Dossier manga - Samidare

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Sommaire

Publié le Jeudi, 06 March 2014


Un concept ultra classique...

 
 
12 personnes d'horizons différents, au service d'une princesse, enrôlés de force dans une bataille opposant deux frère et sœur surhumains et ayant pour enjeu la survie de la Terre, avec en perspective des combats contre des ennemis inhumains de plus en plus forts. Voici le concept de base de la série résumé en une phrase, et avouez que dit comme ça, ça n'a vraiment rien d'original. Ce type de pitch, on peut le retrouver dans d'innombrables shônen d'action, c'est même une base fiable pour n'importe quelle série nekketsu.

Mais l'auteur ne s'arrête pas à cette base : toute sa série est axée autour de grands classiques du shônen d'action.

Nos Chevaliers-Animaux trouvent évidemment leur première aide auprès de leur animal attitré, chacun d'eux reprenant un peu le concept de la mascotte que l'on voit si souvent aux côtés des personnages de shônen d'action.

Pour affronter ces monstres de plus en plus puissants, ils peuvent bien sûr compter sur les pouvoirs que leur confèrent ces animaux, qui leur remettent une orbe permettant d'invoquer des puissances surhumaines... Puissances qu'il va évidemment falloir apprendre à maîtriser par le biais d'entraînements réguliers. Ces pouvoirs sont aussi divers que variés, vont de la télékinésie pour Yûhi à la maîtrise du vent pour Hangetsu, en passant par la maîtrise de l'eau, la création de particules, la capacité de créer des marionnettes de boue... Satoshi Mizukami se réapproprie des pouvoirs incontournables à tout shônen d'action lambda.

La recherche de noms pour les attaques fétiches sera aussi évoquée, sans oublier la cerise sur le gâteau que constitue l'incontournable pouvoir de transformation. Sachez donc qu'il existe parmi nos Chevalier-Animaux 3 chevaliers légendaires, dont les animaux possèdent une forme évoluée conférant plus de puissance au combattant attitré. Ces formes d'évolution, qui rappellent à notre mémoire bon nombre de séries (Dragon Ball et ses Saiyan en tête, mais aussi Naruto ou Pokemon, par exemple), se dévoilera au fil de la série, quand Anima estimera que les combattants sont désormais aptes à les maîtriser.

Ce que l'on constate donc lors d'une première lecture superficielle de Samidare, c'est que Satoshi Mizukami ne cherche aucunement à proposer une base bourrée d'originalité. Bien au contraire, tous les éléments qui construisent le squelette de son histoire sont des « poncifs » de toute une catégorie de shônen d'action nekketsu.
   
    
    
   
   

… exploité à la perfection


Mais un squelette classique suffit-il à juger de la pertinence d'une série ? Samidare est la preuve que non. Mille fois non. Ce que l'on peut déjà constater dans un premier temps, c'est que Satoshi Mizukami utilise de très habile manière ce squelette en le maîtrisant de bout en bout, en proposant un cadre clair et précis, sans débordements. Plusieurs exemples témoignent de cela, voici les principaux.

 
 

Temps et action

 
Il y a d'abord une gestion du temps et de l'action exemplaire. On le sait dès le départ, ou alors assez vite dans la série : l'histoire se déroulera sur an, ni pour ni moins, et il n'y aura que 12 marionnettes de boue à combattre. 12 mois, 12 monstres, 12 chevaliers, pour un nombre symbolique dont le mangaka ne s'écartera jamais. On sait d'emblée que tout se déroulera dans ce temps bien défini, ce qui témoigne d'une histoire qui fut, dès le début, pensée d'un bout à l'autre par un auteur qui s'y tiendra et ne rallongera jamais la sauce inutilement.

La notion de temps est indispensable à la série, les mois qui défilent sont constamment rappelés au fil des pages, on sait toujours très bien où on en est, tout comme on sait quand tout se finira.

Notons aussi qu'en dernier témoin d'un souci de cohérence temporelle, il y a le paradoxe temporel amené par Animus, pour lequel, en quelque sorte, le temps s'écoule de façon inverse de celui de nos héros, puisqu'il voyage dans le temps du futur vers le passé, en ayant commencé par détruire la Terre dans les différents futurs. Ben oui, s'il commençait par détruire la planète dans le passé, lui-même ne viendrait pas au monde...



