Dossier manga - Saint Seiya

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Sommaire

Publié le Jeudi, 26 June 2008


L'univers des séries dérivées

  

  

Episode G

    
Episode G est une série datant de 2002 au Japon (elle porte très mal son nom puisque Seiya n’y apparaît pas) et débarque en France en 2004 chez Panini.  C'est une préquelle à l’histoire que l’on connaît, réalisée par Megumu Okada.
L’histoire se déroule une dizaine d’années avant Saint Seiya, c’est à dire peu après que le grand Pope ait tenté d’assassiner la jeune Athéna. Le héros de ce titre est le jeune Aïolia, chevalier d’or du Lion et frère d’Aïoros (chevalier du Sagittaire). Il doit subir les quolibets des autres qui le prétendent frère de traître. C’est alors qu'apparaît Chronos, le plus puissant des titans et père de Zeus, pour revenir sur Terre et détruire les humains. Douze titans apparaissent pour réveiller leur maître, mais ils vont devoir faire face à la résistance des chevaliers d’or !
  

  

  
  

L'auteur

Megumu Okada (岡田芽武) est né le 15 mars 1971 à Tokyo, on sait relativement peu de choses de lui, mis à part certaines banalités.
Il fonde son propre studio (dont les locaux se trouvent simplement chez lui) avec Ranmaru Tenma: le studio Response. Son style graphique si particulier en fait un auteur à part et controversé.
Il réalise quelques séries courtes avant de commencer Saint Seiya G, notamment Shadow Skill et Niraikanai (ce titre est édité chez Akata-Delcourt).
    

      

   

Un choix bien étrange !

Quitte à faire une suite de Saint Seiya, pourquoi ne pas évoquer les parties méconnues du mythe de Kurumada comme la première bataille contre Hadès (ce sera le cas pour Lost Canvas) ou la bataille contre Ares et ses puissants berserkers ? Ou même en faire une vraie suite?
Si l’auteur voulait parler des Chevaliers d’or, il aurait pu évoquer la reconstitution de l’ordre après la mort de tous les précédents… mais non, il choisit de parler de la jeunesse des chevaliers d’or que l’on connaît… du coup il n’y a aucun suspens, car on sait très bien qu’aucun d’entre eux ne va mourir vu qu’ils sont encore là des années plus tard. Chronologie oblige, la moitié d’entre eux n’ont qu’une petite dizaine d’années… Ce qui est assez ridicule; et surtout, rajouter cette bataille contre les titans traduits une incohérence incroyable: comment des chevaliers d’or vont repousser des titans, alors qu'ils sont enfants (on sait qu’ils vont y arriver, car, comme déjà précisé, tous survivront) et qu'une fois adultes  ils se feront rosser ou tuer par de simples chevaliers de bronze ?
Là c’est peut-être le fan qui parle, car quelqu’un connaissant peu ou pas la première série ne sera peut-être pas choqué par tout ça… mais entre nous y a-t-il beaucoup de monde qui ne la connaît pas ?
     

   

  

Et encore, et encore, et encore…

On notera également le déroulement du récit, qui a sérieusement tendance à traîner! L'auteur a en effet pris le parti de mettre un chevalier d’or en avant sur chaque tome en plus du Lion. Du coup, chacun a droit à sa petite heure de gloire au détriment de l’avancée de l’histoire... qui se répète inlassablement !
De plus, tous les combats sont dans le fond inutiles et suivent le même schéma: un titan arrive et sort une réplique piquante sur la faiblesse des humains. Un chevalier d’or lui fait alors face et réplique lui aussi par de belles phrases. Ils se battent la moitié du volume... Jusqu'à ce que le titan décide de s’en aller, sans oublier de formuler un sempiternel «Ce n’est pas encore terminé». Chaque titan vient se présenter de cette façon au sanctuaire puis décide de faire demi-tour... Au bout d’un moment il faut dire stop! Et puis les chevaliers d'or pourraient enfin se battre ensemble et s'entre aider!
   

  

   

Et le style dans tout ça?

