Pokémon - La Grande Aventure : Rouge, Bleu, Vert & Jaune - Actualité manga
Dossier manga - Pokémon - La Grande Aventure : Rouge, Bleu, Vert & Jaune
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Publié le Vendredi, 21 August 2020


Autour de la création du cycle Rouge, Vert, Bleu, Jaune


La création d'un projet Pokémon avait un air moins formel au moment où la licence venait de naître. Née en 1998, la société The Pokémon Company régit tout ce qui attrait à la licence Pokémon, et nul projet ne pourrait se faire sans son aval. Aujourd'hui, son rôle dans l'élaboration du manga La Grande Aventure réside dans des validations, de design notamment, mais aussi de traits de caractère des personnages. Mais lorsque naît l'arc Rouge, Vert et Bleu du manga, l'entreprise n'existait pas encore, et la validation du projet était sans doute moins rigoureuse. Ceci peut expliquer quelques excentricités du récit, notamment la fameuse fusion des oiseaux légendaires lors de la bataille de la Sylph SARL, ou la présence de scènes pouvant paraître étonnamment crue pour un jeune lectorat.


Parlons maintenant de la naissance de ce premier arc, et donc de la naissance du manga. Tout vient de Hidenori Kusaka, le scénariste de l’œuvre qui travaillait auparavant au magazine Corocoro en tant que rédacteur et concepteur des goodies. Dans son équipe, il est celui qui connaissait le mieux Pokémon. Alors, quand Shôgakukan récupère les droits pour lancer un manga, il est celui à qui les rennes sont naturellement confiées. Une dessinatrice est recrutée pour se charger de l'aspect graphique du manga : Mato. A cette époque, la rédaction ne croyait pas au succès de Pokémon sur la durée, c'est pourquoi le binôme estimait une parution du manga sur une année environ. Mais nous connaissons la suite : La licence n'a cessé de voir son succès croitre, et elle s'est largement développée, chose que Kusaka et Mato ne pensaient pas. Pour ces raisons sans doute, le scénario s'est densifié, et on assiste progressivement à l'ajout de pistes plus ambitieuses comme le passé de Verte, ainsi que des ouvertures vers l'arc Or et Argent. Artistiquement, le manga a bénéficié de la popularité croissante de Pokémon. Mais cet enthousiasme n'était pas forcément celui de Mato qui ne prévoyait pas un travail aussi soutenu. La dessinatrice pensait à une série plutôt courte, mais sa cadence est devenue éprouvante et difficile à maintenir sur le long terme. On parle de soucis de santé dans le départ de la dessinatrice, ceux-ci étant sans doute liés à un profond épuisement, d'après Hidenori Kusaka. Certains connaissent sans doute la suite : Mato a continué d’œuvrer un petit moment sur l'arc Or et Argent, avant de laisser sa place au dessinateur Satoshi Yamamoto. C'est un cas qu'il sera intéressant d'analyser dans un dossier consacré à ce deuxième cycle du moment, une autre fois donc.


Des similitudes avec les déclinaisons animées ?


Il est intéressant de se poser la question d'un canon véritable, en ce qui concerne la première génération de la licence Pokémon. En effet, les versions Rouge, Verte, Bleue et Jaune ont été déclinées de différentes manières. On note évidemment la première partie du manga Pokémon Special / La Grande Aventure, mais aussi la mini-série Pokémon - The Origin ainsi les premiers épisodes du format court Pokémon Generations (qui met en lumière tous les cycles de la saga à tour de rôle). L'adaptation animée fleuve est un cas un peu à part, puisque Sacha / Satoshi est un personnage propre, bien qu'il vive des aventures tout droit tirées des jeux. Ces derniers lui feront honneur puisque la version Jaune s'inspire du parcours de Sacha, en incluant un Pikachu qui refuse d'intégrer sa pokéball, un rival ayant Evoli comme partenaire principal, et la présence de Jessie et James de la Team Rocket.

On peut ainsi s'attarder sur les deux projets animés que sont Pokémon - The Origin et Pokémon Generations, pour se questionner sur la légitimité d'un canon Rouge / Vert / Bleu / Jaune. Peut-on prétendre qu'il existe un cheminement officiel, validé par The Pokémon Company, pour la première génération ? La question ne se pose pas vraiment en ce qui concerne le héros dont le parcours et l'équipe dépendent de la volonté du joueur. De même, les deux séries s'accordent à évoquer l'aventure principale sans désaccord, l'épopée restant ce qu'elle est. Bien-sûr, chaque adaptation propose ses idées propres afin de densifier l'histoire. On pense notamment à l'épisode de la Tour de Lavanville de Pokémon - The Origin qui détaille davantage les événements liés à la mort d'Ossatueur, un épisode qui troque l'atmosphère terrifiante de la ville contre une ambiance plus mélancolique qui a mis les larmes aux yeux à pas mal de spectateur. Le combat contre Mewtwo, lui, s'est vu gratifié d'un ajout : La Méga-Evolution de Dracaufeu, présente surtout pour promouvoir les versions X et Y qui venaient de paraître dans le monde.


A priori, le canon de la première génération demeure celui du jeu, ni plus ni moins. Les plus curieux pourront alors se poser une question : Existe-t-il une équipe légitime et validée du rival, à savoir Bleu dans le manga ? La réponse est non, chaque support puisant dans les possibilités du jeu comme il l'entend. Car selon le starter choisi par le joueur, le rival aura une équipe différente, en fin d'aventure notamment. Dans le premier arc du manga, Bleu opte pour un Dracaufeu, tandis qu'il possède un Tortank dans les deux petites séries animées qui se sont accordées, sans doute pour laisser la correspondance entre le feu de Salamèche et la couleur rouge de Red. Et si les deux anime cherchent à être fidèles au jeu, le manga prend plus de distance, le meilleur exemple étant la possession de Bleu d'un Mackogneur, créature qui n'est pas dans son équipe dans les jeux. Inutile de décortiquer chaque version en long et en large : Chaque adaptation puise dans le jeu comme il l'entend. Mais sans doute le manga a-t-il peu prendre un peu plus de distance à l'époque où The Pokémon Company, société stricte en terme de validations autour de la licence, n'existait pas encore. Si le manga devait voir le jour aujourd'hui, il est probable que quelques différences seraient de mise.

Enfin, finissons sur les particularités propres à Pokémon Générations. Le format court, né en 2016, avait l'ambition de présenter des aventures directement rattachées aux jeux, mais sous un angle inédit. A titre d'exemple, le combat des champions d'arène de la cinquième génération était davantage appuyé, tandis que l'invasion du QG du Lac Colère de Johto était présenté sous le prisme de Peter, et non celui du héros. Concernant le premier cycle de la saga, seuls les trois premiers épisodes l'aborde. Le premier fait office d'introduction en narrant un Red à l'aventure dans l'ensemble des régions du monde. Le second présentait un point de vue original, celui de la police mené en partie par l'inspecteur Beladonis, menant l'enquête trop tardivement sur une Team Rocket déjà dissoute suite à son combat contre Red. Enfin, le troisième épisode narre l'affrontement du rival, Green, contre le Conseil 4, attendant ensuite la venue de son ultime adversaire afin d'en découdre. Plus qu'une adaptation, il s'agit d'un enrichissement de chaque aventure. Aussi, l'anime sonne comme un cadeau à ceux qui ont suivi l'ensemble des jeux depuis la fin des années 90, et n'usurpe donc pas son titre de Pokémon Générations.
  
  

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