ du « rétrofuturisme », imaginer le futur avec des technologies obsolètes. En France nous connaissons depuis quelques années un engouement pour le Steampunk, un courant uchronique qui prend place dans la révolution industrielle de la vapeur au XIXe siècle saupoudrée des mœurs, costumes et sociétés de l’Ere victorienne. Mais rien de ‘punk’ à proprement parler, le suffixe est utilisé ici pour signifier l’ère du rétrofuturisme, à l’image du cyberpunk qui concerne les uchronies dans un univers d’avantage futuriste sur le plan technologique, notamment spatial. Cependant nous entendons moins parler d’un autre courant rétrofuturiste qui est pourtant bien présent dans les divers mediums culturels, le Dieselpunk.
  
Bien que le nom « Dieselpunk » ai été inventé en 2001 par Lewis Pollack pour décrire son jeu de rôle rétrofuturiste, le courant en lui-même prend ses sources dans les récits uchroniques d’auteurs anglo-saxons qui placent leurs intrigues dans un monde où le Troisième Reich est victorieux de la Seconde Guerre mondiale, notamment Fatherland de Robert Harris paru en 1992. Popularisé après l’avènement d’internet et des forums, le courant Dieselpunk peut être résumé comme suit : c’est un courant qui prône les uchronies dans lesquelles les hydrocarbures et l’énergie nucléaire ont permis un bond technologique certain. Alors que le Steampunk se limite à l’Ere victorienne, le Dieselpunk s’imbrique dans une période allant de la Première Guerre mondiale jusqu’aux débuts de la course spatiale des années 50. Ainsi les mœurs des années folles ou des années 50 côtoient le jazz et le blues dans des villes remplies de gratte-ciels dans lesquelles manœuvrent des zeppelins géants, où des monorails circulent entre les immeubles et où des voitures propulsées par l’atome bouchonnent les artères de la métropole cosmopolite. Le courant est surtout connu pour ses sujets de prédilections, à savoir les uchronies de la Seconde Guerre mondiale, la course à l’armement ainsi que des récits à ambiance pulp ou de polar noir.
  
  

Les fiefs hétérogènes du courant Dieselpunk

  
En dehors de la littérature on retrouve le Dieselpunk dans une large partie des mediums artistiques et culturels existants. L’electro-swing en musique ; au cinéma des films comme Capitaine Sky et le monde de demain, Sucker Punch et The Grand Budapest Hotel reflètent des éléments dieselpunk certains. Du côté des jeux-vidéos le courant s’est plutôt bien implanté dans des licences à succès comme la saga Fallout, Bioshock ainsi que les derniers Wolfenstein. Mais les J-RPG ne sont pas lésinés avec la série de tactical Valkyria Chronicles.
  
Et en bande dessinée ? On peut citer plusieurs tomes de la série Jour J de Delcourt dont l’intrigue se place dans une uchronie dieselpunk (notamment le septième tome Vive l’Empereur), Block 109 paru chez Akileos ou encore la série Wunderwaffen (et ses sous-séries Space Reich et Zeppelin’s Wars) chez Soleil. Ses séries se démarquent nettement par l’aspect uchronie politique de la victoire des nazis durant la Seconde Guerre mondiale et la course technologique (excepté pour Vive l’Empereur qui suit quant à lui l’hégémonie napoléonienne en 1925).
  
En comics le meilleur exemple reste The Rocketeer de Daves Stevens dont 2 volumes sont parus en France chez Delcourt. Aussi on peut citer certaines séries de Mike Mignola (Hellboy) comme Lobster Johnson, Sledgehammer 44 et Lord Baltimore. Citons également le oneshot Wild Blue Wonder de Glénat. Pour ses séries on assiste à une hétérogénéité des genres, le detective pulp, l’univers post-apocalyptique où le reste de l’humanité survit sur des porte-avions volants, ou bien une apocalypse zombie en pleine Première Guerre mondiale tout en passant par le héros de comics équipée d’un jet-pack dernier cri et qui combat des dirigeables nazis dans les cieux.
  
    
  

Et les mangas dans tout ça ?

  
Il ne faut pas croire que le Dieselpunk est absent des bandes dessinées nippones, au contraire certaines séries reprennent les codes et le style uchronique, bien que ces mêmes œuvres ne se revendiquent pas, à proprement parlé, du courant. Dans ce dossier on se concentrera sur quatre séries en particulier qui peuvent être considérées comme Dieselpunk de part leur intrigue et leur univers. Cependant il faut bien noter que c’est une sélection personnelle et subjective, mais ce point là sera abordé en fin de dossier.
  
- City Hall : Création française de Guillaume Lapeyre et de Rémi Guérin paru aux éditions Ankama entre 2012 et 2015. On y suit les aventures de Jules Verne, Arthur Conan Doyle et d’Amélia Earhart dans un univers alternatif dans lequel tout ce que nous écrivons sur une feuille de papier prend vie. L’intrigue propose une chasse à l’homme et des combats haletants entre les papercuts de chaque personnage, tout en passant en revue la majorité des auteurs célèbres du XIXe et du XXe siècle.
  
- Tanya the Evil : Licencié par les éditions Delcourt/Tonkam, l’adaptation manga de Chika Tojô du Light novel de Carlo Zen a fait son entrée dans les librairies françaises en novembre 2017 et nous propose un isekai original dans lequel un salaryman japonais insulte Dieu au moment de sa mort. Il est alors réincarné dans le corps d’une petite fille dans un univers en proie à une guerre industrielle mondiale saupoudrée de magie, ce qui va lui permettre de se frayer un chemin dans la hiérarchie de l’armée de son pays d’adoption.
  
- Winged Mermaids : Paru chez Doki Doki en septembre 2017, la série de trois volumes d’Etorouji Shiomo nous embarquent dans un univers où les hydravions sont la clé de la victoire d’une guerre de succession dans laquelle le protagoniste s’est retrouvé, malgré lui, au cœur du conflit fratricide. Complots et combats aériens sont au rendez-vous.
  
- Wizard of the battlefield : Une série en quatre volumes signée Daisuke Hiyama paru chez Doki Doki entre juin 2015 et novembre 2017. Dans un monde enlisé dans les tranchées et la guerre d’usure, Haru, une sniper disposant d’un pouvoir particulier, part en quête de vengeance après la destruction de son bataillon face à un ennemi aussi puissant qu’un régiment entier.
  
Après avoir identifié les éléments pouvant être considérés comme Dieselpunk dans chacune de ces séries, on va dissocier ces derniers à travers deux grands thèmes : l’immersion et l’utilité à l’intrigue.
  
Attention les développements suivants peuvent spoiler certains points clés des séries concernées !
  
  


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