Le style graphique de Saint Seiya G est très particulier : on accroche ou pas ! En tout cas le lecteur aimant voir de puissants guerriers anorexiques et androgynes y trouvera son compte. Le design des armures a été retouché pour être légèrement amélioré. C'est du très bon travail! Par contre les armures des titans ne sont pas très saillantes et surtout assez peu reconnaissables.
Ce qui est dramatique, c'est la volonté de l'auteur de surcharger ses planches. On ne comprend pas souvent ce qui se passe... Et l'encrage particulièrement sombre n'arrange rien!
 
Pourtant on retrouve un peu l’esprit de la première série, cette idée de dépassement de soi, d’abnégation, de fraternité, et cela fait parfois mouche.
Même si l’auteur reste maladroit, on lit quand même cette série avec un certain plaisir (mêlé d’agacement).

   
   
  

The Lost Canvas

  
The Lost Canvas raconte la guerre qui opposa les chevaliers d’Athéna aux spectres d’Hadès, il y a deux siècles. Nous revenons donc sur les évènements mentionnés dans le dernier arc de la première série...
Arrivé en France en juin 2008, ce titre très attendu par certains fut un véritable évènement. Remercions encore l'éditeur Kurokawa pour l'acquisition les droits de la série.
Lost Canvas est en fait une collaboration du père fondateur de Saint Seiya, Masami Kurumada, avec une jeune mangaka bourrée de talent: Shiori Teshirogi. Une femme qui dessine Saint Seiya, ça ne peut pas faire de mal à cette série tellement masculine! 

 
Puisqu’on y est, autant aborder le sujet de suite : son dessin est vraiment très beau, assez simple certes, mais précis et surtout accessible, ce qui contraste avec les dessins controversés de Kurumada lui-même et ceux d'Okada. Avec ça, plus d’excuses pour ne pas lire Saint Seiya !

    

  
  

La mangaka
  
Shiori Teshirogi (手代木史織) est née un 13 avril au nord-est du Japon. Selon ses propres termes, Saint Seiya serait son titre préféré depuis toujours.
Elle débute sa carrière en 1997, dans la société Enix. Nous lui devons également deux autres oeuvres courtes publiées en France chez Tonkam : Delivery et  Kieli, en collaboration avec différents scénaristes. Ses seuls travaux étant jusque-là des shojos, on peut s'interroger sur son choix de dessiner une préquelle de Saint Seiya... même s'il faut reconnaître qu’elle s’en sort très bien. 

  
    

  

   

Mais ça raconte quoi?

Et bien on reprend les célèbres chevaliers d’Athéna mais cette fois l’histoire se situe deux siècles auparavant. On découvre l’ancienne génération de chevaliers, celle qui est bien sûr évoquée dans l’arc «Hadès» de la première série.
Cette génération de chevaliers va devoir lutter contre Hadès et ses spectres. A partir de là, plusieurs choses viennent à l’esprit: On va enfin pouvoir découvrir de nouveaux chevaliers autres que les cinq bronzes dont on n’a plus grand-chose à apprendre, et surtout apprendre bien des choses sur cette bataille dont on ne connaît que l’issue sans avoir aucun détail. Ceux qui connaissent la première série savent déjà que seulement deux chevaliers en réchapperont…

A première vue on pourrait être déçu! Le héros est une nouvelle fois un chevalier de Pégase (comme si on ne l’avait pas suffisamment déjà vu). Il se prénomme Tenma, et a l’air d’avoir le même caractère que Seiya (prions pour qu’il ne soit pas aussi agaçant)...
Par contre, pourquoi faut-il que les chevaliers d’or (qui pour notre plus grand plaisir apparaissent déjà tous dans ce premier volume) aient la même tête que leurs successeurs dans deux siècles? Et les quelques spectres qu'on découvre sont également des spectres que l’on connaît déjà... Tout cela fait penser que l’auteur n’a pas sans doute pas osé prendre suffisamment de distance avec la première œuvre.

   

Pas d’affolement!

