Dossier manga - Inugami

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Sommaire

Publié le Jeudi, 04 November 2010


Le style de Masaya Hokazono

 
On l'a déjà dit, les influences de Masaya Hokazono sont nombreuses. L'auteur prend plaisir à toucher à tous les styles, ce qui se ressent fortement à travers son style graphique et sa mise en scène, témoins de la grande variété de l'auteur, et qui valaient bien une partie les concernant. Vous pouvez cliquer sur les visuels ci-dessous pour les agrandir.

Dans Inugami, nous pouvons apprécier le goût du mangaka pour tout ce qui relève de l'étrange, du bizarre. Ainsi, à de nombreuses reprises, l'auteur nous présente les inugami comme des êtres capables de modifier la structure de leur corps. Certains, comme 23 et Zéro, peuvent faire sortir de leur corps des cornes, des tentacules et autres éléments bizarres pour se battre.
 
  
  
D'autres encore peuvent aller jusqu'à prendre apparence humaine, apparence qu'ils modifieront volontiers.
 

 
Le lecteur ressent  un certain malaise face à ces nombreuses déformations physiques qui, par instants, ne manquent pas de rappeler le manga Parasite, prépublié quelques années auparavant dans le même magazine qu'Inugami. Le manga de Hitoshi Iwaaki aurait-il influencé Masaya Hokazono ? On se plaît à le penser.

En dehors des déformations physiques, le bizarre est également présent, par bribes, à travers de nombreux autres éléments: apparition d'yeux sur les murs ou sur le sol, d'une gigantesque silhouette, fleurs étranges poussant sur les cadavres, plante bougeant toute seule ... Tout ceci offre une atmosphère unique au manga.
 
 
 
Cet aspect bizarre, Masaya Hokazono l'utilisera très souvent pour mettre en avant un autre élément important de la série, qui éclate littéralement lors des scènes de combat et de massacre: le gore. Celui-ci est extrêmement présent, allant du découpage pur et simple aux explosions de corps, en passant par les tripes qui volent.
 
 
 
Loin d'être gratuit, l'aspect très sanglant du titre ne fait que renforcer à merveille les influences horrifiques semées ici et là par le mangaka. En effet, l'auteur prendra un malin plaisir à ne nous épargner aucun détail, à travers une mise en scène souvent très bien trouvée et digne de films d'horreur. Signalons que Hokazono n'a pas son pareil pour mettre en avant des petits détails parfaits pour soulever le cœur et horrifier les personnages autant que les lecteurs, comme une main restant suspendue dans le métro, ou les doigts d'une adolescente tranchés devant le regard ahuri de cette dernière. Des petits détails qui font toute la différence.
  
 
 
L'ambiance de film d'horreur est souvent là, la mise en scène étant très cinématographique. Cet aspect cinématographique, nous le retrouverons tout au long de l'œuvre. Au fil des volumes, la mise en scène de l'auteur se fait de plus en plus inspirée, celui-ci usant et abusant, par exemple, de pages ou double-pages choc, de vues en plongée et en contre-plongée percutantes.
 

 
A côté de toutes ces considérations, il faut également saluer le réalisme présent dans le trait de l'auteur, notamment en ce qui concerne le physique des animaux, qu'ils soient divins ou pas.
 


Cet aspect réaliste se ressent également fortement sur la faune et la flore, de manière générale. Masaya Hokanozono n'a pas son pareil pour représenter des êtres vivants avec une certaine densité, qu'il s'agisse d'êtres normaux ou fantastiques. Mais on saluera surtout ici la faune et la flore surnaturels, à l'image de ces étranges animaux apparaissant à la fin du manga, ou même du gigantesque arbre de vie, dont la forme en champignon atomique dont nous parlions précédemment est par ailleurs pleinement mise en valeur dans cette double-page d'une beauté saisissante.
 

