Dragon Ball - Partie 1 - Actualité manga
Dossier manga - Dragon Ball - Partie 1

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Publié le Vendredi, 18 December 2015


Les origines : Légendes, arts martiaux et étymologies


Alors qu’Akira Toriyama souhaitait achever Docteur Slump pour aborder une nouvelle série, de nombreuses idées ont germé dans sa tête. Celles-ci ont abouti au one-shot qu’est Dragon Boy, forme première du Dragon Ball que nous connaissons tous. Parmi toutes les idées qu’a pu avoir le mangaka pour initier sa nouvelle œuvre, il en ressort deux qui sont distinctives des débuts du manga : les inspirations mythologiques de Dragon Ball ainsi que son orientation vers les arts martiaux.



Le voyage initiatique de Son Gokû


L’une des inspirations majeures de l’auteur est un roman chinois que l’on connaît en France sous le nom de La Pérégrination vers l’Ouest, mais aussi sous le titre plus connu de Saiyûki. Oui, c’est cette même œuvre qui a inspiré le manga éponyme de Kazuya Minekura et ses adaptations animées qui a été source d’idées pour les débuts de la série. L’œuvre ne fut pourtant pas le déclic premier d’Akira Toriyama, ne l’a pas immédiatement orienté vers la série mais a plutôt défini les premiers pas du manga, plus précisément les deux premiers opus qui correspondent à l’arc de la quête des sept reliques.

Le périple du moine Xuanzang a principalement définit la nature initiatique du voyage entrepris par Gokû et Bulma au début de l’œuvre. Le héros de Dragon Ball lui-même s’inspire du personnage de Sun Wukong (ou Son Gokû en japonais), un singe intelligent, doté de parole et de grands pouvoirs, désireux de cultiver son corps et son esprit pour devenir un Immortel. Si le Gokû que l’on connaît n’est finalement qu’un humanoïde doté d’une queue de singe et capable de se transformer en gorille géant lors des nuits de pleine lune, Toriyama a puisé dans le caractère espiègle du personnage d’origine en le poussant à son paroxysme pour rendre Gokû naïf au possible, tout en lui octroyant une force surhumaine afin de faire de son objectif une ambition similaire à celle de Sun Wukong : atteindre un idéal en termes de forces et de facultés. Par ailleurs, la nature du héros et sa mentalité de fier combattant est héritée de l’homme-singe et agit sur l’intégralité de l’œuvre de Toriyama, le simple fait qu’il entretienne une permanente rivalité avec Vegeta n’est finalement qu’une répercussion des inspirations premières de Toriyama qui a défini son héros et lui reste fidèle.

A ceci, nous pouvons ajouter le fait que le moine Xuanzang rencontre sur sa route une flopée de personnages à la nature fantastique, alliés ou ennemis, ce qui symbolisera précisément les premiers pas du parcours de Gokû et Bulma. Citons alors les personnages d’Oolong et Puerh, bien connus pour leur apparence peu humaine et leur capacité à changer de forme ou encore To, le lapin capable de transformer ses ennemis en carotte. Plus simplement, la dimension fortement fantastique et la galerie conséquente de personnages hors du commun en seulement deux tomes relient les débuts de Dragon Ball à la Pérégrination vers l’Ouest.


Les arts martiaux, de Jackie Chan à Jackie Chun !


