Silver Spoon - La cuillère d'argent - Actualité manga
Dossier manga - Silver Spoon - La cuillère d'argent

Reader Rating 18.50 /20

Sommaire

Publié le Vendredi, 19 December 2014


Graphismes et édition

    
A l'époque de Fullmetal Alchemist, le trait de Hiromu Arakawa se distinguait déjà par son aspect brut, mais efficace. Avec Silver Spoon, elle a encore eu le temps de s'affirmer, mais cela ne saute pas aux yeux tout de suite, et pour cause : ce nouveau manga ayant une vocation comique, Yûgo et ses amis sont souvent représentés de manière caricaturale, en quelques traits. Pour autant, nous n'atteignons pas le gag-manga pur comme cela peut être le cas sur Nobles Paysans, et le trait retourne à un certain réalisme très régulièrement. Il s'agit d'ailleurs d'être précis lors des passages les plus techniques, pour mettre en avant par exemple les différentes races d'animaux de ferme ou le matériel agricole.
   
On a souvent reproché à Hiromu Arakawa le manque de charisme de ses personnages, et force est de reconnaître que c'est encore le cas ici. Si Yûgo a une allure volontairement passe-partout, ses grosses lunettes lui offrent un air un peu féminin. Aki est conçue pour être l'héroïne tout juste mignonne, mais sa coupe de cheveux offre des rendus bizarres et ses grands yeux sont parfois vides. En revanche, contrairement à Hero Tales, Arakawa a réussi à proposer des physiques complètement inédits par rapport à FMA (sauf pour le clin d'oeil assumé à Amstrong). Les scènes d'action ont en revanche un peu de mal à nous faire rentrer dans leur dynamisme, mais elles sont assez rares.
      
   
Pour l'adaptation française, les éditions Kurokawa nous proposent un travail exemplaire, comme à leur habitude : l'impression est de bonne qualité, et la traduction est dynamique, en se permettant de rajouter quelques références d'humour français qui feront mouche à tous les coups. On pourra en revanche regretter l'absence de plus-value made in France : via son partenariat avec le ministère de l'Agriculture, l'éditeur pourrait peut-être rajouter quelques pages bonus en fin de tome, pour pousser ses jeunes lecteurs à se ré intéresser aux métiers agricoles dans notre pays. Mais cela est plus un souhait qu'un véritable reproche !
  
   

Les adaptations

    

L'anime

C'est à la fin de l'année 2012 que l'arrivée d'une adaptation animée est annoncée. Elle est confiée au studio A-1 Pictures et plus particulièrement au réalisateur Tomohiko Itô, qui sortait tout juste de la première saison de Sword Art Online. Le scénario fut adapté par Taku Kishimoto et le chara-design par Jun Nakai, qui a offert aux personnages un aspect légèrement plus mature que dans le manga. 
   
L'anime se décompose en deux saisons : la première fut diffusée du 11 juillet au 19 septembre 2013,  ses onze épisodes couvrant les quatre premiers volumes du manga; la seconde fut programmée du 9 janvier au 27 mars 2014, et couvre les quatre suivants ainsi que le début du neuvième tome. En France, la série fut proposée en simulcast par Wakanim, mais ne dispose toujours pas à ce jour d'une sortie physique.
      
   
    
     

Le film live

En juillet 2013, une seconde adaptation du manga fut annoncée, cette fois en un film live. Réalisé par Keisuke Yoshida, ce long-métrage sortit dans les salles japonaises le 7 mars 2014. L'ambiance générale du manga est présente, que ce soit dans les décors de l'école Ohezo, ou même les personnages qui sont immédiatement reconnaissables, et sait se détacher suffisamment du support original pour ne pas tomber dans la caricature ridicule. Là où le bât blesse, c'est que ce film essaie de compacter en moins de deux heures un contenu similaire à celui de l'anime. Les péripéties s'y enchaînent trop rapidement, sans que l'on puisse saisir l'impact qu'elles auront sur Yûgo. Le jeune homme est d'ailleurs la première victime de ce parti pris : le récit n'est plus raconté à la première personne, et l'on ne parvient plus à suivre son évolution personnelle. Au final, cette adaptation est un feel-good movie sympathique, mais qui ne pourra pas vraiment satisfaire les fans du manga, à vouloir trop en faire.
    
    

Conclusion

   
Après la grande fresque épique que fut Fullmetal Alchemist, Hiromu Arakawa a surpris son lectorat avec un titre autrement plus personnel, autrement plus réaliste. Les enjeux mondiaux ont laissé place à des crises existentielles d'adolescents, les pouvoirs d'alchimistes ont laissé place à des travaux bien plus sommaires. Cependant, une fois passé le cap de cette inévitable transition, Silver Spoon dévoile petit à petit son véritable potentiel. Et au final, la portée de son message est encore plus importante que celui de son aîné : cette découverte du monde agricole nous sensibilise à des problèmes de notre propre quotidien, auquel l'on ne se serait peut-être jamais intéressé sans son intervention !
    
Si ses héros ne sont plus aussi parfaits ni charismatiques, on se surprend à les apprécier pour leurs défauts, les maladresses qu'ils corrigeront au fil de leur apprentissage. Derrière la découverte des joies et des peines du monde agricole, Silver Spoon propose une vision plus universelle des errements de l'adolescence, des réflexions de ces jeunes enfants sur leur vie future, et des épreuves qui peuvent leur tomber dessus à tout moment. Sans masquer les réalités du monde agricole et l'investissement humain qu'il représente, ce manga reste avant tout un titre très positif, porté par un humour décapant et salutaire. Siffler en travaillant, comme dirait l'autre !
    
     
   
    
Mise en ligne le 19/12/2014.
(c)
    

Dossier réalisé par Tianjun


GIN NO SAJI © 2011 Hiromu ARAKAWA / SHOGAKUKAN Inc.

Suivre les commentaires du dossier

Ajouter un commentaire

*


Si vous voulez créer un compte, c'est ICI et c'est gratuit!

> Conditions d'utilisation
MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News