Rumiko Takahashi - Première partie - Actualité manga
Dossier manga - Rumiko Takahashi - Première partie

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Publié le Vendredi, 11 September 2009


Maison Ikkoku

    

    
   
Après avoir lancé Urusei Yatsura qui fonctionne particulièrement bien, notamment grâce à la série TV, Rumiko entame en 1981 une œuvre plus adulte et inspirée par ses années d’étudiante: Maison ikkoku.
En japonais, "Mezon" signifie pension de famille, maison composée d'appartements. "Ikkoku" signifie un moment, et fait sans doute référence à l'instant présent. La pension de famille Ikkoku-kan est une maison bon marché japonaise typique composé de sept chambres et d'un grenier dans lequel se trouve une grande horloge hors d’usage, avec une salle de bain commune, pas d'eau chaude, et la plupart du temps la nécessité d'aller prendre son bain aux Bains Publics à quelques pas de là.
Si Urusei Yatsura à été conçu comme une suite d’histoires indépendantes et semblables sans continuité ou développement précis, Maison ikkoku est prévu comme une histoire complète dans laquelle les personnages principaux vont grandir en maturité et évoluer dans leurs sentiments jusqu’à un dénouement.
Maison Ikkoku est avant tout une histoire d'amour, qui va progresser entre Kyoko et Godaï, et qui est toute imprégnée de l'humour et des quiproquos de Rumiko Takahashi. Se détachant totalement de la fantaisie SF de sa série précédante, Rumiko s’attache davantage à la psychologie des personnages qu’elle affectionne d’autant plus qu’ils sont réalistes et proches de nous. Comme dans Urusei Yatsura le point de départ est simple mais le nombre de personnages complique les intrigues.
Godai est un étudiant sans université qui loge dans une pension de famille mais dont les journées studieuses sont perturbées par ses bruyants et envahissants colocataires. Il est sur le point de quitter la pension quand en arrive la nouvelle responsable, Kyoko, dont il tombe amoureux. Godai ne va plus avoir que deux préoccupations: plaire à Kyoko, jeune veuve qui vit encore dans le souvenir de son défunt mari, et réussir son entrée dans une bonne université pour obtenir une bonne situation sociale et devenir ainsi un bon parti à marier.
  
Tous les personnages de la pension ont des noms à tiroirs situant à la fois leur caractère et la chambre qu’ils occupent:

Kyôko Otonashi
          

      
Otonashi: Oto (bruit, son) et Nashi (rien, zéro, moins) = silence. Aspect amusant quand on sait le vacarme que font habituellement les carillons des pensions de famille comme celle de l’horloge de la pension des mimosas.
Son nom à aussi le sens: aimable, obéissante, docile. En modifiant légèrement l’orthographe, Otto Nashi signifie sans mari. Un sens supplémentaire qui n’est probablement pas fortuit.
Kyôko: Kyou (écho) et Ko (enfant, suffixe féminin). Ce qui contraste avec le silence de son nom de femme mariée.  Son nom de jeune fille, Chikusa est plus doux est signifie « milliers de variétés de fleurs » comme pour témoigner de sa beauté extérieure et intérieure.
    
    
Yûsaku Godaï
          

         
Godaï: Go (cinq) et Dai (générations): cinq générations.
Yuusaku: Yuu (surplus, abondance, prospérité) et Saku (faire).
Son prénom, Yuusaku, est le contraire de sa situation d’étudiant peu fortuné mais se vérifie par le surcroit de travail qu’il fournit régulièrement pour ses études.
     
    
Hanae Ichinose
  

      
Ichinose: Ichi (un), no ("de", dénote la possession), se (torrents, rapides)."premiers torrents". Sans aucun doute une allusion directe au tempérament très fougueux de Mme Ichinose.
Hanae: Hana (fleur), e (branche). Probablement ironique dans sa signification puisqu’il désigne une beauté indéniable, alors même qu’Hanae est depuis toute jeune une petite femme replète. Ce prénom est tellement surprenant que Godai crachera sa bière lorsqu'il l'entendra pour la première fois.
            
