Dossier manga - Gundam, Le Siècle Universel : Partie 1 - Mobile Suit Gundam & Gundam - The Origin

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Sommaire

Publié le Vendredi, 08 June 2018


Un drame poignant dans une guerre sans merci


Outre ses robots géants et ses conflits spatiaux, Mobile Suit Gundam a su s'attirer l'attention du public grâce à sa panoplie et personnages et aux différents drames humains qui se déroulent au sein de cette première partie de la fresque du Siècle Universel. D'une manière général, chaque personnage présenté dans la série sera sujet à développement, aura au moins un semblant d'arc narratif et connaîtra ses joies et ses peines tout le long du récit. L'attention est donnée au groupe de soldats, malgré eux pour la plupart, qui constitue l'équipage du White Base, et tout particulièrement le parcours du héros, Amuro Ray. Adolescent un poil asocial propulsé dans un conflit qui le dépasse, Amuro va vivre sa propre quête initiatique en vue de devenir un humain accompli, adulte et qui n'est plus renfermé sur lui-même. L'expérience de provoquer la mort de son ennemi, de porter le fardeau de la protection de ses amis puisqu'il est le seul à piloter le Gundam, sa situation familiale qui a contribué à faire de lui un garçon légèrement sociopathe... Amuro est amené à connaître bien des déboires qui le feront passer de tête à claque à héros assumer, voire à héros de guerre, un schéma qui va s'appliquer à de nombreux membres du White Base.

On peut par exemple citer Sayla Mass et Kai Shiden qui sont voués à avoir leurs propres arcs scénaristiques de manière à évoluer et s'ouvrir eux aussi à leurs compagnons, des histoires souvent tragiques et chargées en émotion. A l'inverse, d'autres figures comme Fraw, Hayato ou Mirai connaitront des déboires d'ordre romantique principalement, ce qui reste dans une optique vouée à faire d'eux des humains qui évoluent au fil des expériences douloureuses que leur réserve la vie. Les principaux membres du White Base évoluant au sein d'une aventure commune, Mobile Suit Gundam cherche à développer l'ensemble comme une grand famille, une impression qui se ressent surtout à la fin de l’œuvre, ou dans le troisième film, qui nous fait comprendre que tous ces personnages ont évolué. Chacun d'eux n'a plus rien à voir avec les figures connues durant les premières minutes de cette histoire, et la bataille finale d'A Baoa Qu magnifie cette symbolique de la famille par le sort réservé au White Base en temps qu'appareil et lieu où toute la bande a vécu des aventures communes au cours de la guerre. D'ailleurs, il n'est pas que question de drames et de moments douloureux chez l'équipage du White Base. Le petit trio d'enfants formé par Katz, Kika et Letz apporte son lot de joie et de bonne humeur sans devenir lassant. Au contraire, Yoshiyuki Tomino, dans son écriture, a bien pensé la bande de garnement en tant qu'opposition au dur contexte de guerre dans lequel les personnages sont condamnés à évoluer : D'un côté, le conflit fait des ravages tandis que de l'autre, les trois enfants cherchent à s'amuser, à vivre des aventures avec les adultes qui leur servent de camarades de route, et préfère tirer la langue aux vilains soldats de Zeon plutôt que de les craindre. Une vision innocente qui en devient même touchante tout le long des 43 épisodes ou des trois films, selon la forme choisir.



Lorsque l'on parle des personnages de Mobile Suit Gundam, il est impossible de ne pas évoquer Char Aznable, rival du héros qui, au fil de l'histoire, sera à mi-chemin entre l'antagoniste et l'adversaire dont la malédiction est de se trouver face à l'équipage du White Base, plutôt que dans leur camp. Char n'est pas méchant, c'est un personnage énigmatique dont le désir de vengeance sera le principal moteur scénaristique de cette première série. Sa quête sera en fait le fil conducteur de Mobile Suit Gundam : l'histoire commence lors de son invasion sur Side-7, et donc par sa rencontre avec Amuro, plus ou moins, et s'achève lorsque son plan est finalisé, symbolisant le déclin de l'un des deux camps du conflit. Sa rivalité avec Amuro formera aussi un arc narratif haletant tant Tomino a pris un certain soin à dépeindre un duel sans fin au cours duquel un sentiment de respect s'associera à une certaine forme d'hostilité, jusqu'à dépeindre même une noblesse dans ce duel. La rencontre avec Lalah sera charnière, bien qu'un peu succincte dans le format cinématographique, instaurant les bases d'une rivalité qui se poursuivra encore un peu et s'achèvera véritablement dans le film Gundam – Char contre attaque.

Il y a donc énormément à dire sur Mobile Suit Gundam et ses personnages. Et c'est parce que le scénario est truffé de drames autour du casting, allant jusqu'à n'épargner personne, que cette première œuvre tient en haleine et permet d'apprécier l'ensemble de ses figures. Plus important encore : la série se paie de luxe d'avoir désormais un préquel qui vient densifier toute la vision humaine de l'oeuvre, et celle-ci porte le nom de Mobile Suit Gundam – The Origin.