Déferlante de rebondissements

 
C'est donc dans ce cadre temporel posé avec précision que Satoshi Mizukami doit mener d'un bout à l'autre son histoire. L'auteur s'est fixé une limite qui l'oblige à ne pas perdre de vue l'essentiel, et à avancer constamment dans son récit sans rallonger la sauce. Il doit tout caser en un an... et il le fait merveilleusement bien, en apportant de façon constante ce qu'il faut de rebondissements, d'interrogations, de petites énigmes et de coups de théâtre, même quand nos héros sont éloignés des combats.

Les exemples sont nombreux, on ne les citera pas tous, ce serait inutile.
D'emblée, il y a l'énigme centrale autour de Samidare, bien plus diablesse que princesse, dans l'objectif inattendu qu'elle nourrit (on y reviendra plus tard) et qui offre dès le premier tome un fil rouge imprévisible, qui ne trouvera sa conclusion qu'à la toute fin.

Entre le début et la fin de ce fil rouge, il y a tout un tas de choses.
De nombreuses petites énigmes, dont celle liée à la possible traîtrise de Taiyô Akane, qui apparaît très vite dès que le chien déclare soudainement « Méfie-toi de la chouette ». On peut aussi signaler l'énigme Hyô Shimaki, qui, de par sa relation étroite avec Animus, sera pendant quelque temps un élément à l'objectif incertain.
Puis il y a les combats eux-mêmes, bien sûr. Il y a au total 12 marionnettes de boue à combattre, les premières s'enchaînent à rythme assez rapide, avant que les suivantes, plus fortes, ne deviennent plus longues à éliminer. L'auteur ne fait jamais durer ces combats trop longtemps, mais il arrivent toujours au bon moment pour entrecouper le récit de scènes plus dynamiques, et sont habilement orchestrés, portés par un trait vif, par un sens de la mise scène indéniable, et par une très bonne exploitation de chaque combattant, tous trouvant toujours leur place dans la bataille avec leur pouvoir spécifique.
Enfin, il y a surtout les nombreux focus sur tous les personnages, dont les caractères, le passé, les envie, les émotions, ou même la situation familiale finissent par se dévoiler. Mais là aussi, nous en reparlerons plus en détail plus tard.

En attendant, ce qui est sûr, c'est que Satoshi Mizukami gère avec brio ces différentes phases, en les alternant de manière à conserver constamment un récit prenant et jamais lassant, jamais répétitif.
 
  
    
 
 

L'inattendu dans ta face

 
Ce qui résulte également de cette bonne gestion des éléments qui composent la série, c'est, à n'en pas douter, une forte capacité à nous surprendre, quel que soit le type de rebondissement.

Les personnages eux-même n'y sont pas étrangers. Que ce soit dans leurs réactions très variées en découvrant un beau matin un animal bizarre auprès d'eux, dans leur comportement parfois impossible à prévoir lors des combats ou au quotidien, ou dans leurs déclarations inattendues et arrivant d'un seul coup (celles de Yayoi quand elle combat Yûhi, par exemple, ou même la déclaration d'amour très soudaine de Mikazuki à Samidare), ils surprennent plus d'une fois.
Ces surprises viendront également des ennemis, et notamment d'une marionnette de boue vraiment pas comme les autres, car humanisée et capable d'apprendre au contact des humains, au point de nous troubler en profondeur.

Du côté des scènes d'action aussi, la surprise peut éclater à tout moment. Notamment, Satoshi Mizukami est capable de nous balancer soudainement, sans qu'on s'y attende, sans que rien ne le laisse deviner, un bouleversement dramatique dont les conséquences sont, sur le coup, insondables. La narration du mangaka ne rend pas de détours, sait nous surprendre et nous prendre au dépourvu pour nous laisser soudainement estomaqué.

Dès lors, on comprend que l'on peut s'attendre à tout dans la série. C'est précisément en se basant sur cette impression dominant chez le lecteur, que l'auteur nous offre sa plus belle pirouette imprévisible vers la fin de la série. Alors que les deux affrontements finaux consécutifs, tendus et sombres puisqu'ils ont pour enjeu la survie définitive ou la destruction de la Terre, promettent une dernière ligne droite intense jonchée de morts, le résultat final risque fort de vous surprendre. En bien, évidemment.



Reprendre les plus grands codes du shônen d'action, bon nombre de séries l'ont déjà fait, que ce soit des shônen ou des seinen. Mais rarement un seinen n'a semblé aussi bien les réutiliser que Samidare, où Mizukami reprend ces éléments avec précision pour mieux nous tenir en haleine, et nous en mettre plein la gueule quand nécessaire.
 
 

HOSHI NO SAMIDARE © SATOSHI MIZUKAMI

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