                
Akemi Roppongi
   

                 
Roppongi: Rop (contraction de "Roku"): six; Pon (altération de "Hon"): origine / principal; et Gi (altération de "Ki"): bois, arbre.
Roppongi n'a pas de traduction littérale ("six arbres originaux" n'étant pas à proprement parler un jeu de mots allant particulièrement au personnage). L'irrégularité de la prononciation est bien évidemment due au fait que ce soit un nom de famille. Si Roku indique bien le numéro de la chambre d'Akemi, le nom complet est celui d’un quartier très populaire au Japon, réputé pour ses boîtes de nuit, bars et d'autres endroits de perdition. Tout à fait le genre d’endroit où le personnage doit travailler et passer la plus grande partie de son temps.
Akemi: Ake (rouge, écarlate, vermillon) et Mi (magnifique, superbe). la beauté rouge. Description très claire du physique d'Akemi et de ses cheveux rouge vif. Elle est particulièrement aguicheuse dans sa tenue habituelle, un déshabillé presque transparent. Akemi est un nom assez répandu au Japon.
    
   
Yotsuya
    

     
Yotsuya: Yo : quatre et Tsuya : vallée. La signification de son nom reste aussi inexplicable que le personnage en lui-même
Il est le personnage le plus mystérieux de la série. Il ment sur tout et invente constamment de nouvelles  façons d’enquiquiner Godai.
                  
       
On pourrait rallonger la liste avec les personnages secondaires forts nombreux mais ce serait fastidieux.
Le principal des situations qui surviennent lors des premiers volumes vient de la timidité de Godai qui n'ose avouer ses sentiments à Kyoko que lorsqu'il est ivre mort et en la tutoyant mais aussi de ses indécisions et de sa trop grande gentilesse (il risque même de rester avec Kozué qui l’aime de peur de lui faire du mal en la quittant). Les autres constantes du récit sont les étapes des examens qu’il doit passer et dont les révisions sont régulièrement perturbées par ses colocataires. Le fait qu’il soit également souvent fauché est une préoccupation à laquelle tient beaucoup Rumiko Takahashi. Il est d’origine modeste, ce qui lui retire le peu d’estime qu’il a de lui.
Kyôko va prendre très a cœur son rôle de responsable de la pension. Elle va être à la fois le guide, la supportrice principale de Godai et son objectif final. Elle est douce et réservée, et capable de piquer des colères noires, mais resplendissante et enjouée pour une jeune veuve. Elle va d’ailleurs, outre Godai, attirer l’attention de son professeur de tennis, Mitaka. A l’inverse de Godai, Mitaka est un jeune homme sûr de lui avec une bonne situation sociale et qui a énormément de succès avec les filles.
Les embûches vont s’accumuler sur le chemin d’autant que Kyôko aime toujours passionnément feu son mari. L’auteure va faire évoluer, dans une réflexion sur le deuil et le devoir de souvenir, les sentiments de Kyoko qui va se sentir de plus en plus attirée par Godai tout en se culpabilisant de penser à un autre homme que son époux.
Les trois autres colocataires principaux (certains plus discret n’apparaissent que dans le manga et sont abandonnés dans la série TV) ne sont pas oubliés par Rumiko, même si elle pensait développer davantage la psychologie de chacun. L’histoire entre Kyoko et Godai à pris le dessus sur le reste.
Hanae est la plus agitée des trois, elle est aussi la figure expérimentée qui va orienter et conseiller Kyoko par ces interventions très pertinentes et ses fine analyses. Yotsuya fait partie de ces personnages totalement bizarres que l’on trouve dans les séries policières et qu’on soupçonne jusqu’à la fin de l’histoire d’être le coupable. On ne connaît ni sa profession, ni sa situation familiale. Il est sans-gêne, s’invitant d’office dans toutes les occasions, et pique-assiette, volant souvent des provisions à Godai. Akemi Roppongi est une hôtesse de bar rousse, pas le moins du monde pudique. Elle a un petit faible pour Hugo et le titille régulièrement avant de jouer les femmes bafouées. C’est la seule des trois qui évoluera également beaucoup au cours de la série. On suit en filigrane son histoire d’amour avec son patron de bar.
      