Rassurez-vous, ces quelques défauts ne vont durer longtemps. Très vite, des chevaliers originaux vont faire leur apparition, les chevaliers d’or vont se montrer sous un jour différent de ce que l'on pouvait voir dans les autres séries.
Le dessin quant à lui est clair, joli, accessible, et permet de reconnaître immédiatement les armures que l’on connaît.
L’entrée en matière, tout en respectant l’univers de Saint Seiya, se montre créative, et on sent un potentiel scénaristique bien plus grand et plus étoffé que dans l’épisode G. Le ton s’annonce un poil plus sombre que dans les autres séries. En effet dès le début on voit des innocents tués par les hordes d’Hadès...

Plusieurs points se dégagent: Athéna ne sera sans doute pas une cruche, mais bel et bien une leader qui mènera ses troupes au combat. On ne sera pas obligé de suivre les mêmes chevaliers que dans la première série: une place importante est accordée à Yato de la Licorne. Enfin, l’auteur finit par prendre un minimum de distance avec l'oeuvre de Kurumada et se permet de créer des personnages avec des armures inédites, ne se contentant plus de récupérer celles introduites dans la première série! 

 

Terminée en 25 volumes, The Lost Canvas aura suffisamment de mérités pour avoir sa propre série dérivée, The Lost Canvas - Chronicles, en cours à l'heure actuelle. Tout comme son illustre ancêtre, elle disposera également d'une version animée. Cette série de 13 OAV réalisée par TMS Entertainment est sortie directement en DVD au Japon dès 2009, et connut une diffusion française sur la chaîne Mangas à partir de décembre 2010. Le coffret DVD VF, distribué par AB Video, fut disponible à partir de janvier 2012.

   

  

   

Next Dimension

     

Série directement créée par Kurumada, Next Dimension peut se voir à la fois comme une suite directe à la première oeuvre, mais également comme une préquelle au même titre que Lost Canvas. Débutant en 2006, soit à peu près au même moment que cette dernière, Next Dimension mettra bien du de temps à se démarrer, du fait d'une publication particulièrement erratique et d'une production entièrement colorisée, demandant d'avantage de travail. La série n'en est aujourd'hui qu'à son neuvième volet, mais cela suffit déjà à semer la pagaille dans la mythologie des chevaliers...

 

  
  

Un mythe cyclique

En effet, cette nouvelle histoire reprend au moment même où nous avions laissé nos héros, c'est-à-dire face à Hadès, leur ultime ennemi. Le dieu des Enfers se remémore de son combat d'il y a 250 ans contre Tenma, le chevalier de Pégase de l'époque qui avait réussi à le blesser. Il tente alors de tuer Saori mais Seiya s'interpose pour la protéger et se fait transpercer par la redoutable épée d'Hadès. Quelques jours plus tard, Seiya est resté dans un état catatonique et son temps semble compté du fait de la blessure de la lame maudite. Shun et Saori décident alors de trouver le moyen de voyager dans le passé, jusqu'à l'époque de la dernière guerre sainte, afin de détruire le sabre d'Hadès.

   

Paradoxes temporels et univers parallèles

Même si vingt ans séparent les débuts de Saint Seiya et de sa suite, Masami Kurumada reste Masami Kurumada, avec ses défauts récurrents tant dans la narration que dans le graphisme. Le retour du "patron" ne se fait pas sans dégâts : propulsant ses héros dans le passé et explicitant des passages importants de la guerre sainte, l'auteur se met en porte à faux par rapport aux évènements de Lost Canvas, relatant justement la même période ! Ainsi, si l'on retrouve heureusement entre les deux oeuvres les mêmes protagonistes du passé (Tenma de Pégase, Alone en réincarnation d'Hades et les chevaliers d'or Shion du Bélier et Dohko de la Balance), d'autres personnages (parmi lesquels des chevaliers d'or !) différents d'une saga à l'autre !  Cette oeuvre crée donc deux univers passés différents, et l'écart pourrait bien se creuser au fil des volumes du fait de l'intervention de personnages de notre présent dans ce passé révolu. L'auteur saura-t-il jouer habilement sur les paradoxes temporels ? S'il réussit son coup, Next Dimension peut s'enrichir d'une infinité de perspectives scénaristiques ! 
  
