Dossier manga - Dragon Ball - Partie 1

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Sommaire

Publié le Vendredi, 18 December 2015


Le "Dragon World", univers infini


A travers ses différentes œuvres, Akira Toriyama n’a traité qu’un seul univers, le Dragon World qui est plus largement appelé The World. Que ce soit Dragon Ball, Docteur Slump, Nekomajin ou Sand Land, tout a lieu sur cette planète Terre entièrement réinventée par l’auteur dont les limites du monde sont sa seule imagination.

Dragon Ball a pour intérêt, notamment sur son premier cycle, de présenter des lieux variés du Dragon World, ceci grâce au voyage de Gokû et ses différents affrontements alors qu’il n’est qu’un enfant tandis que la seconde partie du manga fait la belle part à des combats galactiques en tous genres. Géographiquement, le monde présente des lieux de civilisation autant que des villages reculés et des coins désertiques. Dragon Ball appuie notamment les capitales du monde en rapport avec les différents points cardinaux, certaines devenant le cœur de l’action de quelques arcs, par exemple le combat contre les cyborgs ou encore les débuts de l’arc Boo. The World est régit par un gouvernement mondial, plus précisément une monarchie, bien que les mécaniques politiques de l’univers ne soient jamais réellement traitées. Enfin, cette Terre factice se distingue par une monnaie qui lui est propre, le zeni, ainsi que l’hybridité du peuple terrien qui se compose aussi bien d’humains que d’animaux anthropomorphes, ce qui aboutit notamment à un décalage sur la première partie du manga et contribue à la grande fraîcheur de Dragon Ball. Il convient aussi de préciser que les arts-martiaux jouent un rôle majeur dans cet univers, un expert en techniques de combat peut ainsi jouir d’une notoriété mondiale et le Tenkaichi Budokai n’a rien à envier à la Coupe du monde de football en termes de popularité.



L’univers créé par Toriyama ne s’arrête pas ici, il va au-delà de la planète Terre jusqu’à présenter différents recoins de la galaxie. La mythologie des Saiyen est un excellent exemple pour montrer que The World est bien plus vaste qu’il n’y paraît, Dragon Ball a même été jusqu’à intégrer une véritable société des Dieux à travers l’autre monde à travers quatre entités dirigeant les quatre recoins de l’univers, puis des divinités encore au-dessus qui façonnent le monde tandis que le Dieu de la destruction, Beerus, contrebalance en apportant l’annihilation. Le but de ce dossier n’est pas d’être encyclopédique mais de relever la richesse de chaque arc narratif qui intègre son lot de concept par rapport à l’univers de Dragon Ball. Les dernières productions en date ainsi que la série télévisée Dragon Ball Super apportent leur pierre à l’édifice en présentant différents univers, celui que nous connaissons étant tout précisément le septième. Les portes sont ouvertes pour de nouvelles intrigues mais le plus étonnant, c’est que chaque développement a lieu de manière tout à fait crédible sans trop contredire ce que l’œuvre de Toriyama a fait jusqu’à présent, et c’est en ça qu’est la richesse de The World. Les plus curieux peuvent d’ailleurs aller plus loin que les manga et les anime des œuvres de l’auteur puisque certains jeux Dragon Ball, l’exemple le plus récent étant Xenoverse, contribuent à développer tout cet univers.
 

Le trait de Toriyama


Le style de Toriyama est caractéristique au point de le reconnaître d’un premier coup d’œil. Dans Docteur Slump, l’artiste a opté pour un trait plus arrondi, en phase avec l’univers comique et bon-enfant de sa première série, mais il change relativement de cap au cours de Dragon Ball. Le dessin, malgré les gags à répétition au début de la série, gagne en sérieux en dépeignant par exemple moins de personnages grotesques. Il fallait bien ça pour coller à l’ambiance combative des premiers volumes, présenter un cadre qui collerait aux nombreux combats type arts-martiaux que nous avons pu voir dans le premier cycle de l’œuvre. Pourtant, il subsistait une limité dépendant essentiellement des choix scénaristiques de l’auteur. Akira Toriyama établit en effet un contraste dans la manière de représenter les enfants et les adultes. Ces derniers sont particulièrement bien détaillés et sculptés, notamment du point de vue musculaire, tandis que les jeunes individus gardent un aspect arrondi. Continuer de présenter les aventures d’un Gokû enfant représentait donc une limite du point de vue du style et pour passer à des affrontements plus intenses et spectaculaires, Akira Toriyama a dû faire grandir tous ses personnages, en faire de vrais athlètes pour rendre les combats au corps à corps plus fouillés et impressionnants. Pourtant, si le personnage de Son Gohan gardera longtemps ce côté rondouillard, le mangaka parviendra à faire fi de sa limite graphique aux alentours de l’arc Cell si bien que même un pré-adolescent comme Gohan sera dessiné de telle manière à le rendre aussi bien sculpté que les personnages adultes. Néanmoins, la surenchère des puissances a été un facteur qui crédibilisait cette évolution graphique, il est en effet difficile d’imaginer un jeune Gokû avec le style de Gohan sous sa forme de Super Saiyen 2.




On pourrait venter sur de longues lignes le style d’Akira Toriyama, notamment dans sa capacité à créer des univers déments à travers des planches bien garnies. Pourtant, c’est sur son sens de la mise en scène des affrontements que l’auteur sort du lot. Les combats de Dragon Ball sont explosifs, surtout une fois le fameux tome 17 atteint, et le mangaka a bien assumé graphiquement la montée en puissance constante de son récit. C’est d’abord le rendu des coups qui est efficace et la sensation de violence est toujours bien rendue. Enfin, c’est surtout pour la mise en scène des confrontations à base de vagues d’énergie que l’auteur a su nous bluffer, quelques exemples comme la finalité de l’arc Cell sont même plus parlant qu’un grand discours et il est difficile de ne pas voir l’aspect dévastateur que peuvent avoir les combats de la seconde partie de la série. Mais avec le temps, Toriyama a-t-il su garder son style ? Avec Jaco, on constate que le mangaka est revenu à un trait plus simple, comme lors de ses débuts, et ce tout en gardant son sens du détail sur chaque case du récit. Néanmoins, face à cette évolution, difficile de lui demander de dessiner de nouveau du Dragon Ball, le chapitre Dragon Ball Minus est le parfait exemple que Toriyama ne parvient pas à retrouver son niveau d’autrefois, ce qui peut notamment justifier le passage de flambeau à l’auteur Toyotaro qui se charge des manga Dragon Ball : La résurrection de ‘F’ et Dragon Ball Super.
  

  
  

DRAGON BALL © 1984 by Bird Studio / Shueisha Inc.

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