Vampire Chronicles - Actualité manga
Dossier manga - Vampire Chronicles

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Publié le Jeudi, 20 January 2011


Entre passé et futur

 
Le vampire. De mythe il est passé à réalité dans bien des œuvres, et même dans le genre du manga il s’impose avec force dans une quantité non négligeable de lectures. Alors oui, comme idée de base pour construire une intrigue, il n’y a rien de bien original. D’autant plus que, loin de vouloir rendre cette créature différente ou surprenante par de très libres adaptations qui auraient pu se montrer maladroites, le mangaka se concentre sur l’essentiel. C’est le « classique vampire » qu’il nous offre alors, avec sa peur du soleil, son immortalité, son charisme détonnant et également sa beauté à toute épreuve. Une fois cette pierre inébranlable posée, toutefois, le scénario prend quelques libertés et s’invente une race mêlée, dérivée du sang pur des nobles et puissants vampires. Ce qu’ils ont de différent ? On cherche encore. A part une puissance moindre, une lignée moins noble, Bridget semble tout à fait conforme à l’idée que l’on se ferait d’une combattante vampire, au détail près que l’on appelle ça dhampire, dans le manga. Ses acolytes, pourtant, bien plus invisibles qu’elle, méritent cette distinction d’avec les deux grands, le roi et sa reine, au-dessus de toute comparaison en matière de pouvoir. Cette race a beau ne pas faire très « new age » dans le décor, il n’en reste pas moins que l’auteur n’exploite absolument pas le côté « monstre buveur de sang », fuyant quelque peu les bases du mythe à l’origine de tout ce bruit autour des créatures de la nuit. S’il est exploité dans tous les sens, ce conte est né depuis de nombreuses années déjà et ne souffre que de quelques rides, à peine de quoi faire montrer les dents aux lecteurs qui en auront assez des répétitions et des effets de mode. Cependant, Akabara est loin, bien loin de Sieur Dracula, et on le voit plus en -presque- inoffensif justicier ignoré de tous, incompris de ceux qu’il couve d’un regard bienveillant. Notons que cette différence, cette simplicité presque humaine, apporte aux protagonistes un aspect bien plus intéressant à suivre !

A côté de cela, on nous sort le déballage de science-fiction, avec le débarquement des extra-terrestres surpuissants en nombre et en moyens, juste histoire de conquérir notre planète et d’en faire un lieu d’affrontements délectables au sein même de la race humaine. Sans doute le fantasme de l’inconnu a-t-il quelque chose de délicieusement dangereux pour, ici, ne pouvoir s’empêcher de l’exploiter. L’homme aurait à ce point besoin de se rassurer sur sa grandeur d’âme, en se plaçant en victime impitoyablement choisie parmi tant d’autres. Se rassurer, se dire que l’on n’est pas seul et que l’ennemi est là pour nous faire du mal. Juste pour s’inventer le rôle du gentil. Et ici, les Fios ont un peu ce rôle-là. En attaquant la Terre, et donc également les dhampires qui y vivent, les humains et le monde de la nuit se trouvent un ennemi commun à abattre, pour travailler de concert à un monde meilleur, plus adapté à leurs besoins à tous. Comme quoi, il suffit parfois d’une catastrophe pour réconcilier les pires opposants. Toutefois, si nos chers petits hommes venus d’ailleurs sont là, on ne peut d’ailleurs pas parler de petits ni même de « verts », ce qui est pourtant à la mode pour les désigner. Non, puisque pas une seule fois on ne verra autre chose que leurs énormes vaisseaux couvrant le ciel de la planète bleue. Comme une ombre, une menace constante mais que l’auteur n’aurait pas jugé pertinent de rendre réelle. Ainsi, aussi menaçants soient-ils, les représentants du « futur » de notre génération, ou tout simplement l’incarnation d’une de ses plus grande peur, n’a qu’un impact assez limité dans le temps. L’annonce est brutale, inattendue et pour le moins surprenante, mais leur rôle est tellement secondaire, voire tertiaire, que l’on n’y prête même plus attention, comme si les soucoupes (qui n’y ressemblent pas, on l’admettra) se fondaient dans le paysage. De fait, on se tourne alors bien plus vers le passé de notre époque que vers le monde du futur, de la science et de l’incertitude.

En effet, nos héros venant d’une époque bien reculée et appartenant à la noble faction vampirique, c’est sur eux que l’on va baser nos interrogations, et l’auteur ses réponses. Le royaume de la nuit nous est dévoilé par petites touches, certes, mais en long en large et en travers. De longs flash backs nous permettent de voyager perpétuellement à travers les époques, afin d’aller rechercher le plus loin possible les émotions et aspirations de chacun. On apprend tout de ces personnages à qui il ne manque que de longues dents, alors que l’on n’apprend strictement rien sur les Fios. Mais peu importe, puisque nos amis les vampires traversent le temps sans s’abîmer ni mourir, tout immortels qu’ils sont. Cela permet d’ailleurs cette continuité et ce lourd tribut d’erreurs et de choix difficiles, tout comme l’entité du cygne noir qui permet à Kayuki d’avoir un pied dans une autre époque, ce qui lui va parfaitement bien grâce à ses habitudes vestimentaires, elles aussi décalées. En tous les cas, le manga navigue entre plusieurs univers dont notre réalité presque contemporaine, qui manque à peine de normalité pour nous rappeler le monde qui nous entoure. Pas assez cependant pour nous interroger sur l’existence d’extra-terrestres ou de vampires, et dieu merci ce n’est pas le but ! C’est avant tout un scénario qui ouvre des portes, à travers les légendes et l’imagination d’un autre monde, à un amour ancestral et une haine tout aussi ancienne qui puisent pourtant leur force dans l’actualité de leur existence.
 
  
  
 
 

© Kyo Shirodaira, Yuri Kimura / SQUARE ENIX CO., LTD.

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