Jusqu'ici, la prise de risque semble néanmoins limitée : tout comme dans l'oeuvre de Teshirogi, les Gold Saints du passé ont bien du mal à se différencier de leurs modèles du sanctuaire contemporain, mis à part peut-être dans le design (et dans quelques énormités, notamment pour le Capricorne qui se voit doté d'un katana en lieu et place d'Excalibur !). Les évènements du troisième tome feront même craindre le pire aux lecteurs, en constatant que l'auteur retombe dans ses pirouettes scénaristiques habituelles, et fait même un copié-collé de certains évènements de la saga originelle ! Espérons que l'originalité soit au rendez-vous dans les épisodes à venir...
    
    
     

Saintia Shô

    
La dernière série dérivée en date, Sainta Shô, est un pari ambitieux à plus d'un titre. Lancée dans le Champion Red à l'été 2013, cette nouvelle série se présente comme un Saint Seiya au féminin, ce qui ne manque pas d'étonner les fans de la première heure. Mais loin d'être un simple changement de genre, le titre cherche à s'inscrire dans l'hypermyth à sa manière....
Pour une telle série, il fallait une nouvelle artiste féminine : après Shiori Teshirogi, nous découvrons Chimaki Kuori !
   
Comptant 4 volumes au Japon, la série arrive en France chez Kurokawa à partir de février 2015.
     
   
    
  
La mangaka
    
Chimaki Kuori (久織ちまき)  est née un 2 février, à Niigata. Sa carrière débuta en 2005 avec une adaptation manga de la saga Mobile Suit Gundam : MSG Destiny - The Edge, suivi de The Edge Desire en 2007. Elle signa également en 2008 le manga Sengoku Basara 2 - Grooven Dragon, issu du jeu vidéo éponyme. En 2012, juste avant Saintia Shô, l'éditeur Shôgakukan publie Kimi no Kaeru Basho, recueil compilant plusieurs histoires courtes dessinées par l'auteure.
   
En comparaison avec Teshirogi, Chimaki Kuori offre à cette série un trait beaucoup plus aéré et plus féminin, empruntant davantage au shôjo.
      
    
Une histoire parallèle ?
Alors que les spin-off nous avaient habitués à explorer le passé (en manga) ou le futur (en anime), Saintia Sho ose le défi d'un récit se déroulant en même temps que la saga originale. Son histoire débute peu avant cette dernière, alors que Saori Kido se prépare à lancer les Guerres Galactiques. Nous y suivons Shôko, une jeune demoiselle dont la soeur aînée, Kyôko, a disparu depuis cinq ans après avoir intégré la fondation Graad. Shôko est inscrite au Collège Privé de l'Académie de l'Etoile Filante, où se rend également Saori, héritière de la fondation. Afin de retrouver sa soeur, Shôko essaie de rentrer en contact avec Saori, mais se retrouve contrée par une autre élève la protégeant...
Pendant ce temps, Eris, la comète Repulse se rapproche de la Terre, signe de la résurrection d'Eris, la Déesse de La Discorde... Cette dernière, encore désincarnée, ordonne à ses subalternes de retrouver son enveloppe charnelle... Enveloppe qui n'est autre que celle de Shôko !
     
   
Girl power !
Si les guerrières féminines existaient déjà dans Saint Seiya, comme Marine ou Shiina, elles devaient avant tout masquer leur féminité par un masque, avec de terribles sanctions pour ceux qui verraient leurs visages. Ici, nous suivons un tout nouveau groupe de guerrières, les Saintia, se battant à visage découvert en tant que garde rapprochée de la réincarnation d'Athéna. Un ordre secret, qui serait donc resté dans l'ombre durant toute la saga originale, même si l'on nous promet déjà plusieurs ponts entre les deux œuvres. Pour l'heure, la série met en scène de nouvelles (?) armures et antagonistes, même s'il est encore trop tôt pour dire si le récit n'en restera qu'à du combat entre filles. 
    
   
  

  

   


© Masami Kurumada / Shueisha and Toei Animation Co.Ltd.

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