L’idée de Dragon Ball a germé dans la tête d’Akira Toriyama alors que ce dernier dessinait sa série précédente, Docteur Slump, tout en regardant ses films préférés d’arts martiaux avec au casting un certain Jackie Chan. Les discussions entre l’auteur et l’éditeur ont abouti à la réalisation d’un manga qui traiterait des arts martiaux, ainsi était né le concept de Dragon Ball. Et en effet, si les combats dantesques de la seconde partie du manga ramènent un peu moins aux pratiques martiales, les débuts suivent clairement l’objectif de Toriyama, ne serait-ce pour la dominance des duels au corps à corps avec une mise en avant évidente de techniques de combats en tout genre. Avec l’entrée du second arc de la série, celui du 21ème Tenkaichi Budokai, cette dimension devient nettement plus appuyée puisque la série assume entièrement ses orientations martiales à travers des matchs multipliant les combats et les adversaires souvent représentants d’un style de combat, sans compter que les Tenkaichi Budokai se multiplieront au cours de la série. L’implication d’Akira Toriyama est totale dans cette dimension de l’œuvre où se côtoient affrontements de plus en plus épiques et un humour qui se fera muet véritablement qu’à partir du second cycle de la saga. Certains éléments ne trompent pas et ne font que renvoyer aux films adorés par l’auteur, par exemple la présence de « Jackie Chun », l’identité secrète de Kame Sennin qui est évidemment un hommage délirant à l’acteur Jackie Chan. Pour le mangaka, toutes ces inspirations tombaient à point nommé d’un point de vue purement marketing. En effet, le leader d’époque du Shônen Jump était le célèbre Hokuto no Ken de Buronson et Tetsuo Hara, une série qui misait aussi sur les combats martiaux. Mais plus que de miser sur des coups destructeurs ou fusent le sang et se multiplient les cadavres, Toriyama a fait le pari d’instaurer des combats plus dynamiques mais aussi plus légers où il ne serait pas toujours question de tuer son adversaire, un risque honoré quand on sait que Dragon Ball a fini par détrôner son rival.


Des références et étymologies multiples


Pour construire son univers, Akira Toriyama s’est montré inventif dans sa manière de donner des origines à son univers, chacun de ses choix est d’ailleurs rarement dû au hasard et nombre d’éléments de sa série sont une source d’inspiration. Cela n’a d’ailleurs échappé à personne, et l’histoire de Son Gokû renvoie évidemment à Superman, l’un des plus célèbres super-héros de l’écurie DC Comics. Quant à Shenron, le fameux dragon qui apparaît quand les sept dragon ball sont réunies, il est lui-même inspiré de Shenlong, un dragon divin de la mythologie chinoise, un pays qui tient décidément à cœur à l’un des maîtres du manga. On pourrait ainsi passer des heures à chercher l’ensemble des références scénaristiques du manga Dragon Ball tant elles sont nombreuses, tantôt empruntées aux mythes orientaux et tantôt repris de la culture populaire.

Là où toute la lecture de Dragon Ball peut constituer un jeu, c’est concernant les références dans les termes de l’histoire et noms des personnages. Chaque nom n’est d’ailleurs pas dû au hasard, certaines références sont connues de longue date et d’autres apparaissent même encore aujourd’hui, toujours avec cette volonté de l’auteur de correspondre à un thème ou une idée. Enoncer toutes les références serait fastidieux, mais quelques exemples s’imposent. Dans les cas indépendants, on note ainsi Bulma qui est repris de la prononciation japonaise de « bloomer », soit… culotte en français, un beau gag quand on connaît le nombre de sketchs autour de la féminité de la jeune fille des débuts du manga. Des groupes entiers de personnages suivent cette logique, notamment le peuple Saiyen dont chaque nom renvoie à un légume ou un végétal : Kakarot, Vegeta, Radditz… L’armée de Freezer, elle, représente l’autre face de ce peuple, autrement dit les fruits !

L’exemple qui parlera à tous reste sans aucun doute le personnage de Kiwi. Cette politique frappe même Dragon Ball Super, le dernier chapitre en date de la saga, puisque les Dieux de la destruction et leur entourage doivent leurs noms à des alcools, de la bière pour Beerus et du champagne pour Champa. Ces jeux de mots ont rarement un rapport direct avec les personnages, mais il ne fait aucun doute qu’Akira Toriyama s’est bien amusé pour trouver ces idées qui ne manquent pas d’identité, surtout quand on sait que les shônen d’aventure s’attachent tout particulièrement à des termes et noms purement nippons.
  
  
  


DRAGON BALL © 1984 by Bird Studio / Shueisha Inc.

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