UQ Holder ! - Partie 1 - Actualité manga
Dossier manga - UQ Holder ! - Partie 1
Sommaire

Publié le Vendredi, 13 April 2018


L'adaptation animée, bilan décevant


Ken Akamatsu n'a jamais été particulièrement chanceux avec les adaptations animées de ses œuvres. L'anime de Love Hina n'a pas tout adapté, les OAV My Santa partaient prenait des libertés qui trahissaient l'orientation conte de noël, et Negima a eu plusieurs adaptations qui finissaient par partir sur leur propre voie, malgré la production de quelques OAV qui adaptaient assez fidèlement quelques segments de l'arc du monde magique.

Ainsi, quand J.C.Staff annonce la production d'une série animée UQ Holder, les craintes étaient fondées, notamment parce que Negima n'a pas eu droit à une adaptation complète lui non plus. Les deux œuvres étant très liées, la question du souci de compréhension se posait. Et malheureusement, la tradition est respectée avec cet anime : UQ Holder ne rend pas justice au manga, il l'adapte en prenant des libertés et en occultant certains passages essentiels.



Il faut dire qu'adapter une suite n'était pas chose aisée. Le souci de la compréhension du spectateur se posait à tout moment, et le format de 12 épisodes a sans doute contraint le scénariste Shogo Yasukawa a fait des choix. Le format forçait la série à partir d'un point A et de trouver un semblant de finalité sur son point B. En adaptant rigoureusement l’œuvre papier, ce schéma n'aurait pu être honoré, et aucun enjeu n'aurait été fixé au terme de la série. Alors, quitte à déformer l’œuvre, ce sont les 13 premiers tomes qui sont adaptés en 12 épisodes. Énormément de passages sont donc occultés, des séquences anecdotiques comme d'autres beaucoup plus importantes. On ne reprochera pas à l'anime se faire l'impasse sur les séquences d'entraînement pas forcément palpitantes du début, mais zapper tout l'épisode scénaristique autour de Dana prouve que la production ne voulait pas se lancer dans quelque chose de trop ambitieux. L'essentiel était visiblement de créer un dérivé qui pourrait se suffire à lui même, sans ouvrir de pistes trop complexes qui feraient appel aux connaissances du spectateur de Negima !.

Pourtant, l'intrigue clef autour de Negi est là. Mais le scénario étant épuré, on peut comprendre ce qui nous est proposé sans grand mal. Un héros a autrefois sauvé le monde mais est tombé chez l'ennemi, ancien héros qui devra donc être sauvé. L'idée aurait pu être acceptable si l'anime ne se trahissait pas en jouant la carte du fan-service pour faire appel à la sensibilité des fans de Negima. On notera donc une réutilisation de Happy Material, la chanson d'opening de la première adaptation animée de Negima qui est devenue une anison très populaire au Japon, et un avant-dernier épisode qui ne se prive pas de fan-service avec la réapparition des anciennes élèves d'un Negi possédé. Un clin d’œil que seuls les connaisseurs des aventures de Negi comprendront, les autres ne parviendront sans doute pas à considérer les références. Finalement, à qui s'adresse l'anime UQ Holder ? Aux néophytes ? A ceux qui ont suivi tout Negima ? Un peu aux deux, mais le compromis est assez mal passé.



Sur le plan technique, l'anime oscille entre le bon et le maladroit. Certaines scènes de combats sont bien réalisées et animées, créant même une certaine intensité, tandis que d'autres se révèleront beaucoup plus pauvres. Ce genre se séquences doit l'échec à l'utilisation grotesque de CGI qui, lorsqu'elle est présente, est vraiment mal incrustée. Un défaut de moins en moins rare dans l'animation japonaise qui utilise de plus en plus ce procédé, mais voilà qui a de quoi sortir le spectateur de l'action.

On ne peut toutefois pas dire que l'anime UQ Holder est tout à fait terminé. En plus de l'anime existent des OAD, des épisodes spéciaux vendus uniquement avec les éditions limitées de certains tomes. Le premier OAD sort en septembre 2017, soit un mois après l'anime, et exploitera justement l'épisode de la rencontre entre la "jeune" Evangelione et Tôta, au cours de l'entraînement avec Dana, la sorcière des failles. Un épisode inédit en France qui comble un gros manque de la série animée donc, mais qu'il serait difficile d'intégrer dedans puisque Dana n'a jamais été correctement introduite.
Un deuxième OAD est sorti au mois de mars 2018, avec le tome 16 du manga au Japon. Cette fois, pas d'avancée de l'intrigue puisque l'épisode est très orienté fan-service et s'intéresse à la relation entre Tôta et Kirie. Un troisième OAD paraîtra en juin 2018, avec le tome 17 japonais du manga, et il n'est pas impossible que d'autres épisodes spéciaux voient le jour... En attendant une hypothétique suite.


L'évolution graphique de Ken Akamatsu


Ken Akamatsu a un style qu'on remarque assez aisément. Sa patte reste reconnaissable depuis Ai Non-Stop, mais son coup de crayon s'est énormément affiné au fil du temps. Les personnages ont gagné en détails, de même pour les éléments qui les entourent tel que les décors ou les constructions visuelles en tout genre.

Dans Negima, l'auteur mariait le papier au travail sur ordinateur. Ses décors étaient construits numériquement (les croquis des environnements étaient même proposés en guide de bonus des tomes), tandis qu'il travaillait manuellement les personnages. Cela se ressentait énormément par des cadres très carrés et crédibles, là où les personnages apposés par coups de crayon était perceptible.
Dans UQ Holder, Ken Akamatsu a quelque peu changé sa formule puisqu'il est passé entièrement au numérique, ce qui se ressent énormément. Le rendu graphique a quelque chose de moins manuel et possède une rigueur que seul le dessin à la tablette graphique laisse percevoir. Pourtant, son style reste le même, ses personnages restant identifiables à tout instant, quand bien même ils seraient passés de Negima à UQ Holder.



En revanche le travaille du mangaka sur les scènes d'actions reste inchangé. Ces scènes fourmillent de détails, et l'auteur se montre particulièrement habile pour faire ressentir le spectaculaire, avec des explosions démentielles et des destructions à tout va. Ce qui n'empêche jamais un combat d'être parfaitement lisible, une force qu'on ressent même sur le quinzième tome qui s'essaie pourtant à une démesure aussi absurde que jouissive.
  
  
  

UQ HOLDER! © KEN AKAMATSU / Kodansha Ltd.

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