                      
                    
Comme précédemment, Rumiko introduit de nombreux personnages qui vont freiner la progression de Godai ou de Mitaka dans le cœur de Kyoko, comme Yagami Ibuki, une jeune lycéenne tombée amoureuse son prof stagiaire (Godai); les parents de Kyôko qui veulent la remarier rapidement; le père de Sôichirô, beau-père de Kyôko, qui ne veut que son bonheur et la traite comme sa propre fille ; Ikkuko, nièce de Kyôko, dont Kentaro tombe amoureux... Les situations burlesques sont toujours présentes mais le récit se fait plus mature et le dessin gagne en joliesse dans des décors et des tenues soignées et bien étudiées.
Takahashi a créé pour cette série des personnages proches et attachants que l’on quitte avec émotion. Quiconque lit Maison Ikkoku éprouve de la peine pour Godai, qui essaie désespérément de gagner le cœur de Kyoko.
La série TV suivra assez fidèlement le manga reprenant l’essentiel des histoires dessinées par Rumiko Takahashi. Quelques personnages seront omis pour le peu d’intérêt qu’ils apportent, comme l’étudiant louant la chambre 2 qui retournera après quelques tomes du manga dans l’arrière plan de l’histoire. On fera l’impasse aussi sur les dernières résistances et les premières relations physiques entre Kyoko et Godai. Cet aspect avait été très sobrement abordé dans le manga.

Le succès remporté par Maison Ikkoku sera encore bien plus important au Japon que pour Urusei yatsura et la série définira une autre voie dans les histoires racontées par la mangaka. On y trouve en prémices la même atmosphère que pour les histoires courtes de ses recueils rumic theater.
Pléthore de séries dérivées et autres animés avec:
Maison Ikkoku TV (1986-1988) 96 épisodes
Maison Ikkoku Kanketsu-Hen (1988) Film
Maison Ikkoku - Utsuriyuku Kisetsu no Naka de (1988) OAV
Maison Ikkoku: Ikkoku-tou Nanpa Shimatsu ki (1991) OAV
Un film LIVE à également été produit pour le Japon en 1986.
               
        
                        
                       
              

Mermaid saga

         

                       
                   
Cette série partiellement éditée en français (avec le one-shot Mermaid Forest) a de quoi déstabiliser les fans de Rumiko Takahashi. Plus de comédie, plus de bons sentiments qui font monter les larmes aux yeux. Cette série est totalement sombre et fantastique. Pire encore, elle verse constamment dans le gore. Les dernières parties sont très sanguinolentes.
C’est dans l’événementiel numéro 1000 du Shônen Sunday, en 1985, que paraît la première histoire intitulée "Une sirène ne sourit jamais". L'histoire était longue de plus de 60 pages dont les premières en couleurs.
Point de départ sibyllin: Yûta est devenu immortel, il y a plusieurs centaines d’années en mangeant de la chair de sirène. Son état d’éternelle jeunesse le pèse et il se met en quête d’une nouvelle sirène pour trouver un remède à sa vie éternelle. De nos jours, dans un village isolé dans la montagne, il fait la rencontre de Mana qui est tenue prisonnière par un groupe de femmes âgées toutes semblables. La raison est que ce sont toutes des sirènes qui vieillissent. Une sirène qui mange la chair d’un humain devenu immortel par la chair d’une sirène prend l’apparence de cet humain. Le problème principal de la chair de sirène est que c’est un puissant poison qui tue ou transforme en monstre (en « âme perdue ») les humains qui ne supportent pas sa toxicité.

L’histoire des sirènes prend plus l’aspect d’une saga que d’une série régulière. Ces épisodes sont publiés dans des occasions diverses et éparpillés sur plusieurs revues. Chaque histoire est complète et; mise à part  The village of the fighting fish; qui revient sur un épisode ancien de la vie de Yûta, les histoires sont contemporaines et laissent toute place à une fin ouverte sur la suivante.
       