De l'échec de la série au succès des films


Lors de sa diffusion télévisée entre 1979 et 1980, Mobile Suit Gundam n'a pas connu le sort que lui réservait Yoshiyuki Tomino initialement. La série était prévue sur 52 épisodes mais n'en comptera que 43 au final, fautes d'audiences qui valurent une annulation pure et simple de la série. Le sort de la première œuvre est paradoxal comparé au succès qu'on attribue à Gundam aujourd'hui. En effet, si la diffusion télévisée fut un échec, les produits dérivés se vendaient bien, en particulier les Gunpla. Abréviation pour « Gundam Plastic Model », ces maquettes des engins de la série ont redonné confiance en Bandai, en Tomino, et en Sunrise. Une deuxième chance a été octroyée à l’œuvre qui, entre 1981 et 1982, a été remontée sous la forme de trois films d'une durée de plus de deux heures chacun. Si certains passages passent à la trappe, Tomino en profite pour apporter quelques changements au développement de son œuvre. C'est le cas de la thématique des New-Types qui devient beaucoup plus appuyée dans les films, de telle sorte à faire ressentir aux spectateurs l'importance de ces nouveaux êtres dans l'univers Gundam, un choix qui fait sens quand on sait que sur les séries suivantes, les New-Types seront encore plus au cœur de l'action et du scénario, les prouesses des futures machines s'appuyant justement sur les capacités de ces individus aux sensibilités accrues. Cela traduit globalement toute l'intention de Tomino avec les films, outre en faire une deuxième chance pour Gundam. L'auteur, réalisateur et scénariste voulait véhiculer ses différents messages de manière plus clair, afin qu'ils ne soient plus fracturés par le format de série télévisée. C'est aussi dans cet ordre d'idées qu'il lancera la mise en chantier des trois films Zeta Gundam, dans les années 2000.

Il est intéressant de noter que si les films se sont exportés sans grande difficulté dans le monde, la série semble être restée inédite un bon moment. En France, ce sont les films que Beez et @Anime ont choisi de ditribuer, la série télévisée restant toujours inédite. Pour les anglophones, il est toutefois possible de se la procurer via la branche anglaise d'@Anime, en japonais sous-titré anglais évidemment.



Une réalisation datée ?


Lorsqu'on parle de Mobile Suit Gundam, une série produite en 1979 et des films sortis entre 1981 et 1982, il est possible d'entendre les craintes de l'interlocuteur à cause de l'âge de cette première œuvre. Effectivement, les codes graphiques ont énormément évolué entre temps, de même des techniques d'animation. Le Gundam des débuts est très différent du Gundam d'aujourd'hui d'un point de vue esthétique, aussi un fossé sépare Mobile Suit Gundam à Iron-Blooded Orphans sur le plan visuel.

Pourtant, le Gundam premier du nom n'est pas repoussant, loin de là. Les non connaisseurs du style d'époque peuvent être rebutés par ce choc générationnel, ce qui n'a rien d'anormal, mais tout semble être lié à une question d'habitude puisque les films Gundam ont su aussi trouver un public absolument pas concerné par l'époque de diffusion. Mobile Suit Gundam repose d'abord sur un character-design de Yoshikazu Yasuhiko qui transpire la fin des années 70 et le début des années 80, une patte qu'on ne retrouve plus aujourd'hui et qui fait ainsi le charme du manga The Origin, publié à partir du début des années 2000. Que ce soit la moumoute d'Amuro ou les coupes au carré de bon nombre de personnage, une ambiance rétro domine dans la première œuvre, un marqueur temporel qui n'est pourtant pas un point négatif tant il atteste l'existence de Mobile Suit Gundam à une époque précise. A ceci s'ajoute un côté assez flashy marqué par des couleurs très prononcées, comme les teintes bleus et roses vives des uniformes des soldats de la fédération terriennes. Un peu à cette image, les séquences d'action constituent de véritables spectacles esthétiques par le déluge de palettes roses ou rouges bien prononcées que l'on aperçoit lors de chaque explosion, des déflagrations qui ne se font d'ailleurs pas sans panaches tant la réalisation de Yoshiyuki Tomino fait dans le destructeur à ce niveau là. Les engins se déforment et se noient dans des océans de couleur flash afin de montrer l'ampleur de la catastrophe, une manière de montrer la guerre de façon grave par cette grandiloquence, mais aussi avec un second degré par moment, par exemple lors de séquence ou, alors de mourir dans l'explosion, un soldat appellera sa maman à l'aide... Une façon de faire qui s'avèrerait surprenante aujourd'hui mais qui, dans Mobile Suit Gundam, ne surprend pas.



A noter qu'aujourd'hui, c'est la version remastérisée qui nous est proposées. L'image est donc bien plus vive dans ses couleurs mais aussi plus belle. Sunrise ayant fait un excellent travail de mise à jour de son image, certains plans donnent même l'air d'avoir été réalisés au cours de la dernière décennie, une certaine prouesse pour une série qui soufflera sa quarantième bougie l'année prochaine.
  
  


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