Gals - Actualité manga
Dossier manga - Gals

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Publié le Jeudi, 30 October 2008


Mihona Fujii et la société

                                           
Mihona Fujii n'hésite pas à mettre en scène des personnages extrêmement caricaturaux. Ce fait lui sera reproché par de nombreux lecteurs, qui se verront tantôt blessés dans leur passion des gals, tantôt compris. Néanmoins, pour les lecteurs français qui ne connaissent pas ce mouvement, cette série est alors un bon apprentissage, à prendre avec beaucoup de recul néanmoins. Car malgré le fait qu'elle soit une caricature très osée, ceux-ci comprendront alors l'impact que cela a sur les personnes qu'on pourrait qualifier de «rangées». C'est ainsi que le rideau est levé sur le fossé générationnel qui existe au Japon. Les adultes sont révoltés par ce mode de vie, les jeunes adultes essaient tant bien que mal de remettre ces adolescentes dans le droit chemin, et quant aux jeunes; qui découvrent la société de surconsommation, les plaisirs personnels et l'individualisme; font le maximum pour vivre comme bon leur semble, et vont ainsi à l'encontre des valeurs de leur pays.
                                                                            
C'est ainsi que les parents de Ran, bien que tout à fait grotesques, sont constamment outrés par son comportement. Son grand frère fait tout son possible pour corriger ses actions, et Ran et ses amies vivent le moment présent.
                                                     
Malgré son côté très déjanté, Gals! prône les valeurs de la famille, au travers des Kotobuki. En effet, la série tourne autour de ces membres, soudés, comptant les uns sur les autres, malgré leurs différends. On remarquera qu'ils prennent leurs repas ensemble, discutent de choses simples, établissent des règles dans le foyer familial. Ces choses paraissent parfois des plus simplistes, mais de nombreuses familles ont, à l'heure actuelle, perdu ces notions de partage, de relations fraternelles et sororales. La famille Kotobuki apparaît alors comme une famille exemplaire, qui défend les vraies valeurs, dignes d'un équilibre des plus respectable dans la société.
On remarquera ici que c'est la mère de la famille qui incarne la bonté et la compréhension. Celle-ci ne s'oppose que très rarement, voire jamais, aux choix de Ran, et la comprend dans son envie d'être coquette et de s'amuser.
                                        
                                                               
Aya Hoshino est fille unique. Elle subit alors une grande pression, celle de l'espoir que ses parents ont placé en leur unique enfant. Aya en souffre, et c'est en cela que Mihona Fujii nous fait entendre le cri de tous ces jeunes en mal de vivre, ayant trop de responsabilités sur les épaules. Première de la classe, dirigée ensuite dans la meilleure classe du lycée, Aya est sans doute destinée à de grandes études, qu'elle devra, par dessus tout, réussir brillamment. Son mal-être ne tarde pas à transparaître aux yeux du lecteur, lorsque celui-ci se rendra compte qu'elle est escort girl. Voilà une occasion pour Ran de renier un préjugé qui colle à la peau des gals. C'est ainsi que Mihona Fujii nous montre qu'il est possible d'être une gal,  tout en restant une jeune fille simple et préoccupée par son avenir.

Enfin, Yumi Yamasaki n'a pour ainsi dire pas de parents. Ceux-ci se sont désengagés de leur fonction depuis bien longtemps. C'est alors qu'elle tourne mal, fait partie d'un gang. Mais l'amour la rattrape, lors d'une énième arrestation. La famille Kotobuki joue son rôle de famille modèle, et l'accueille ainsi chez elle, tout naturellement. Je pense que Yumi incarne ici la jeune fille perdue, au bord du gouffre, mais qui mérite néanmoins d'être sauvée. Les Kotobuki seront là pour l'écouter, surtout Yamato. L'échec de la famille Yamasaki est malheureusement un exemple de nombreuses familles, qui ne savent peut-être plus comment écouter leur enfant. Aussi ingrat puisse-t-il être, cet enfant reste tout de même le leur, et l'auteur ne désengagera pas la responsabilité de ce genre de parents.
                                               
Pour toutes les raisons citées ci-dessus je trouve que Gals! apparaît comme une bonne critique de la société. Certes, l'auteur blanchit en quelques sortes ces jeunes filles avides de nouveauté. Mais c'est ainsi qu'elle réussit ce défi de mettre en scène des gals qui défendent l'intégrité de la femme, qui se battent contre le système machiste japonais, la violence et l'illégalité. Ran Kotobuki est ses amies prônent des valeurs comme la liberté et l'amitié. Mais c'est Ran, surtout, qui incarne la féminité. Certains se demanderont ce qu'elle peut bien avoir de féminin, tellement elle paraît grotesque et ridicule par moments. Mais avec le recul, ne voyez-vous pas qu'elle se bat pour la femme, pour sa liberté et ses droits? Cette réflexion peut paraître extrême, surtout venant d'un manga aussi déjanté et qui paraît, au premier abord, comme étant superficiel. Mais même si les sujets de délinquance, d'agression envers les lycéennes, ou plus généralement envers la femme, sont abordés de façon caricaturale, c'est la justice qui apparaît au premier plan. Apprendre à connaître avant de juger, apprendre à tolérer avant de sévir, c'est apprendre à vivre avec l'autre... tout simplement!
                                           
                                                     
                                                                                      
                                                                                      

GALS© By Mihona Fujii / Shueisha Inc.

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