Dossier manga - Rumiko Takahashi - Première partie

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Sommaire

Publié le Vendredi, 11 September 2009


Introduction
Au moment d’aborder la rédaction de ce dossier, j’ai bien conscience que des approximations se glisseront dans les éléments que je vais développer. Ceci est inévitable en brassant une masse si énorme d’informations. En plus de 30 ans de carrière, Rumiko Takahashi a réussi à faire de presque chacun de ses titres un succès populaire international. Les séries de dessins animés qui se sont inspirées de ses mangas ont intrigué, fait rire et ont ému les plus anciens des amateurs de japanimation, bien avant que son premier manga ne soit traduit en français.
A plus de 50 ans, Rumiko Takahashi est probablement la créatrice de mangas la plus connue au Japon et en France au coté de Riyoko Ikeda et sa Lady Oscar ou Yumiko Igarashi et son orpheline Candy.

          
Ce qui est plus surprenant c’est que Rumiko Takahashi n’œuvre pas dans le même domaine que ses collègues féminines en multipliant les romances bordées de roses et les grands yeux étoilés de larmes. Elle a tracé sa propre voie dans le public masculin avec des shonen et des seinen démontrant du talent au sein d’une même série à la fois pour des histoires d’amour complexes (ou les amoureux nient leurs sentiment, le plus souvent), un humour non-sens et avec des créations graphiques farfelues (on peut citer pléthore d’extraterrestres dans Lamu, un canard bigleux lanceur de couteaux, qui est encore une de ses moindre inventions dans Ranma ½ et les yokais dans Inu-yasha).
Ce dossier va vous fournir un survol le plus complet possible de ce qui a été produit en manga et animé par et autour de Rumiko Takahashi.
 
 
 

Biographie

                      
Rumiko Takahashi (高橋 留美子) est née à Nigata, le 10 octobre 1957. Elle fit ses études à l'Université de Nakano en vivant dans un petit appartement d'étudiant (L’expérience lui servira pour réaliser Maison Ikkoku).
Dans la même période, et sans connaissance préalable, elle s'inscrivit aux cours de scénario et dessin de Kazuo Koike (Ce grand scénariste, auteur avec Kojima de Lone wolf and cub et avec Ikegami de Crying freeman, a fondé cette célèbre école d’où sont sortis bon nombre d’auteurs de talent). Elle va suivre pendant 2 ans les cours et les conseils personnels et avisés de Kazuo Koike.
C’est avec des bases solides et la certitude que de bons personnages font de bonnes histoires qu’en 1978 elle décroche le premier prix des « jeunes artistes » de Shogakukan. La même année, Urusei Yatsura est publié dans le Shonen Sunday. Le succès de cette série n’est pas immédiat mais il devient évident qu’elle ne peut que percer professionnellement par son graphisme, son originalité et sa persévérance. Seuls ses parents ne semblent pas de cet avis et Rumiko doute beaucoup à cette époque de vaches maigres.
     
                     
Une fois sur les bons rails le succès d’Urusei Yatsura ne va pas se démentir pendant les 9 années suivantes et va modifier radicalement le train de vie de Rumiko. Ce succès sera renforcé par la transposition en animé du manga dès 1981. A son apogée, le fan club d’Urusei Yatsura comptait 250 000 membres. Maison Ikkoku connu le même succès au Japon et chez nous (plus tardivement aux USA). La reconnaissance internationale vient avec sa série suivante, Ranma ½.
La série Ranma ½ introduite chez nous par le dessin animé ouvre à l’auteure le marché américain et puis européen des rayons BD. Signe de sa renommée, ses séries se rallongent (34 tomes pour Urusei yatsura, 38 pour Ranma ½, 58 pour Inu Yasha, et on ne sait pas encore où s’arrêtera Rinne, sa nouvelle série).
  
Elle daigne à peine prendre des assistants (elle en a eu malgré tout jusqu'à 4 au sommet de sa production dans les années 90) ce qui est fort rare et, de la même façon que Tezuka, elle se dit «mariée avec les mangas et incapable de penser à autre chose».
Elle continue à ce jour à produire une quantité considérable de pages et à s’angoisser jusqu’à la nausée quand l’inspiration vient à manquer.
Gardant en mémoire les acquis de l’enseignement de Koike, Rumiko Takahashi cherche des noms à double ou triple sens et construit énormément la psychologie des personnages. Le nom est important parce qu’il définit en partie ce personnage. Pour elle, une histoire avec un point de  départ difficile à résumer n’est pas bonne, par contre l’abondance de personnages et leurs interactions contribuent à complexifier la série suffisamment pour la rendre captivante sur la longueur.
       
Très connue pour ses comédies romantiques, Rumiko est également l'auteure de quelques histoire d'horreur avec la saga des Mermaid. La structure est celle d’un thriller fantastique dont la violence est clairement montrée. Takahashi voit dans ces récits une sorte de catharsis, une façon de libérer le coté sombre de sa personnalité enjouée. Elle s’est aussi mise plusieurs fois en scène dans des histoires courtes (Kemo*kobiru no nikki) parues dans le Shonen Sunday dans les années 80 et des bonus de ses recueils, non pour se plaindre du rythme de travail et des éditeurs mais pour raconter de façon cocasse quelques épisodes de son quotidien.
             
                   
                
Il y a chez cette auteure une capacité étonnante à nouer et dénouer avec beaucoup d’empathie des relations sentimentales comme dans Maison Ikkoku. Si la comédie est toujours présente d’autres thèmes plus complexes comme le deuil et le retour à la vie rentrent aussi dans les préoccupations de l’auteure.
Elle nomme assez peu de références à son travail, tout au plus cite-t-elle les films fantastiques chinois et japonais pour l’atmosphère d’une série comme Inu Yasha.
Elle avoue, par contre, une influence du découpage dynamique des comics US avec une prédilection pour Spiderman. Les personnages trouvent parfois des modèles dans le monde réels comme Lum, dans Urusei Yatsura, qui a été dessinée sur le modèle de la chanteuse chinoise Agnès Lum. Rumiko Takahashi parle aussi de la série « ma sorcière bien-aimée » qui offre une narration sur le même principe que la série Urusei yatsura. La démarche de l’auteure est d’exploiter à fond toutes les situations et combinaisons de relations possibles entre les personnages au cours de son histoire pour épuiser le sujet avant d’entamer une nouvelle série.
Aujourd’hui, les mangas de Rumiko Takahashi l’ont rendue riche à millions (essentiellement grâce aux dessins animés) mais elle est restée passionnée par son métier et passe son temps cloîtrée à travailler sur ses œuvres. De la même façon que les Clamp, elle se prête peu au jeu des interviews. Elle est, par contre, extrêmement appréciée dans la profession et  tout ceux l'ayant rencontré ont été charmé par sa personnalité et sa simplicité.
          
                 
                                
                  

© Rumiko Takahashi

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