Iris Zero - Actualité manga
Dossier manga - Iris Zero

Reader Rating 19 /20

Sommaire

Publié le Jeudi, 23 May 2013


De l'art de renverser les codes

 
 
Comme déjà dit, au premier abord, on pourrait croire d'Iris Zero qu'il s'agit d'une énième série de pouvoirs, mais il n'en est rien. Pour preuve, nous avons déjà parlé de la passivité de ces pouvoirs, qui ne permettent pas aux hôtes d'agir réellement sur le monde, mais simplement de l'observer. On peut dire que la série joue sur certains codes, celui des mangas de super pouvoirs en tête. Mais en réalité, elle fait mieux que ça : elle les renverse pour mieux se forger son identité.

Là où un pouvoir amène d'habitude un vaillant héros, les pouvoirs de l'Iris ne changent pas brutalement et de façon exagérée les personnes : on a des pouvoirs, mais pas des superhéros, pas de balèzes qui vont soudainement changer la face du monde. Non, les personnages d'Iris Zero n'ont pas de telles ambitions, ils se contentent de vivre avec leur pouvoir parfois de manière délicate, il sont simples, vrais, tout simplement humains avant tout, et ne jouent pas les héros. De toute façon, quelle utilité cela aurait, puisque la série ne possède aucun grand méchant ?

Et surtout, pensez donc : là où les séries offrent souvent un jeune garçon qui se découvre un pouvoir et devient alors un héros, Iris Zero prend le parti inverse. Dans le monde de l'Iris, tous le monde à un pouvoir. L'Iris fait partie intégrante de la vie, chaque jeune a grandi avec, si bien que c'en est une routine, un fait normal, presque une banalité. Et dans ce monde où avoir un pouvoir est normal, c'est alors Tôru, celui qui n'en a pas, qui devient l'exception. Là où habituellement un garçon aussi banal que lui passerait inaperçu, c'est justement ce qui fait à nos yeux cette banalité, cette absence de pouvoir, qui le rend unique. Un contrepied intéressant, avouez-le.
 
 
  
 
 

L'Iris, miroir de l'humain

 
 
Dans cet univers où sa banalité fait de lui l'exception, Tôru a vite fait de se replier sur lui-même, et les auteurs d'aborder en douceur des sujets forts typiquement humains, le rejet de la différence en tête.

Comme déjà dit L'Iris n'est apparu que récemment, et les adultes ne le possèdent pas. Entre les jeunes possesseurs de l'Iris et les adultes qui n'en connaissent rien, peut alors se créer un véritable fossé, un fossé tel que certains adultes considèrent de manière très négative les enfants. En somme, comme on peut en voir dans la vraie vie sur nombre de sujets, on assiste à une sorte de choc des générations porté par des adultes rejetant ce qu'ils ne connaissent pas par crainte de voir leurs fondements et acquis basculer, et extrapolé d'habile manière par le concept de l'Iris.

Pour en revenir sur Tôru, il subit le même genre de préjugés au sein même des détenteurs d'Iris. Lui qui n'en a jamais eu, est vite devenu, dans son enfance, le différent, celui à ne pas côtoyer, la cible des moqueries, celui à brimer. Dans la réalité, on connaît tous la cruauté que peuvent montrer les enfants entre eux parfois, et on sait très bien quelles extrémités cela peut amener s'ils ne sont pas repris. Dans le cas de Tôru, c'est un repliement total sur soi.

Mais les auteurs vont plus loin. Cette fois-ci via les Iris eux-mêmes, ils abordent avec subtilité tout ce qui fait de nous des humains, dans tout ce que cela peut avoir de bon ou de mauvais : des notions généralement positives comme l'amour et les émotions, mais aussi des thèmes durs comme le mensonge, ou la mort. Pour autant, la force d'Iris Zero est d'utiliser à bon escient son concept pour nuancer grandement chacun de ces thèmes humains.
Capable depuis toujours de voir les mensonges, Asahi a bien compris toutes les subtilités des paroles mensongères, car s'il existe des mensonges qui blessent irrémédiablement, d'autres peuvent aussi être formulés dans le but de protéger quelqu'un, la jeune fille en fera elle-même l'expérience.
S'il peut voir la mort depuis toujours, Hijiri ne s'en offusque plus. Il sait bien qu'elle est inévitable, qu'elle nous attend tous, mais avant d'y arriver il peut se passer bien des choses, et chaque choix fait dans notre vie peut nous conditionner jusqu'à atteindre l'instant fatal. Ce qui ne l'empêchera pas, à plusieurs reprises, de trouver la force d'agir.
Les émotions comme la joie, la colère, la tristesse... Peut-être ce qui fait toute la complexité de l'humain. Ce sens de l'émotion, c'est un peu ce qui nous définit le mieux, dans tout ce que ces émotions peuvent impliquer de bon et de mauvais. Pouvant remarquer celles-ci depuis toujours grâce à son Iris, Nanase a pu voir défiler nombre d'émotions enfouies, de sentiments feints, de faux-semblants qui ont petit à petit annihilé ses propres espérances, au point de lui faire commettre des actes terribles. Car l'homme peut être tellement complexe dans ses émotions qu'il vaut sans doute mieux que celles-ci ne soient pas totalement révélées.
 
 

IRIS ZERO © 2009 by Shiki PIRO, Hotaru TAKANA / MEDIA FACTORY, Inc.

Suivre les commentaires du dossier

Ajouter un commentaire

*


Le code HTML est interprété comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Si vous voulez créer un compte, c'est ICI et c'est gratuit!

> Conditions d'utilisation
MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News