 
Enfin, difficile de ne pas évoquer ici les moments d'infinie poésie, confinant à la contmeplation, qui parsèment le récit, contrastant de fort belle manière avec les nombreux passages violents du titre. Lors de ces passages, les plans de Masaya Hokazono se font plus aériens que jamais, comme s'ils tentaient, à l'instar de Fumiki, 23 et Mika, d'échapper au quotidien oppressant et décadant de la civilisation humaine, de s'envoler loin de tout ça.
  
 
 
Combinant les influences, mélangeant les styles, le travail visuel de Masaya Hokazono contribue grandement au charme et à l'unicité du récit. Sans ce style visuel, l'histoire ne serait probablement pas aussi forte.
   
  
  
  
 

Un petit mot sur l'édition française


Si l'on a déjà évoqué le petit problème des couvertures au début de ce dossier, l'heure est venue de parler un peu des autres aspects de l'édition que nous offre Akata/Delcourt, une édition globalement satisfaisante, comme très souvent chez l'éditeur.
D'un point de vue technique, on saluera la traduction très convaincante de Tamako Kageyama, qui officie depuis maintenant plusieurs années dans le milieu de la traduction, et dont nous pouvons apprécier le travail sur de nombreuses autres oeuvres comme, entre autres, Yakitate !! Ja-pan, Hyde & Closer, Sing yesterday for me, les Lamentations de l'agneau ou autre Girlfriend.
La traduction des onomatopées est ici un plus non négligeable, d'autant plus qu'un effort a été fait pour bien les intégrer et pour qu'elles dynamisent le récit.
En ce qui concerne la qualité d'impression, si elle n'est pas irréprochable, elle suffit amplement pour profiter du style graphique de l'auteur.
Le papier, quant à lui, est dans la veine des autres titres au format seinen de l'éditeur.
Côté bonus, on saluera les documents très intéressants à la fin de trois des quatorze volumes. A la fin du deuxième tome, nous pouvons découvrir des textes sur les courant ayant influencé Hokazono, mais également sur Kenji Miyazawa, sur Aleister Crowley et sur l'industrie pharmaceutique. Le cinquième volume, quant à lui, voit l'apparition des fameuses clés de compréhension de l'éditeur, ici très riches, notamment en ce qui concerne la longue partie sur le Kôjiki et sur les éléments mythologiques présent dans le volume en question. Enfin, le tome 9 comporte des textes tout aussi intéressants portant sur les torii, sur la photosynthèse et sur la Genèse. Autant de documents vraiment appréciables, car regorgeant toujours d'informations utiles pour savourer au mieux le manga.
Au final, nous avons donc une édition globalement très soignée, qui ne constituera aucunement un frein pour la découverte d'Inugami. A présent, vous n'avez plus aucune excuse pour découvrir le titre!
 
 
  
 
 

Pour terminer l'aventure...


De par les thèmes qu'il aborde avec subtilité, l'implication et la sincérité de ce que nous sert Masaya Hokazono, les nombreuses influences scénaristiques et graphiques de l'auteur, l'émotion et l'intensité que le tout dégage, Inugami fait assurément partie des grands parmi les modestes. Témoignant déjà à l'époque des convictions et des engagements de son éditeur Akata/Delcourt, mais étant malheureusement sorti à une époque où une majorité des lecteurs potentiels n'étaient sans doute pas encore prêts à accueillir un tel titre, le manga de Masaya Hokazono fait partie de ces oeuvres qui, aujourd'hui, mériteraient indubitablement une deuxième vie. A présent, il ne tient qu'à vous de découvrir ce seinen d'exception, de tenter l'incroyable aventure d'Inugami.
 
 
Mise en ligne le 05/11/2010. 
Mise à jour le 27/09/2012.
 
  
   
Fiche de la série: Inugami
Fiche de la série VO: Inugami vo
Fiche de l'auteur: Masaya Hokazono

Dossier réalisé par Koiwai


© 2001 Masaya Hokazono / Kodansha Ltd.

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