               
                                   
Les 3 volumes principaux (selon l’édition américaine) sont:
Ningyo no Mori (Mermaid's Forest): a mermaid never smile/ the village of the fighting fish/ mermaid’s forest.
Ningyo no Kizu (Mermaid's Scar): mermaid’scar/ M’s promise/ M’s dream (1ère partie)
Ningyo no Gyoushi (Mermaid's Gaze): mermaid’s dream (2ème partie)/ M’s mask/ M’s gaze
La qualité est très variable d’une histoire à l’autre mais relativement décevante et répétitive.

Mana et Yûta sont amenés à croiser différentes créatures et situations, fruits de monstrueuses et désastreuses expériences faites avec la chair de sirène.
Profanation de sépulture, torture, expériences médicales démentielles parsèment le récit totalement à l’inverse de ce que nous pouvons attendre de Rumiko Takahashi. Malgré 2 OAV en 1991 et 1993, puis une série de 13 épisodes pour la TV, la série est un échec condamnant Rumiko à produire des choses plus légères et grand public. Le public a été tellement pris au dépourvu par l’adaptation TV tardive que les 2 derniers épisodes ne furent même pas diffusés à cause de la faible audience.
    

                       
Ningyo no Mori (1991) OAV de 30 minutes
Ningyo no Kizu (1993) OAV de 45 minutes
Ningyo no Mori TV (2003) 13 épisodes de 24 minutes
                              
                                 
                                   
                         
                      

One-pound gospel

     

                             
               
One Pound Gospel (Ichi Pound no Fukuin), série inédite en France, a été un peu l’arlésienne dans la bibliographie de l’auteure.
Série entamée en 1988, elle n’est achevée qu’en 2007. Sur la planche à dessin pendant 20 ans, Rumiko a eu du mal à conclure avec une fin satisfaisante si l’on en croit la parution en 2007 d’un quatrième tome après 15 ans d’attente.

Entre shonen de sport et comédie romantique, avec un ton plus sérieux que Maison Ikkoku, cette série raconte avec beaucoup de pudeur les sentiments qui lient un boxeur et une nonne tout deux mariés à leur foi. L’atmosphère de la série m’évoque les films des années 50-60 avec Audrey Hepburn et Grégory Peck. Soeur Angela est un personnage remarquablement bien construit, tiraillée entre le cœur et la foi. Elle suit et conseille la carrière d’un jeune boxeur, Kosaku Hatanaka, dont elle est la confesseuse et pour qui elle a des sentiments amoureux. Le sentiment est réciproque. Kosaku est aussi amoureux de la nonnette, mais pris par ses ambitions sportives et ses constants problèmes de poids.
La transition graphique des premiers tomes entraine Rumiko sur un style moins fouillis et plus sobre qui sied particulièrement à cette série. Là où le graphisme de Maison Ikkoku hésitait parfois entre joliesse et efficacité, il se maintient dans cette solennelle sobriété pour décrire de façon touchante les doutes et les déchirements entre vie physique et vie spirituelle.
Les histoires cycliques de combats et de phases de régime pour que Kosaku garde sa catégorie s’enchainent et Kôsaku craque souvent, et mange en cachette malgré la surveillance à laquelle il est soumis.
Ses adversaires sont bien différenciés et apportent un second type de tension à l’histoire lors de combats souvent serrés. On se doute que cette histoire d'amour est impossible. L’intrigue apporte malgré tout des personnages réalistes et attachants qui sont bien du domaine de Rumiko Takahashi. Les adversaires de Kosaku ne sont pas que des méchants à abattre, mais d’autres êtres animés de raison et qui souffrent eux aussi. Les combats sont réalistes, à l'opposé de ceux qu'on verra dans Ranma 1/2 par exemple.
Il est à souhaiter que cette série, qui a trouvé une conclusion, incite un éditeur européen à s’y intéresser.
Un modeste OAV de 55 minutes a été produit depuis cette série en 1988. La conclusion de la série a poussé la production d’une courte série de 9 animés en 2008 et la mise en chantier d’un film LIVE la même année.
               
    
                         
                   
                             


© Rumiko Takahashi

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